‹ Les origines du chant romain; l'Antiphonaire grégorienChapitre 37 sur 65 · LES ORIGINES H · texte numérisé non relu

LES ORIGINES H

Chaque nocturne est suivi d'un versicuhis, du Pater, de trois leçons, après chacune desquelles on chante un répons. On a depuis longtemps remarqué que la règle de saint Benoît (ch. x) prescrit en été — depuis Pâques jusqu'aux calendes de novembre — pour l'office ordinaire, une leçon avec un répons bref, 7-esponsorius brevis, réservant ainsi pour le reste de l'année les répons « prolixes » dont le chant est plus long. Les plus anciens antiphonaires de certains monastères bénédictins continuent encore, aux x" et xi' siècles, de donner des répons brefs aux nocturnes d'été, bien qu'on ait composé depuis le vu' siècle des répons ornés pour ces offices : ces derniers répons cependant sont donnés en supplément dans les manuscrits les plus anciens (i).

Par là, nous pouvons distinguer les époques respectives des chants ornés de l'office de nuit.

Pris en bloc, ceux qu'on trouvera dans le responsorial pour les dimanches du temps pascal et ceux après la Pentecôte sont donc seulement de la seconde époque, tandis que ceux des fêtes anciennes, ainsi que ceux des dimanches après l'Epiphanie, sont de l'époque primitive de l'organisation des nocturnes. A examiner de près les répons dominicaux dont nous parlons, on voit qu'ils rentrent musicalement dans la catégorie de VIsti sunl mentionné plus haut comme se rattachant au pseudo W" livre d'Esdras (voyez page 57). Les paroles de ces répons sont extraites des psaumes.

Il y avait, pour chaque dimanche ou fête importante, neuf répons, autant que de leçons : les jours de semaine ou les fêtes simples, trois seulement. C'est encore la même règle actuellement suivie, sauf que le dernier répons des fêtes est remplacé par l'hymne Te Deitm. Revenons au niatuliniim primitif, c'est-à-dire sans nocturnes.

IL — Le Maiulinum : b) les laudes. — C'est incontestablement la partie la plus ancienne, comme les tableaux que nous avons donnés p. 10 l'indiquent. Les psaumes sont, en effet, plus ou moins empruntés aux usages de la Synagogue et, comme tels, réservés au jour du Seigneur et aux fêtes. Aux jours de semaine, le Miserere, psaume 5o, commence l'oflice ; il est suivi d'un des six psaumes choisis à cet eilet. On remarquera la concordance curieuse de ces six psaumes répartis numériquement à travers la semaine, ordonnés comme ceux de l'hexapsalme des Grecs qu'on dit d'un seul trait, mais qui se terminent toujours ici et là par le même psaume 142, Domine, exaudi.

L'ordre de ces psaumes, choisis spécialement pour cet office, nous parait une indication très sérieuse de ce qu'ils ont été ainsi ordonnés

(1) Par exemple, Iclat. 12601 de la Bibl. nat., Paris, du commencement du xi' siècle, pour l'usage monastique de Cluny, n'a encore que les répons brefs pour l'été; mais déjà, au ix» siècle, on trouve les répons prolixes en supplément, comme dans les manuscrits cités plus loin, p. 248. Voir thème des répons brefs, page 58.

avant l'organisation des nocturnes et des vêpres, oij l'on dit les psaumes à la suite l'un de l'autre, d'après leur numérotage.

Soit pour utiliser un autre hexapsalme du même genre, soit pour quelque raison qui nous échappe, saint Benoît double les psaumes du matutitium romain, mais en s'arrêtant toujours au 142''.

Enfin, il faut signaler qu'à certains jours, sous le nom de Psalmi poefiitentiales, le bréviaire romain prescrit, depuis bien des siècles, un hexapsalme, terminé comme tous les autres par le psaume 142. Nous n'avons toutefois aucun renseignement précis sur son antiquité.

Après le psaume tiré de l'hexapsalme, on dit un des cantiques de l'Écriture : cet usage doit venir de ce que les solitaires, récitant tout le psautier, disaient encore avant les derniers psaumes tous ces cantiques, comme on l'a continué longtemps dans le rit grec.

