‹ Les origines du chant romain; l'Antiphonaire grégorienChapitre 40 sur 65 · COMMUN DU TEMPS · texte numérisé non relu

COMMUN DU TEMPS

I. — Les dimanches et semaines ordinaires, à) l'office. — L'office ordinaire est le cursus hebdomadaire décrit précédemment. Le seul temps privilégié est celui de Pâques, où toutes les antiennes du jour, sauf aux cantiques, sont remplacées par l'unique alléluia , une ou plusieurs fois répété.

b) La messe. — Les divers stades plus ou moins avancés auxquels se sont arrêtées autrefois diverses églises, nous permettront de reconnaître les couches plus probablement originales de l'organisation des chants à la messe du dimanche.

Ici encore, en étudiant la liturgie milanaise, il apparaît que nous entrons dans une bonne voie.

On a fait remarquer (3) que certains rits, comme le mozarabe ou l'ambrosien, ont seulement pour ces chants de messe quelques textes

(1) Cf. Sacramentaire léonien, n» XXXIV {Pair. Lat.., LV, 33) ; cette fcte peut être l'anniversaire de la dédicace d'une des églises bâties en mémoire de saint Pierre ou se rattacher à la commémoraison primitive de la fondation du siège romain. Peut-être certains détails ne remontentils qu'au siège de Rome par les Vandales, en ^55.

(2) On pourra comparer ces listes avec le calendrier de l'ancienne église de Carthage, remontant à cette époque (Ruinart, op. cit., p. 693) ; voici, en négligeant les fêtes de martyrs africains, les rapports que ce calendrier liturgique offre avec les listes romaines : 25 décembre, Noël ; 26 Etienne ; 27, Jean et Jacques apôtres ; 28, Innocents ; 6 janvier, Epiphanie ; 21, Agnès ; 22 Vincent ; 5 février, Agathe ; 19 juin, Gervais et Protais ; 24, Jean-Baptiste ; 6 août, Xyste 10. Laurent ; 13, Hippolyte ; ("22], Timothée ; 14 septembre, Cyprien; 16, Euphémie ; 19 janvier; 13 octobre, Luc évangéliste ; [23] novembre. Clément ; [24], Chrysogone ; [30], André CL Aug. Urbain, Ein Martyrologium der ckristlicher Gemeindezu Rom ain anfang des V.Jahrhun derts, Leipzig, in-8°, 1901. ^Textc und Untersuchrugen, neue Folge, vi, 3.)

(3) Paléogr. music.,N, passim.

revenant à tour de rôle. Mais, comme il n'}' a pas autant des uns que des autres, ces textes ne reviennent presque jamais ensemble.

Ceux du rit mozarabe ne nous donnent aucune référence utile ; mais les premiL'rs c/iatits que nous rencontrons dans l'organisation très primitive de la messe ambrosienne du dimanche se i-etrotiveut pour la plupart dans les messes les plus aucieiiues du fépertoire romain, paroles et musique, sauf variantes.

Ces chants ne se présentent point comme un emprunt à l'antiphonaire grégorien (^ainsi qu'en certains offices plus récents) ; mais, s'il y a eu emprunt, il a été fait à Rome à une haute époque : nous l'avons déjà saisi sur le vif — très probablement vers 38o — à propos du cuhc de sainte Agnès (page 77).

Il faut ajouter qu'un roulement de ce genre, pour les pièces liturgiques, nous reporte bien avant le vi" siècle (i). Or, les prières du rit milannais pour les dimanches sont, comme les chants, en rapport avec la liturgie romaine. Nous ne doutons donc pas que ces quelques messes dominicales ambrosiennes, prières et chants, constituent le noyau primitif et original du répertoire commun à Rome et à Milan, dans le cours du v° siècle.

Voici donc l'ordre des chants de ces messes avec leur correspondance dans l'antiphonaire grégorien :

Ingressae (Introïts) (2]

1 Exaudi Domine, ps. 26.

2 Respice in me, ps. 04.

Pereant omnes, Jud. l.

3 Manus tuae, ps. 1 18.

Dicit Dominus, Jer. xxix.

4 Inclina Domine, ps. 85.

5 Dominus illuminatio, ps. 26.

G Justiis est, ps. 1 18.

