XVI. II
Vovete, XVII. 12
Tollite hostias
ïu mandasti, XIX Mémento, X.X.
In salutari, XXI.
(1) En admettant que les fériés de Carême non fêtées primitivement aient emprunté aux dimanches après la Pentecôte leurs chants, comme les jeudis au vm' siècle.
(2) L'introït du VII« dimanche, Omnes gentes, est celui de la vigile de r.\scension ; celui du VI1I« dimanche, Suscepimus, est emprunté à la Purification.
(3) Les introïts XVIII-XXII ne sont point psalmiques.
(4) Les graduels des IV«, V" et VII= dimanches sont pris aux Quatre-Temps de Carême et à la tradition du Symbole.
(5) Ce graduel est aussi usité après l'Epiphanie ;le Beata gens, au XVII» dimanche, est emprunté à la tradition du Symbole. La messe entière du XVIII" dimanche, fait remarquer Dom G. Morin, Les véritables origines, etc., page 68, note 3, est une vraie messe de dédicace; elle suit immédiatement les Quati'e-Temps de septembre, et parait se rapportera la fête suivante, saint Michel, en l'honneur de qui un pape consacra une église au v= siècle. Cette messe serait donc l'anniversaire de cette dédicace. C'est à elle évidemment qu'on a emprunté le graduel du IV<^ dimanche de Carême, quand ce jour fut doté d'une station. On excepte cette messe de toute la dissertation qui suit.
(6) Le graduel actuel du XIX» dimanche est emprunté aux Quatre-Temps ; au début du vin» siècle, il était encore Tollite, puisqu'il y fut emprunté pour le jeudi après la Passion, avec le reste de la messe; il fut encore longtemps usité en ce dimanche, comme en témoignent les plus anciens manuscrits.
(7) Le graduel Ecce quam bonum. XXII" dimanche, est celui de la fête des saints Jean et Paul.
(8) Cet offertoire est aussi chanté à la Sexagésime.
(9) Cet offertoire est aussi celui du 111= dimanche de Carême.
(10) L'offertoire du XI= dimanche est emprunté au Caput jcjunium ; celui du XI1= n'est point psalmique, ainsi que ceux des Vile, XVII'-, XXI^, X.XII« dimanches.
(11) La communion du III' dimanche est tirée de l'évangile du jour; l'ordre des psaumes demande ici Ego clamavi, rejeté à la fin du cycle dans les livres actuels.
(ij) Les communions des IX», XI», XIII', XIV« et XV» dimanches ne sont point psalmiques.
Nous ne croyons avoir employé aucun expédient pour dresser ces listes: elles paraissent rattachées étroitement à Tordre des seize dimanches gélasiens.
On répétera ici ce que nous avons dit il y a quelques années : « Si la critique moderne la plus exigeante ne peut faire descendre plus bas que saint Grégoire le Grand les seize messes [du sacramentaire gélasien], il faut nécessairement faire remonter au moins à ce pontife l'ordonnance des chants qui s'y rapportent. »
§ 3. — Commun et Propre des Saints.
I" La Messe. — Il est malheureusement fort ditlicile de préciser quelque chose au sujet des introïts, graduels, traits., etc., des messes en l'honneur des saints. Les chants de même catégorie ont dû s'échanger entre les diverses messes de saints du même ordre, et il est fort possible que, en dépouillant soit l'antiphonaire milanais, soit le romain, nous n'a3'ons point l'ordre premier des chants pour les messes des saints, bien que chacun de ces recueils présente une grande communauté vis-à-vis de l'autre, en ce qui concerne les messes.
Cependant, il }• a tout de même des choses à relever, parmi celles dont l'origine se rattache à des témoignages directs ou à des faits historiques. Nous en avons déjà rencontré ; les voici relevés à nouveau :
i" janvier: messe de la sainte Vierge: graduel Diffusa, et introït Vitltum liiiiin [ux" siècle ? certainement iv").
21 janvier: sainte Agnès: chant orné de l'O^LTe»/»/-, primitivement graduel (vers 820 ?), et plus tard offertoire, après l'institution de ce genre de chants.
10 août : saint Laurent et son octave, graduel et introït Probasti me, mentionnés vers 400.
Parmi les autres chants, on a déjà signalé l'antiquité du graduel Cla- }}!jve!-iuil, qui figure dans les livres grégoriens aux fêtes des saints Marcellin et Pierre, Côme et Damien, non encore célébrées au v° siècle ; ceci laisse à entendre qu'on l'employait pour les messes de martjTs ad libitum si nombreuses dans le sacramentaire dit léonien, et plus tard attribuées à des fêtes fixes.
C'est ce qui fait que nos Communs actuels contiennent un grand nombre de séries de messes, auxquelles il faut encore adjoindre certains graduels, alléluias, etc., répétés à diverses fêtes de saints. En étudiant plus loin les détails de l'Antiphonaire, on précisera ce qui peut être précisé.
2" L'Office, — Tout autre est le caractère de l'office.
Ici, nous sommes en présence de deux ou trois faits et témoignages très nets.
Le témoignage est celui du canon de libris recipiendis, qui porte que les passions des martyrs sont admises pour les lectures publiques, mais que l'Église romaine, suivant son usage antique, ne les a jamais employées, à cause des interpolations de certains textes. Ce canon était encore en vigueur à l'époque de saint Grégoire le Graftd.
Or, les manuscrits qui nous ont conservé l'antiphonaire grégorien donnent aux saints les plus fêtés à Rome dans le cours du vu"" siècle des séries de répons et d'antiennes extraites des passions de ces saints, donc d'institution postérieure dans l'office papal. Mais cela ne veut pas dire que ces antiennes et répons ne soient pas anciens; au moment de l'introduction des vies de saints dans l'office de l'église papale, ils ont pu être simplement empruntés à d'autres églises qui en avaient l'usage, telles celles des moines bénédictins.
Il est bien évident qu'avant l'institution du nouvel usage, les antiennes et les répons étaient simplement ceux dont les séries forment les communs actuels.
Tout à l'inverse de la messe, qui offre une luxuriante floraison de mélodies aussi bien pour les messes quotidiennes de martjrs que pour les fêtes proprement dites, nous sommes ici en présence de quelques séries de chants répétés dans l'antiphonaire grégorien à chaque célébration de saints d'un même ordre.
Mais, si ces célébrations ont été se multipliant avec le temps, nous savons qu'au courant du cinquième siècle, les saints inscrits pour l'office liturgique étaient relativement rares ; et encore faut-il faire une distinction entre ceux qui avaient l'office complet, avec vigile et matines, et ceux dont le degré plus simple correspondait aux fêtes à trois leçons des livres postérieurs.
Or, les saints de la première catégorie étant les principaux patrons de Rome, ou ceux qui y étaient fêtés plus spécialement, c'est à leur fête que doit remonter l'origine des séries d'antiennes et de répons que nous appelons communs, et qui, étant par la suite passés à beaucoup d'autres jours, furent, alors seulement, remplacés par les chants extraits des vies et des passions jadis condamnées.
Il ne saurait y avoir aucun doute sur l'origine et l'antiquité de nos communs quand on en aura rapproché les séries avec les fêtes principales du calendrier rudimentaire donné plus haut (celles qui sont soulignées d'après l'importance de leurs messes dans les anciens calendriers et sacramentaires) :