Le nombre de ces extraits a varié selon les temps et les églises : toutefois les cantiques des Trois Enfants, appelés Béiiédictio)is, ont toujours et partout été dits, et généralement réservés aux dimanches et aux fêtes.

C'est après le chant du ou des cantiques qu'on exécute les laudes proprement dites, psaumes alléluiatiques qui terminent le psautier.

A notre époque encore, chaque fois qu'on fait l'office du psautier, la seule antienne de ces psaumes, le dimanche, est alléluia, sauf de la Septuagésime à Pâques ; il en était déjà ainsi au vi" siècle, comme on le voit par les règles plus haut citées.

Evidemment, c'est de là que les antiennes alléluia passèrent aux psaumes précédents lorsque toute cette ordonnance fut comprise sous le nom de laudes, c'est-à-dire quand l'office de nuit eut été introduit dans les matines proprement dites. Cependant, comme pour témoigner du vieil usage, jamais les cantiques ne furent chantés autrement qu'avec leurs antiennes propres (i).

Nous avons dit qu'à une époque moins ancienne les églises des Gaules chantaient encore douze psaumes au matutinum du dimanche et des fêtes. Ce nombre peut s'obtenir soit par les trois psaumes d'introduction, les six de l'hexapsalme et les trois des laudes, soit en l'entendant du nocturne intercalé dans les matines; les autres jours, il n'y avait que le Miserere, avec le cantique et les laudes.

Après les psaumes et cantiques, — séparés cependant par une lecture et son répons, — on ne disait primitivement que le Gloria inexcelsis ou, à partir du v" siècle, le Te Deum.

Plus tard, le Te Deum passa à la fin des nocturnes, et le Gloria fut supprimé ou fut remplacé par une hymne versifiée et le cantique de

(i) Les cantiques avec allduia, prescrits par le ch. xi de la règle de saint Benoit, sont ceux qui terminent l'ofEce de nuit monastique 'III': nocturne). Dans les règles d'Arles, on n'a pas encore fait remonter le chant de Vallduia aux psaumes et cantiques, qui gardent leurs antiennes.

Zacharie, Benedictus ; l'office se termine comme celui des vêpres.

III. — Les petites heures : tierce, sexte, none, sont d'abord purement et simplement formées d'une oraison. Dans le De virginitate déjà nommé, on voit la tendance à faire précéder l'oraison de trois psaumes avec une antienne et la lecture.

La même forme prévaut pour l'heure de prime, vers le vi^ siècle, c'est-à-dire au moment où cet office s'organise, car son origine est beaucoup plus ancienne. Ainsi, à Jérusalem, dès le iv° siècle, au moins aux fêtes, le matiilimim terminé, et clergé et fidèles s'étant retirés, les moines, au commencement du jour, se livraient à une psalmodie particulière (i).

Cependant, preuve encore de l'organisation plus ancienne des autres offices, les petites heures n'ont aucun chant particulier, et leursanticnncs sont empruntées aux laudes et même, pour l'office bénédictin, aux nocturnes et aux vêpres. C'est du reste très probablement par l'introduction ou l'imitation des coutumes bénédictines que ces heures ont été appelées à faire partie de l'office romain (a).

Mais comme saint Benoît avait choisi pour l'ordre hebdomadaire des petites heures, avec le grand psaume ii8, Beati iiiiniaculati in via, les psaumes graduels 119 à i33, déjà employés aux vêpres romaines des fériés, il fit dire quatre psaumes seulement à ses moines pour les vêpres, et l'Église romaine fit répéter tous les jours aux petites heures le psaume ii8, autrefois réservé aux enterrements et aux processions.

IV. — L'office du soir : a) vêpres. — Nous en avons vu l'ordonnance primitive (pages 5 et 12). Au moment de l'organisation et du développement de la liturgie, on y ajoute, comme à l'office du matin, un certain nombre de psaumes, suivant l'usage des solitaires. L'olfice se termine par une lecture au moins des livres saints, accompagnée des éléments ordinaires qui closent la liturgie. Il est souvent complété par une procession avec stations à la croix ou au baptistère (3).

Les jours de jeûne solennel, on paraît avoir combiné cet office avec les lectures et chants de la grande réunion liturgique de la matinée, ou même avec la messe.

En rapprochant comme précédemment les usages romains de la règle bénédictine, qui s'y réfère constamment(4), il est donc aisé de connaître

(i) Cf. Peregrinatio, passim.