7 Factus est Dominus, ps. 17.

Rit romain, V<^ dim. après la Pentecôte. UV —

dernier dim. — XV» -

IVc

XVIle —

Ile

(i) Cf. .Messes publiées par Monc, Laleinische iind griechischc Mcssen, in-4», FranUfûrt, 1S50 [Patr. Lai., C.X.XXVIII, 860). C'est encore une des marques d'antiquité des messes du prétendu Iconien, que de ne pas en avoir de distinctes pour les dimanches, mais un grand nombre ad libitum plus ou moins complètes, sans désignation, n" XVIII, par exemple. Les fêtes sont traitées de même, et les différents formulaires romains, milanais ou gallicans ont souvent été puisés de divers cOtés, dans ces messes antiques.

(2) Nous savons déjà que, depuis au moins le vi» siècle, on attribue au papeCélcstin l'institution de ces antiennes (v. pag. 81). Dom Morin, op. cil. (p. 46I, a émis l'opinion que le te.\te d'introït existait déjà, et que saint Célestin n'a fait qu'y adjoindre l'antiphonie psalmique. On peut cependant faire re-marquer que ni saint Jean Chrysostome ni saint Augustin ne connaissaient de chant d'entrée, et que la messe commençait de leur temps (c. a. ^oo) par les lectures : nisi tanium epistula heiti Pauli recitabalur. il.ib. Pont., in Coelestino.) Dom Morin a déjà répondu à cette objection. On peut aussi admettre que le chant d'entrée est né de l'organisation des processions et des stations liturgiques : ce chant n'est pas autre, en effet, que le dernier exécuté pendant la marche du cortège. Dans les livres grégoriens, le genre mélodique des aniiennes processionales cl du chant d entrée est fréquemment le même Ces chants auraient donc commencé à être en usage avant Célestin, qui n'aurait fait qu'y ajouter un psaume.

I Si ambulem

1 Salvum fac servum.

3 Couverture.

4 Ociili mei.

5 Domine refugium.

6 Jdcta cogitatum.

7 Eleva, Domine.

Trois supplémentaires :

Tibi Domine (i«r dira, octobre et 2^ p. Dédie.) Domine aiidivi (2^ — 3* — )

£5/0 miJii. ?

PsALMELLi (Graduels).

Romain. III sam. de car.

Fér. VI IV-Temp.

Sam. IV-Temp.

XXIi' après la Pentecôte, llle —

IV sam. de car.

VIII dim. ap. la Pent.

Alléluia.

Venite; Dominiis regnavit ; Praej'eniamiis. On en a déjà parlé pages 78 et suiv.

Les posl Evangelium du dimanche^ pas plus que les transitoria, ne se retrouvent à Rome.

Offertoria.

1 Exaltabo te.

2 Ego autem dixi.

3 Exaiidi Domine justiticim.

4 Perjice gressus.

5 Domine convertere.

6 In te speravi.

7 Super Jlumina.

S Deus enim firmavit.

9 Benedixisti.

(IV Fér. des Cendres.

'XI dim. ap. la Pent.

^Sexagésime.

'VI d. ap. la Pent.

II dim. ap. la Pent.

Nativ. 2= messe.

III dim. d'Avent.

Arrêtons-nous à ces chants d'offertoire, qui sont en rapport avec une des plus remarquables fonctions liturgiques de l'antique inesse romaine solennelle.

La première cérémonie de la messe « des fidèles », une fois la dernière oraison post precem prononcée, était l'apport du fermeiitum a l'autel : c'était la parcelle de l'Eucharistie déjà consacrée, qu'à la messe papale on portait devant le pontife à son entrée au sanctuaire ; elle est destinée à être mêlée au vin consacré, au moment de la fraction.

Mais, dès son arrivée à l'autel, le célébrant a eu soin de faire réserver la parcelle qui lui est nécessaire, et le reste est porté par les acolytes aux prêtres des paroisses.

Donc, aux messes célébrées par un autre que le pape, il fallait avoir reçu \e fermeiiliiin pour commencer l'oblation. C'était là le rit ancien, conservé au début du v" siècle (i), et il n'était déjà plus usité qu'en certaines églises à la fin du VI^

(i) Innocent, op. cit.

Son sens était l'unité de communion entre l'évêque et ses prêtres, en mCmc temps que la perpétuité du sacrifice chrétien.

Bien entendu, dans les églises éloignées de Rome, on n'attendait point \t fermentum papal, mais — en France, par exemple (i) — le diacre allait le chercher à la sacristie, pour le transporter solennellement à l'autel au début de l'offertoire. C'était aussi cependant l'usage de Rome au Vendredi-Saint, dans le Sacramentaire gélasien (2). Actuellement, c'est le seul jour où cette cérémonie soit conservée.

Il semble que les deux chants qu'on rencontre à ce moment de la messe dans les anciennes liturgies des Gaules, de l'Espagne et de Milan ont trait, le premier, à l'arrivée du fermentum à l'autel, le second, offertorium ou sacrificiiim, étant réservé à l'apport des offrandes des fidèles.

