IV. pro
II est facile de se rendre compte, par le rapprochement des neumes et de notre transcription, que celle-ci n"a rien de forcé ni de heurté. Ce sont bien les neumes de la inélodie, transcrits note pour note et groupe pour groupe, conformément aux données traditionnelles.
Cette pièce n'est point une exception. D'autres célèbres graduels, comme Haec dies; Christiisfactus est{i) ; Ovines de Saba ; nous offrent semblable recherche des proportions.
Ailleurs, ces proportions affectent des formes peut-être plus curieuses. Si la mélodie ne se prête pas au développement régulier que nous venons de voir, et que les divisions « prosaïques » empêchent son élan, le compositeur a recours à un autre procédé.
Une des pièces les plus justement admirées de l'antiphonaire grégorien, VAd te levavi du premier dimanche de l'Avent, offre d'un bout à l'autre des suites de cursus absolument disposés dans le même ordre où on les rencontre dans les actes pontificaux du V" et du VI" siècle. Et l'on ne peut pas ne pas se rappeler que saint Grégoire le Grand tint justement la plume de chancelier de l'Église romaine pendant plusieurs années, avant de monter sur le trône pontifical.
L'analyse de cette pièce est d'autant plus intéressante qu'elle est la première de l'Antiphonaire grégorien (Introït du premier dimanche de l'Avent) , on ne la rencontre pas dans les autres rits anciens de l'Eglise latine, tandis qu'on y retrouve les versets du graduel et de l'offertoire. Enfin, le texte est einprunté à la version de la Vulgate, qui n'a été employée à Rome, dans le haut moyen âge, que par le pape saint Grésroire le Grand.
(l) l'it- de Lt paroisse, art. cit. ; Couis, p. 2 1 .
La voici, membre par membre :
nombre molossique [cursus flamis).
Ad te Ic-vâ-vi (i)
Les quatre premières incises sont également terminées par un molosse accentué sur la seconde longue :
a- nimam me-am :
De-us me- us,
in le confi- do,