(2) Il est impossible de ne pas rappeler ici que saint Grégoire le Grand, l'auteur de la Vie de saint Benoit, fut /e /ireiHierpa/'e W«<;;/ic<in, après avoir été chargé delà direction du chant de l'Église romaine.

{3) Cf. L'Avant propos du t. VI de UPaUogr. music. , l'antiphonairc de Hartker, passim; notre Ilist. du ch. liturg. à Paris, 35 et s.; et appendice du présent ouvrage.

(4) Ch. xiii : psalmi secundum consuettidinem ; cantica unumquodque die suo sicut psallit

l'organisation de l'office romain 2i3

l'ordonnance des vêpres dans le rit romain déjà constitué au vi" siècle.

Au début, peut-être le Deiis in ad/iiiorium meuin, s'il n'a pas été introduit plus tard à l'imitation de l'usage bénédictin ; mais certainement la doxologie Gloria Patri, etc.; au moins la vieille exclamation Laiis tibi Domine, Rex aeteniae gloriae, déjà en usage dans la Synagogue.

Cinq psaumes, — à commencer, le dimanche, par le Dixit Dominus, — avec leurs antiennes, c'est-à-dire très probablement sans antiennes autres que les refrains du psautier, même pour les grandes fêtes ; la lecture, suivie du répons et du petit verset avec sa réponse. Ce verset, dans les livres liturgiques postérieurs à cette époque, est emprunté au psaume du soir, 140, Domine clamavi, qui a dû être diredané [i) et suivi, au moins à certains jours, de versets choisis, avec le triple i^/r/e eleison et le Pater.

Enfin, Yad complendnm, c'est-à-dire la double oraison, l'une de remerciement ou d'action de grâces, l'autre de bénédiction, avec le Benedicamus [Baruch ata de la Synagogue), fonction qui termine tous les principaux offices.

Si la règle écrite par saint Benoît a suivi exactement l'office romain pour la conclusion des vêpres, on devrait en inférer que le psaume 140 était déjà remplacé parle cantique Magnificat [2).

Les anciens antiphonaires, tant grecs que latins, contiennent un grand nombre d'antiennes ou de tropaires pour ce cantique, aussi bien que pour le Benedicite et le Benedictus de l'office du matin ; mais l'on voit par les noms des auteurs des tropaires byzantins que ces pièces ne sont pas antérieures au vu" siècle. Il en doit être de même pour les antiennes romaines du même genre : leur nombre dénote la situation privilégiée des cantiques qu'elles accompagnent ; dans les anciens livres, elles sont rejetées en supplément, dans une série indéfinie, et ne sont pas demeurées habituellement en usage dans la liturgie.

Très certainement, elles ne sont pas du fonds primitif, à part quelques-unes où la mélodie suit les règles des chants hirmiques ou du genre des hypakoe:ce sont celles-là seulement qui correspondent à l'état premier des offices où on les a employées.

Il y a, croyons-nous, dans la liturgie romaine, un souvenir du temps où le Magnijîcat n'avait pas encore été introduit à l'office du soir : c'est le psaume directané récité au moment des prières finales. Nous avons déjà dit notre opinion sur le verset tiré du psaume 140 et qui se dit avant le cantique de l'encensement; le même fait a dû avoir lieu

Ecdesia Romana ; ch. xiv, aux fêtes : psaumes, antiennes et leçons ad ipsiiin Jtetn pertinentes ; ch. xviii, cantiques selon la coutume, etc.

(i I V. page I 2.

(2) Avec cette particularité que le verset Diri^atur, du psaume i^o, a été conservé, aux vêpres ordinaires, avant \& Magnificat, et que, pendant le chant de ce cantique, le prctre qui fait l'encensement dit plusieurs versets du psaume supprime.

avec d autres psaumes dont les uns ne nous sont parvenus que sous forme d'un petit verset, mais dont les autres sont restés intégralement récités, malgré la présence du cantique, comme aux jours de jeune et à l'office des Morts.