Dans l'antiphonaire romain, celui de la messe papale, où la saiicla est sur l'autel depuis le début de la liturgie (3), il n'y a qu'une mélodie, mais accompagnée de longs versets. Ce chant unique rappelle immédiatement l'usage grec sur ce point, comme beaucoup de choses romaines, plutôt que celui des Gaules ou d'Espagne {4).

(1) S.Germain, Explication de la liturgie [Pair. Lat., LXXII, 89;.

(2) Maintenant, c'est le célébrant lui-même accompagné de tout le clergé.

(3) Ordos romains, passim.

(4) Que se passet-il à ce moment dans les rits grecs .^

Les cérémonies tout occidentales des offrandes y sont absolument inconnues; les fidèles, arrivant à l'église, vont porter leurs oblations à la prothèse, dans le diaconique, à droite du sanctuaire, où leurs noms sont inscrits pour la récitation des diptyques. Le temps de l'offertoire venu, le clergé tout entier va chercher solennellement le pain et le vin, et les te.xtes chantés à ce moment commémorent l'arrivée du Seigneur.

Voici le chant [Clierubicon) delà liturgie de Constantinople : 0\-.ri Xîoojôîjji jjiuj-'.xÛ); eixovI- Çovxeç, xaî tt, tiaOT.Oiîa Tpiios lôv -cpia^Y'-^^ 'jfivov à'Sovtï;, ^TÎjav '\'t ^'.wz'.v.iy à7:oOu);i.îOa [jtipifivav, ttiî TÔv Baa'.Xïï icôv oXwv Ln:oSe;i[i;voi toTî li.-('^%X'.-/.7.'.i àopaTioî oopwatupoJ- [jiïvov Tâ^sîiv, àX),T|Xo'jta ('), c'est-à-dire : « Imitant mystiquement les Chérubins, et chantant à la vivifiante Trinité le Irisagion, dépouillons toute préoccupation séculière, comme devant accompagner le Roi de toutes choses, escorté invisiblement par les armées angéliques: alléluia ".

Voici celui des liturgies de Jérusalem et de saint Basile : S'.vT.aÎTto -iia aicÇ pp'iTî'ia, xa'i ïTTÎxto [jt£Tà tj/ô6oa xal ipôjiO'j, xi; (jit,S"£v y^I^ov âv ÈauTfi XoYtÇÉjBw ô •(■''? BaatXsjî ttïiv PaaiXeaôvxcuv, xa; KjpiOî tôjv xjpiî'JOVTwv ^rpoép/ETat <JsaYi336r,va! xaî 6o0f,vai 10;; TiaxoT;- TtpoTjYOÙvxa'. os TOJXOv 01 7,opoî Ttûv à'^'ii'/.wi ftî-i T.i^r^^ ipyf^^ xa! è^ouTli;, xà — oXuofjiijiaxa X£po-j6'.[j, XI", xi ÉJaTTXÉp'j-f^t -cpaç'.fi xàî oiiB'.i; xaXô-xovfa, xa". j3o(ovxa xôv ùjivov, àXXT,- Xoûïa (•/) (*) : «Que tout être mortel se taise, et se tienne avec crainte et tremblement, oubliant . toute préoccupation terrestre ; car le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs vient pour mettre son sceau sur ses fidèles; les chœurs des anges s'avancent à sa rencontre .. chantant : Alléluia. »

De plus, d'après les auteurs, cette cérémonie rappelle l'ensevelissement du Christ, et c'est pourquoi non pas le prêtre — symbolisant les apfures, — mais le diacre, porte les offrandes.

D autre part, il existe des instructions liturgiques, ou insérées en têie des 'Ej/oXo-cii ou sacramentaires, ou faisant partie des nomocanons, faisant allusion à l'usage des fidèles de se prosterner sur le passage du cortège sacré, bien qu'on n'y porte que des dons non sanctifiés. (Cf. Goar, Euchologiutn, p. i^s.) D'où alors l'origine de cette croyance ?

On aurait donc eu autrefois à Jérusalem et à Constantinople l'usage de porter l'Eucharistie à l'oblation r Sans doute, puisqu'on plusieurs auteurs on en trouve la mention formelle, dans les

(■) Swainson, The greck liturgies, p- 121, l63. Cambridge, 1884. Cf. Hiil. du l'i. lit. j Pjrij, I, p. 69.

Mais analysons le caractère, le sens mystique des textes chantés à ce moment de la liturgie.

