FÊTES
Saint Etienne.
Saint Jean, apôtre.
Sainte Agnès.
Saint Pierre in basiUca.
Saint Nérée et ses compagnons.
Nativité de saint Jean Baptiste.
Saints Jean et Paul.
Saints Pierre et Paul.
Saint Laurent.
Sainte Cécile [et ses compagnons ?1 Saint André.
Séries (i).
Qui me confessus fuerit (21.
Hoceslpraeceptumiueiivi(3) Haec est virgo sjpiens (4).
Ecce sacerdos magîius (5).
Sancti tut (6).
Omnes sancti (7).
Juravit Dominui (8).
Domine quinque talenta (.)).
Du m csset Rex 110;.
CoM.MLN ACTUEL.
Martyr.
Apôtre.
Vierge.
Confesseur Pontife.
Plusieurs Martyrs au Temps pascal.
Plusieurs Martyrs.
Apôtres, 2i-'s vêpres.
Confesseur non Pontife.
Saintes femmes (maintenant).
En dehors de ces rapprochement.s, la fête seule de la Nativité du
(i) On les indique par les premiers mois de la première antienne des premières vêpres, s'il y en a ou des laudes.
(2) Cette série convient bien à un diacre : Qui mihi ministrat ; Si quis mihi ministraverit... illic sit et minisier meus; et. aux matines : Piaedicans praeceptum Domini ; Plantatus in domo Domiiii; Habitabit in tabernaculo tuo; Siola jucunditatis induit... et cobonam pulchritudinis \ Etienne signifie couronné. Il faut y ajouter en partie les répons du 26 décembre.
(3) Antiennes tirées de l'Evangile de saint Jean, « le disciple que Jésus aimait » : ... ut diligatis inviccm ; Majorem carltatem nemo h.ibet; ...ipsi Deum vidcbunt ; voyez au.x saints Pierre et Paul pour les répons, à l'exception de quelques répons du 27 décembre.
4) Voyez surtout le répons Re^num niundi, visiblement imité de la pièce dite « Actes de sainte Agnès »; l7»Ji«'ï "If, donné par les livres monastiques au Commun des Vierges, et par les sécu liers à la fête de ladite sainte. Les livres romains, dans leur état actuel, prescrivent encore pour cette fête les psaumes d'un martyr, et non point d'une vierge, et cela se rattache au début d'un sermon d'un évèque Ambroise, pour la même fête.
(5) Rien quecette première antienne, surtout dans le langage des premiers siècles, ne peut convenir qu'à saint P. erre ; comparez toutes les autres et les répons : ...Supra multa té constituam ; c'est du reste l'office qui a continué de servir pour les anniversaires des papes (et depuis les confesseurs pontifes, ; remirquer aussi que les livres monastiques, pour ce Commun, ont comme dernier répons EUgit te Dominus, que précisément les livres séculiers donnent à la fête de la Chaire de saint Pierre. Enfin, signalons qu'à Paris, dès le vi« siècle, l'anniversaire de l'intronisation de l'abbé Droctovée continua d être célébré comme la fête en question.
(6) Il n'y a pas d'office propre d'un martyr au temps pascal, mais seulement de plusieurs ; or, le vieil usage ne mentionne comme fête importante au temps pascal que celle de Nérée et ses compagnons. C'est cette série qui contient des extraits du IV" livre d'Esdras (cf. page 36) ; plusieurs répons de cette série sont extraits des psaumes, signe d'antiquité.
(7) Cf. le répons Piopter testamentum de ce Commun : persiilerunt in amorc fraternitatis, et cet autre : /Liée est vera fraternités, qui est passé à diverses fêtes Jean et Paul étaient les deu.x frères.
(8) Cette série est toujours chantée à la fête de ces saints, tout au moins pour les antiennes : les répons du Commun conviennent également à ces deux saints beaucoup plus qu'aux autres apôtres auxquels on les a depuis appliqués.
(9) Domine cjuin^ue talentct rappelle immédiatement, avec les autres antiennes, la passion de saint Laurent; Fidelis servus...quem constituit... super famtliam suam ; Hic vir despiciens viundum... divitias coelo condidit ; ces traits et d'autres conviennent à un diacre, et spécialement à saint Laurent. Cependant la série Qui me confessus fuerit, qusni aux antiennes, se rattache aussi à l'évangile de la fête de saint Laurent, et les répons des deux séries se confondent. Il est bien possible qu'à part quelques traits spéciaux, les deux séries Qui me et Domine se soient primitivement confondues en une seule, aussi bien usitée pour saint Etienne que pour saint Laurent, tous deux diacres et martyrs.