On peut remarquer qu'à ces jours en particulier, la superfétation du cantique enlevée, le versiciilus se joint directement aux autres versets des prières, comme à chaque petite heure de la journée; nous aurions donc, dans les deux ou trois mélodies usitées pour le petit verset, le récitatif de la psalmodie primitive du psaume directané. La forme de ces mélodies est du reste de caractère tout à fait original, une récitation sur un ton uniforme, avec une chute de seconde ou de tierce mineure, augmentée souvent d'une petite vocalise sur la dernière s)'ilabe. C'est tout à fait la forme de plusieurs invocations gnostiques. De plus, ces versets sont dits alternativement par le célébrant ou le chantre, et le chœur, absolument comme certaines prières analogues et psaumes usités de même façon dans la Synagogue.

V. — L'office du soir : b) complies. — On doit signaler qu'en diverses églises on ajoutait à l'office une terminaison appelée completorium (comme le mousaph juif); tantôt ce complément était formé d'une antienne, tantôt, comme à Milan, de plusieurs antiennes et versets solennellement chantés. Les églises d'Orient ont, à la même fonction également, une antienne accompagnant le cantique de Siméon [Nutic dimittis).

C'est là sans doute l'origine de la formation du completorium ou complies, heure spéciale de la liturgie du soir, qui ne fut d'abord qu'un dédoublement de la finale de l'office de vêpres.

C'est saint Benoit qui décrit le premier l'heure de complies, avec la lecture, les trois psaumes 4, 90, i33, sans antiennes, l'hymne, une lecture, les versets, Ajt/c et prières, la bénédiction.

Un demi-siècle plus tard, l'usage du psaume 90, avec des versets, avant le coucher, est nommé compléta par Aurélien d'Arles.

L'usage du Nunc dimittis et des antiennes l'accompagnant n'est entré qu'au ix"" siècle au plus tôt dans la liturgie romaine, et encore telle qu'elle était célébrée dans les Gaules. L'antienne Salva nos n'est pas d'origine romaine, mais fait partie de tout un groupe d'antiennes usitées dans les églises gallicanes, celtiques et mozarabes, et qui, primitivement, n'étaient, avec les oraisons correspondantes, que le completorium de l'office du soir. Ces éléments ont pu être en usage au vi° siècle (i).

En tout état de cause, et en partant des plus anciens documents, il nous est donc relativement facile de restituer les phases de la fornia-

(i) Cf. Hist. du ch. litur^. à Paris, 38 et s.

l'organisation de l'office romain 2 I 5

tion et des premiers développements de l'office romain, déjà fixé à l'époque de saint Benoît. Or, les renseignements fournis par les auteurs ou les manuscrits liturgiques plus récents, romains séculiers ou monastiques, continuent de concorder, sauf pour quelques détails dus à saint Benoît ; on est, ce nous semble, suffisamment autorisé à croire qu'il en a toujours été de même(i). Et c'est aussi la conclusion à laquelle on arrive en étudiant les autres règles monastiques anciennes.

A toutes les particularités liturgiques du jour et de la semaine que nous venons de décrire, il faut, pour avoir une idée assez nette de l'ordonnance des offices antérieure au vi'= siècle, joindre l'étude de la messe, et de l'année ecclésiastique.

II. — Le cursus annuel et le commun du temps. § I. — l'année liturgique.

Les offices solennels ont été développés sur le plan de l'organisation des fêtes cardinales de l'économie liturgique, en même temps que sur les bases des offices primitifs, hérités de la vieille Synagogue.

A l'époque de formation qui va environ de Damase à Léon (390-450), on peut signaler seulement, quant au propre du Temps, Noël et l'Epiphanie, Pâques et son octave avec la Pentecôte (2).

A ces fêtes il faut ajouter d'abord les temps dépendant de Pâques, c'est-à-dire : a) le temps pascal, et le jeune après la Pentecôte; b) le Carême ; ensuite le jeûne solennel de septembre, et peut-être celui de décembre.

En Carême, on fêtait surtout la deuxième, la quatrième et la sixième semaine, déjà solennisées au iii*^ siècle en de nombreuses églises. Cette organisation, bien certainement, doit remonter aux premiers temps de l'ordre romain, dans le courant du 111^ siècle. Si nous ne sommes point renseignés pour Rome, à cette époque, nous avons des documents sur Alexandrie, dont la discipline générale s'accordait avec celle de la capitale du monde chrétien (3). Au iv" siècle, pour la même ville, saint Athanase nous donne d'autres détails; un siècle après, saint Augustin, pour l'église d'Afrique, ajoute encore quelques traits.

