Lettre d'Hadiuen I
« Rigobertus a sede contra canones dejectus et expulsus fuit sine ullo crimine et sine ullo episcoporum judicio... — neque valeat aliquis de episcopatu deicere sine canonico judicio ».
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n'avait pas, par avance, pris le parti de celui qui, par la suite, entra eu possession de la région du royaume où est sise la cité de Reims. Une telle version ne convient nullement au conflit qui mit aux prises Charles-Martel et Ragenfride au sujet de la mairie du palais de Ncustrie^ Tilpin est trop proche des événements pour avoir présenté ainsi les faits au pape. Après le démembrement de l'empire carolingien au contraire, alors que des parts ont été faites aux fils de Louis le Pieux, que les limites du royaume des monarques rivaux sont sans cesse déplacées, on s'explique fort bien qu'un clerc rémois se représente ainsi la compétition dont Rigobert fut victime. Hincmar n'avait-il pas eu à souffrir en raison de sa fidélité au roi qui avait Reims dans sa part, alois que d'autres parties de la piovincc et du diocèse de Reims étaient aux mains d'un autre monarque ^.
A en croire le pseudo-Hadrien, l'évéché de Reims fut enlevé par les pouvoirs séculiers à Rigobert pour être donné au clerc Milon, comme plus tard il fut retiré par Louis et Charles à Ebbon et attribué à l'abbé Foulques et à Nothon qui n'étaient pas évêques, avant qu'Hincmar ne reçoive, longtemps après, le gouvernement de l'église ^. Rien des évêchés de la province furent sans évêque après l'expulsion de Rigobert, comme le fait s'est produit dans la province
cpiscopiis, quippe qui nocdum cum codcm rogc pacificatus erat, ciini Loihariocui primitus adhfpserat, remanendo seccssit » {Nar ratio cleric. Conc. œvi kavoL, t. T, p. 811-812).
1. Cf. Hincmar, De jure metropoL, 20, Migne, t. CWM.col. 200; Préface à la Vila Reniigii, Script, rerum mrrov., t. III. p. 25i et la Vitas. Rigoberli, 12, Ada sanct., Janv., 1. I, p. 7(), qui dépend peut-être d'Hincmar ol d'une Iradition orale ou écrite.
2. (]f. La Hicrarcliic épisc.,^. 208. Son successeur. Foulques, a pâti aussi de ces rivalités. En 893-89/j, il écrit au pape « pro contenlione quir versabalur inter reges Odoneni et Karoluni, necnon pro oppressione, quam Heniensis patiebatur ecclesia » (Klodoard, IV. .3, p. ôGoV
'.\. ('A. Schrœrs, Uinkmar, p. oO-Hc) : « donec Karolus rex eandein ecclesiani longo posl tempore... Ilincniaro gubernandani commisit » {Narrât, cleric, loc. cit.).
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de Reims et dans toute la Gaule au temps de Louis le Pieux où Jessé d'Amiens fut exilé ^ et plus tard Ebbon de Reims, Agobard de Lyon, Barthélémy de Narbonne, etc. -. Après l'expulsion d'Abel, l'église de Reims resta privée de pasteur pendant de nombreuses années, et les biens furent enlevés et divisés entre les laïques. Or Abel a été promu en 74/4. Tilpin devint évêque vers 7/18 ; si Abel fut expulsé, le siège ne resta pas vacant pendant ce grand nombre d'années dont aurait parlé Hadrien sous la foi de Tilpin. Il en est autrement après la déposition d 'Ebbon. Le siège reste inoccupé de 835 à 8/i5 ; le roi confie l'évêché à plusieurs administrateurs de son choix et en distribue les biens en bénéfice à ses fidèles-^. Hadrien aurait appiis de Tilpin qu'après l'expulsion de Rigobert, les évêques et les clercs allaient recevoir l'ordination d'un autre que du métropolitain. La Nurratlo écrite par les clercs ordonnés par Ebbon note aussi que pendant le long exil de cet archevêque, plusieurs évêques suffragants, Siméon de Soissons, Loup de Châlons, Erpuin de Sentis, reçurent la consécration, en dépit des saints canons^, qui réservent le sacre au chef de la province. Pendant cette même vacance, les clercs de l'église de Reims furent ordonnés par des évêques voisins, en particulier par Loup de Châlons qui avait reçu de Charles le Chauve l'ordre de pourvoir aux besoins spirituels de cette église '\ Le pseudo-
1. Cf. Simson, Jahrbùcfier des frànkischeii Reichs uriler Ludwig dein Frommen, 187/1-1876, t. I, p. 363.
2. Ouvr. cité, t. U, p. i36-i37 : « plurimi episcoporuin vi propriis a scdibus oxpulsi ant timoré derelictis gregibus, diversis in partibus exulantur. Inter quos etiani Ebo.... » {Àpologel., p. 798; Narrât, cleric, p. 809).
3. Dipl. de Charles le Chauve du 10 oct. 8/i5 restituant les biens cédés en bénéfice pendant la vacance du siège (Flodoard, 111, 4. Script. ,1- XUl, p. 477); De villa Nouiliaco, i. XY, p. 1168; Viln Remigii, 38, Script, reram nierov., t. Ill, p. 324.
k-Conc. œvi karol., t. 1, p. 810.
5. Conc. de Soissons de 853, Act. VI, Mansi, l. \l\ , coi. 987. Cf. Lettre de Lothaire I à Léon IV, col. 885.
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Hadrien revient plus loin sur le rapport qui lui a été fait que certains vont recevoir les ordinations des mains d'autres évéques de la province et il interdit absolument cette pratique.
Les passages relatifs à la dlv'isio ^ du temporel et aux restitutions témoignent peut-être des souvenirs laissés à Reims par les sécularisations faites au temps de Charles-Martel et de Pépin, mais sont aussi, semble- t-il, l'écho des plaintes et des réclamations que font entendie le clergé rémois et Hincmar en particulier vers le milieu du ix" siècle.
Aux termes du récit, après l'expulsion d'Abel, les biens de l'église de Reims furent enlevés et divisés entre les laïques. De même, avant l'avènement d'Hincmar, Charles le Chauve a divisé entre ses hommes l'évêché de Reims administré par le prêtre Foulques. Hincmar qui rappelle souvent le dommage infligé alors à son église 2, marque à chaque occasion sa réprobation à l'égard 'd'une pratique dont il a personnellement souffert. L'archevêque voue aux enfers Charles-Martel, le premier, dit-il, qui ait divisé les biens des églises ^. Lui aussi rapporte — et presque en les mêmes termes que le pseudo-Hadrien — , qu'au temps calamiteux de Milon, les biens de l'église de Reims furent partagés*. 11 note en 866 que Charles le Chauve, au grand détriment de son âme, a divisé l'abbaye de Saint-Quentin et celle de Saint-Vaast ^.
Hincmar a grand souci de réparer le dommage qu'a subi le temporel de son église pendant la vacance du siège qui précéda son sacre. Au concile de Beauvais, il obtient du roi
1. Sur le sens de ce mol, cf. Ribbeck, D/c sogenannte Divisio, p. i()3.
2. Vitd s. Reniigii, 28, Script, reruni inerov., l. III, p. .'ia'j ; Dr villa Novilinco. Script., t. XV, p. 11O8.
3. Epiiil. synodi Carisiaccnsis rédi^n'c par lliiinnar. ('.npilut.. I. Il, p. /i32.
'i. Cf. plus haut, p. 3 'il, n. 2.