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Les origines du chant romain; l'Antiphonaire grégorien

A prendre un art dans ses origines, si cet art surtout participe à une forme hiératique, il faut remonter aux sources de cette formation, retrouver l'état d'âme de ses auteurs. Au lieu de s'attacher à une philosophie d'art, purement idéaliste, il faut faire abstraction de la spéculation pour s'attacher au fait, à la science pure (i).

Prendre pied sur le terrain du fait, c'est se tourner vers l'étude de l'histoire, parce que, seule, l'histoire bien comprise, — en art comme en théologie, — peut donner la clé de certains problèmes très complexes : parce qu'elle est la preuve expérimentale, qu'elle nous permet de remonter plus haut, toujours plus haut, aux origines premières.

Or, si certaines formes religieuses ont été purement, ou avant tout, idéalistes, il n'en est point ainsi du christianisme : j'entends le christianisme dans son intégralité et son expression la plus conforme à ses origines.

Développé par un ensemble d'autres faits antérieurs ou subséquents, il forme avec eux un faisceau serré, aux éléments complexes, sans doute, mais qui, puissamment cimentés dans cet ensemble, sont devenus très homogènes.

Les tout premiers débuts de l'établissement du christianisme sont une phase toute judaïque de son histoire ; c'est le mosaïsme arrivé à sa perfection par l'apparition du Messie, et destiné, dans la primitive pensée des apôtres, à Israël rénové.

A travers la Diaspora, la plupart des synagogues reçurent ainsi la doctrine du Maître Jésus, donnant naissance à des centres chrétiens.

Pour ceux qui fréquentaient là, le Christ, suivant sa propre parole, n'était pas venu détruire la Loi, mais à la fois l'accomplir et la com-

(i) Cf. l'Art grégorien, ses origines premières, dans les Mémoires de musique s.icrce lus aux Assises de Musique religieuse, Paris, 1900 (Geuthner, rue Maïarine).

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