Les semaines de jeune solennel étaient fêtées ainsi : le mercredi et le vendredi, synaxes non eucharistiques; cette synaxe dut d'abord se

(i) Amalaire, De divinis officiis, chapitre dernier (Mabillon, Veter. Analect., Paris, 1723, p. 93-94 ; G. Morin, op. cit. p. 17-18) ; De ecclesiast. off.,l, 41 (Patr. Lat.,C\, 1074); Hildemar, Expositio regulae [S. Benedicti], (Ratisbonne, 1880, p. 311 ; G. Morin, op. cit , 14) ; cf. U. Chevalier, Poésie liturgique^ Tournai, 1894, p. xvi et s.

(2) Duchesne, op. cit.

(3) Voyez différents textes dans les articles déjà cites : Alexandrie, Antioche, Afrique (Liturgie d'), dans le Dictionn. d'arch. clirét. et Je lituig.

2lb LES ORIGINES DU CHANT ROMAIN

célébrer à l'heure de tierce, comme la plupart des autres synaxes solennelles. Lorsqu'on prit l'habitude d'y consacrer, — ce ne dut pas être avant le milieu du v= siècle (i), — ces synaxes furent portées à l'heure de none. Le samedi, la réunion commençait le soir et comprenait un plus grand nombre de lectures, et l'ordination des diflerents grades de la hiérarchie ecclésiastique (2) ; cette synaxe ne se terminait que fort avant dans la nuit, ou même à l'aurore, de telle sorte que le dimanche on ne faisait pas de réunion solennelle, sauf à Pâques et à la Pentecôte, la réunion de la vigile en aj'ant tenu lieu.

C'est vers cette époque que l'on commença à fêter la quarantaine de Noél (3) par la célébration du quatorze, puis du deux février et, sous l'empire de la même idée qui assimilait en quelque sorte Noël à Pâques, instituer le temps privilégié nommé plus tard Adrenlus (4).

L'année liturgique de tempore se présentait donc ainsi (5):

* Jeûne de décembre, la semaine avant Noël : * le mercredi et ven dredi ; le samedi soir, ouverture de la synaxe du dimanche (Quatre- Temps de TAvent).

25 décembre, Noël.

6 janvier, Epiphanie (il n'y avait pas de jeûne entre ces deux fêtes)^

2 février (quarantaine de Noël, fête de la rencontre de saint Siméon avec la sainte Vierge \t).

Carême, six semaines avant Pâques.

Ordre comme aux jeûnes de décembre, pour lo seconde semaine (Quatre-Temps de mars ou de Carême); la quatrième, terminée parle dimanche Mediaiia (c'était la semaine de la Tradition du Symbole aux catéchumènes) ; la sixième, Major Hcbdomada ou Semaine Sainte.

Pâques.

Pentecôte (il n'y avait pas de jeûne entre ces deux fêtes).

Jeûne après la Pentecôte (Quatre-Temps de juin ou de la Pentecôte).

Jeûne (Quatre-Temps) de septembre.

Ces deux jeûnes suivaient le même ordre que les autres.

(i) En eflet, au icmps d'Innocent l", vers 420, on n'y consacrait pas encore, ainsi qu'il ressort de sa lettre célèbre à Decentius. (Patr. Lat., XX, 150.)

(2) Ce qui se pratique encore aujourd'hui, mais la fonction a été anticipée au matin.

(3) En usage déjà à Jérusalem à la fin du iv^ siècle. V. la Peregrinatio. Cf. notre ouvrage sur Noi-I, Paris, Bloud, 1906.

(4J Ce temps était en usage à Antioche vers l'an 500, ainsi qu'il ressort des homélies de Sévère, patriarche monophysite d'Antioche ; Mai, Sf^icilegium Romanum, X, 20.;, etc. ; Scrif'ioium velerum nova colleclio, IX, 725-741. Cf. dom Pitra, Analecta sacra, IV, p. vu ; Baumsiark, Das Kirchcnjahr in Anliochei.t zwischen ^12 uni ^18, dans la Romisclie Quartjhchti/t, XI ^1897), p. 31 , XIII (189g), p. 305.