^lo) Il y a la même communauté entre les deux séries H.icc est virgo et Dum essct Re.\ qu'entre les deux précédentes : les saintes Cécile et Agnès sont toutes deux honorées comme vierges.
l'organisation de l'ofkice romain 243
Précurseur ne se rattache à aucune série ancienne du Commun. De fait, cette célébration était considérée à l'égard d'une des fêtes cardinales de l'année liturgique, et dut avoir de bonne heure un office propre.
Quant à saint André, frère de saint Pierre, c'est probablement uniquement à ce titre qu'il fut fêté à Rome, car rien d'autre ne le désigne à la célébration liturgique. Les livres grégoriens donnent de lui un office propre : on ne saurait trop remarquer à ce sujet que le pape saint Grégoire avait été abbé du monastère de Saint-André au Mont Cœlius, et qu'il continua de s'en occuper spécialement pendant son pontificat.
Enfin nous devons signaler que certains manuscrits donnent des antiennes de rechange pour certaines séries, mais cela n"est d'un usage général ni aux diverses églises, ni pour les diverses fêtes.
§ 4. — Les Funérailles.
L'étude critique des vieux usages ne serait pas complète si l'on ne disait ici un mot de l'office des défunts, précieux par divers côtés.
Il n'a point de petites heures, les antiennes de matines sont en partie empruntées au psautier hebdomadaire ; comme celui des trois derniers jours de Semaine Sainte, il manque des caractéristiques postérieures au v"= siècle; aux cantiques, Magnifi:at est doté d'une antienne tirée de l'Evangile, sur un timbre couramment employé aux vi'' et vu' siècles; Renedictus ^m'pïunlt son antienne, —également tirée de l'F^vangile, — aux chants exécutés pendant le transport du corps, preuve de leur emploi plus récent dans l'office.
Cet office des morts, malgré l'intrusion de l'usage monastique des cantiques évangéliques, a cependant, comme les offices des fériés et de la Semaine sainte, conservé l'antique coutume du psaume directaneus dans les complenda de l'office (i). Tout en somme concourt, sauf ce qui est ici signalé de postérieur, à dater l'origine de cet office des temps les plus anciens de la formation de l'antiphonaire.
Bien mieux, telle antienne chantée en transportant le corps du défunt se rattache directement à des coutumes ou à des faits mentionnés par des actes romains authentiques des 11° et 111° siècles; voici spécialement un texte signalé tout récemment par Dom H. Leclerq (2) :
« Se tournant vers le peuple, il dit : Écoutez, mes très chers frères, priez Dieu.... afin que lorsque [ceux qui le craignent] seront sortis [de
(0 Voyez page 21 3.
[2) Dictionnaire d'arcli. chict. et de liturg. Fascic. II, col. ^i 1.
ce monde], les Anges accourent au-devant d'eux, et les conduisent à sa cité, la sainte Jérusalem (i). »
Or, que chantons-nous encore au xx° siècle, suivant l'antique tradition, en conduisant le corps des défunts ?
« Venez, saints de Dieu; accourez, Anges du Seigneur, pour recevoir son âme...
« Qu'en paradis les Anges te conduisent, qu'à ton arrivée te reçoivent les martyrs, et te conduisent dans la cité sainte, Jérusalem (2). »
Seuls ceux qui vivaient dans la fréquentation des usages de ces temps primitifs pouvaient trouver de tels accents, et le texte même de ces antiennes prouve qu'à l'origine elles étaient destinées à accompagner au lieu du repos le corps des martyrs, en leur souhaitant la compagnie de ceux dont l'àme venait de les précéder dans l'état de paix, in requiem aeternam.
Les lectures de l'office des morts étant extraites du livre de Job, les répons correspondants doivent être parmi les plus anciens : toutefois, si certains d'eux, comme le Credo, le Domine, secundiim aclum meiim, présentent un emploi caractéristique des anciennes formules, la plupart des autres sont de style plus récent (3).
A la messe, les manuscrits les plus anciens n'offrent aucun chant spécial : les mélodies sont empruntées à divers jours du plus vieux fonds liturgique, comme les fériés de carême ou les dimanches.
(1) Actes de saint Euplœus (Ruinart, v4c«a sincera, page 441 ; éd. de 1689^ : Et tune respiciens ad populum dixil : Dilectissimi fralres, audiie, orate Deum... et postquam e.\ieiint, tune occurrent eis Angeli, et ieducent eos ai civUctsm illius sanctam Jérusalem.
(2) Subvenite, sancti Dei : occurrite, Angeli Domini, suscipienlcs animam ejus...
In paradisum dcducant te Angeli, in tuo adventu suscipiant teMarlyres, et />eri/ucan« «tin civitatem sanctam Jérusalem.
(-j) Le fameux Libéra n'est, on le sait, qu'une addition du x« siècle, Cf. notre élude sur ce sujet dans \3 Revue du chant grégorien, Grenoble, année 1904.