Le premier chant, dans le rit mozarabe, est toujours un laiida, ou verset alléluiatique, c'est-à-dire ayant un caractère de louange ou de jubilation. On peut l'assimiler à l'antienne jposf Evangelium delà liturgie milanaise, malgré l'absence de textes directs, et d'autant plus qu'on retrouve parfois le même texte dans l'un et l'autre rit.

Ainsi, par exemple, le post Evangelium ambrosien du dimanche après Noël : Laudate Dominum omîtes Angeli ejus, etc., se trouve au missel mozarabe de Tolède.

A Milan, les antiennes ayant cette fonction sont formées d'un double choix de textes : l'un, de caractère plus ancien, se rattache évidemment à la fois aux preces qu'elle suivait et au baiser de paix accompagnant l'oblation, qu'elle précédait; l'autre offre un caractère de louange et fait souvent mention de l'arrivée, de l'entrée ou de la présence du Seigneur.

De la première série ne dépendent guère que les messes des dimanches de l'année; à la seconde se rattachent celles des autres messes.

En voici des exemples :

i"''^ série :

i" Dominica post Epiphaniam. Domine Deiis noster pacem(i)... Sexagesima. Oremus ad Deiim... rfo«(?/pacem. Quinquagesima. Oratio noslra ad te, Domine...

In capite Quadragesimae. iscce ;n;»c tempns... commendemus //osmetipsos...

2^ série :

2^ Dominica de Adventu. Annuntietur in Sion nomen Domini, et laus eiiis...

explications de la messe attribuées à Germain de Constantinople, par exemple : 'n T(ov «•(■"""' IJ-stôOsutç àuo T?iç TipoOiastos, xoù cjuijjiaTOç, (pvjjjtl, toù 8effito-ixoû xœî xoù a'îjjta-coî, xaî ii toj- TO)v Ttpôc xô ôuaiaaxT^piov e"aoSoc, xa! xô XEpouêixov, x. x. X. " Le transport, de la prothèse au sanctuaire, du corps et du sang dominical, accompagné du Cherubicon, etc. »

Notons encore que l'oblaiion, à Rome, maintenant, est apportée par un sous-diacre à l'autel, et que le rit du transport de l'Eucharistie y subsiste à l'unique messe où l'on ne fait plus d'of- Irandes, le Vendredi saint, à la messe des présanctifiés, précisément comme aux nombreuses messes grecques de ce genre célébrées en Carême (').

La coutume romaine, telle qu'elle est décrite pour les temps postérieurs par le i" Ordo, est certainement le reste du rit primitif: Tune uenit acolythus Jerens... calicem^ct super caliccm corporelle, qiiod accipiens diaconus ponit super ultare a Jextris.

([)11 n'y en a que huit pour tous les dimanches ordinaires : les messes mozarabes, aux mêmes jours, n'ont que cinq liiuja.

['} On peut rapprocher ceci de ce qu un certain nombre de manuscrits byzantins, au lieu de donner ces messes sous le nom de Grégoire de Nazianze, leur donnent celui de Grégoire de Rome. Voyez H. Omonl, Inventaire somindire des manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale de Pans.

3" Dominica de Adventu. Paratus esto Israël, in occursum Domini...

4" id. Consolamini... ecce Deus noster; iiidicium relribtiet...

De Exceptato. Ipse tanquam sponsus procedens...

S. Joannis. In Deo sperabo... vota quaereddavi, laudes tibi...

SS. Innocentium. Accedit homo ad cor alliim, et exaltabitur Deus.

Dominica post Naiivitatem. Laudate Dominum...

Kalendas Januarii. Hic est Deus noster...

D'autres participent des deux idées, comme celle du dimanche de Lazare :

Infirma! um propitiator, abiectorum protector, desperandorum Salvatur... dominator coelorum... rex totius creattirae tuae, exaitdi preces nostras.

N'est-ce pas une véritable litanie? Une autre antienne post Evaugelium, celle du second dimanche de Carême, de st\'le ecclésiastique, est particulièrement intéressante ; elle paraît n'être, en somme, qu'une ancienne oraison mise en musique, comme rofFertoire romain actuel de la sainte Croix (i; :

Respice. Domine, ad fragilitatem geveris limnani, et reqitire ruinera quae creasti : quia quantum circa nos pielatem impenderis, amplius quibus miserearis inventes; extende, quaesumus. medicasmanu,et quod injîrmuni est cura; quod dubium est repara ; quod integrutn, fide persererante conserva.

Ce texte a tout à fait la saveur de bien des oraisons gallicanes pour le dimanche et les messes votives.