5] L'astérisque indique les points douteux ou seulement probables.

(^1) On attribue à saint Gélasc 1 origine de lu bénédiction des cierges en ce jour ; ce fait n'est pas prouvé.

L'Ascension parait n'avoir commencé à être célébrée en Occident que vers 460 (i).

Pour les synaxes en l'honneur des saints, toutes les églises célébraient saint Etienne et la Nativité de saint Jean-Baptiste.

Il faut ajouter les fêtes des patrons de chaque église, soit, pour Rome et les églises en dépendant : i" les saints apôtres Pierre et Paul ; et au moins les principaux martyrs romains, au jour anniversaire desquels le pape célébrait avec son clergé, c'est-à-dire i° les fêtes mentionnées avec octave au Sacramentaire dit léonien : saint Laurent et sainte Cécile (2); 3° celles qui n'ont point d'octave, mais, à part cela, présentent les mêmes caractères que les précédentes : saint Jean l'Apôtre, saints Jean et Paul (3), et peut-être saint André. Il faut ajouter l'anniversaire de la fondation du siège romain, la chaire de saint Pierre, qui fut plus tard célébrée, suivant les églises, le 18 janvier ou le 22 février. On a donné de fort bonnes raisons pour supposer que sa place première a été le 2 5 avril, jour d'une fête de saint Pierre au sacramentaire léonien. (V. plus loin.)

Toutes ces fêtes correspondent à celles que saint Grégoire de Tours désigne comme étant célébrées avec vigile dans son église au temps de saint Perpet, c'est-à-dire au cours du v' siècle (4).

Célébrer une fête avec vigile, c'était la célébrer avec son office complet : le matutiuiim avec ses neuf antiennes, leçons et répons, suivis des laudes ; la messe solennelle à l'heure de tierce; les vêpres ; cela correspond aux fêtes doubles, qui, de notre temps, ont envahi presque tout le calendrier.

Les fêtes plus simples ne comportaient point cet apparat ; c'étaient les fêtes à trois leçons du bréviaire moderne, qui suivent le matutinum ordinaire.

Enfin, il y avait des saints fêtés seulement par une simple oraison ou quelque autre commémoration en leur honneur.

La comparaison des anciens calendriers de l'Eglise romaine nous montre le développement des fêtes à date fixe, depuis le milieu environ du iv'^ siècle, époque à laquelle on fait remonter le plus ancien d'entre eux (6).

(i) Cf. Paléogr. Music, V, passim. On en faisait mémoire à Jérusalem à la fin du iv- siècle; V. Peregrinaîio.

I2) Il faut y ajouter sainte .^gnès. d'après les sacramentaires postérieurs; l'unique exemplaire du léonien est mutilé de janvier à avril.

(3) Peut-être Nérée et ses compagnons.

(4) Hist. Ecd. Franc, X, 6. (Patr. Lat., LXXI, 565-66.) Cette liste comprend, parmi ces fêtes de premier ordre : Noël, avec le jeûne préparatoire, et l'Epiphanie, saint Jean, 1' « Épiscopat « de saint Pierre, Pâques. Ascension, Pentecôte, saint Jean, les saints Apôtres, saints Symphoricn, Lidoire, Martin. Brice et Hilaire.

(5) Le calendrier philocalien de 336 (.^,y ; Ruinart, Acta primorum martyrum sincera et selecta, Paris, i68g, p. 6gj.

Certaines fêtes qu'indique cette liste ont disparu, certaines autres se retrouvent, après des lacunes dans les documents, à un âge très postérieur (i). Enfin il est à supposer que la liste elle-même a subi quelques modifications, additions ou mutilations, puisque la fête de sainte Cécile n'y figure pas : il est possible qu'elle n'ait été introduite que lors d'une translation.

Voici le résumé de cette Depositio martfrum (nous indiquons par de forts caractères les fêtes que contiennent tous les documents postérieurs ; nous marquons d'un astérisque les simples stations pour lesquelles on ne trouve de pièces liturgiques que dans les copies des sacramentaires du viie et du viii"^ siècle ; les commémoraisons ayant disparu sont mises entre parenthèses):

25 décembre, Nativité de N.-S. (2). | i3 août

janvier.

février.

mars,

mai.

29 juin.

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