Agissant comme pour Milan, nous allons montrer, par le texte même des offertoires romains, qu'ils ont dû accompagner le transport du fermentum avant l'oblation.

En voici une collection dont tous les textes font mention de l'arrivée ou de la présence du Seigneur, qui conduit les lidcles dont le cortège le suit :

IVTemporibus de Adventu. Sabbato. Exsulta satis... cccc Rex tuus venit.,.

Vigilia Nativitatis. Tollite portas... et introibit Rex gloriae...

Hebdomada i'' Quadragesimae. Lerabo oculos meos, et considerabo mirabilia tua...

Pascha. Terra tremuit et quievit, dum resurgeret in judicio Deus... avec le verset : Et factus est... habitatio ejus in Sion.

IV" Feria Paschae.i-'or/ax coc// aperuit Dominus et pluil illis iiuDiiia ut (?(it'rt'«/ ; panem coeli dédit eis, panem Angelorum mauducaril liomo, alléluia.

(i) Dom Cabrol, La Pricrc antique, loc. cit.

l'organisation de l'office romain 22 5

V" Feria. /;/ die solcjuiitatis vestrae... inducam vos...

Sabbato in Albis. Benedictus qui venit... Deus Dominus et illuxit nobis. (Ce qui est précisément l'antienne grecque de la communion, = transport des espèces consacrées.)

In Rogationibus. Conjilebor Domino... et in média viullorum^ laiidabo eum qui adstitit a dextris pauperis...

XII" Dominica post Pentecosten. Precatiis est Moyses in conspectu Domini...

Et ce texte, appliqué par les anciens pères au Christ, et qui forme l'offertoire de la Purification : Diffusa est gratia ? Et cet autre si remarquable qui n'est jamais et partout appliqué qu'à l'Eucharistie : Gustate et videte, avec le verset Accedite ad eum (ps. 33, cf. page 227) ?

Nous n'avons vu que quelques offertoires, mais tout le reste, et leurs versets!

Quant aux autres pièces de même emploi, appartenant au genre lauda, il suffit de commémorer les premiers mots qui en commencent un si grand nombre : Jubilate ; Bencdic ; Benedicam ; Benedicite; Lauda te: Cantate, etc.

Pour les offertoires qui ne se rapportent pas à ces deux séries, si nous pouvons, sur la foi de certains textes, en attribuer la composition ou la mise en usage à Grégoire le Grand (i), à quelle époque cela ne fait-il pas remonter les autres (2)?

Voici donc, en résumé, comment on peut envisager les transformations de cette partie de la messe :

(i ) Voyez le curieux texte donné par Dom G. Morin, op. cil., page 23.

(2) II n'est pas jusqu'aux oraisons secrètes eiles-mêmes qui ne témoignent, par leur teneur, que des mystères consacrés reposaient déjà sur l'autel. En voici prises au hasard dans le missel romain, i" dom. de Adv. — Hase sacra nos, Domine, potenii virtute mundatos, ai suuiii faciant puriores venire principium.

Nativitat. in nocte. — Accepta tibi sit.-. ut,... per haec sacrosancta commercia, in illius inveniamur forma, in quo tecum est nostra substantia.

Sabbato post Cineres. — Suscipe, Domine, sacrifîciiim, cujus te voluisti dignanter immolations placari...

Feria III post dominicam II Quadrag. — Sanctificationem tuam nobis, Domine, )iis mysteriis operare placatus...

Sabbato post dom. PassiOnis. — A cunctis nos... quaesumus, Domine, reaiibus et periculis propiliatus absolve : quos tanti mysterii tribuis esse consortes.

III" dom. post Pentecosten. — Respice, Domine, munera supplicantis Ecclesiae et saluti credenlium perpétua sanctificatione sumenda concède.

IX^ id. — Concède... quia, quoties iiujus liostiac commemoratio celebratur...

XVI» id. — Munda nos... sacrificii praesentis effeclu. .. ut ejus mereamur esse participes.

Il faut avouer que si ces expressions visent les dons non consacrés, elles sont bien extraordinaires : il serait assez étrange qu'elles se riipporient à un sacrifice â accomplir, alors qu'il est considéré comme présent et même parfois comme passé: Oblatum... sacrificium vivifîcet nos...

Or, comme pareils traits se retrouvent à Milan, en Gaule, en Espagne, il faut convenir que les dons non consacrés y sont pris conjointement avec des dotis déjà consacrés : Haec sacra, qui ne pouvaient être que la particule nommée/«inien(«m. Voir Le a fermentum y> eucharistique, dans la Vie de la Paroisse, année 1906.

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