Cf. La Hiérarchie épiscopale, p. 76 et
2. Hincinar après avoir opposé à son neveu la fausse lettre d'ilormisdas, ajoute que les archives de son église renferment des privilèges semblables accordes par Hadrien à son prédécesseur Tilpin et à l'église de Reims (LV Capitula, iG, Migne, t. C^WM. col. 'M\(f}. Ainsi, à en croire Hincmar, il y avait équivalence entre la coiylition privilégiée faite à saint Rémi, vicaire d'Hormisdas pour les (îaules, et celle qu'Hadrien accordait à Tilpin et à tous ses successeurs. Los deux faux privilèges d'Hormisdas et d'Hadrien sont les litres qui soutieniicnl les prétentions d'Hincmar. Ils projeltent dans le passé le lypc d'archevêque primat qu'Hincmar entend réaliser à Reims dans le présent. C'est dans ce dessein qu'il les a fabriqués.
1389-390] LA LETTRE INTERPOLÉE d'hADRIEN I A TILPIN 27
cordent avec celles des privilèges que lienoit III en 855, Nicolas I le 28 avril 863, délivrèrent à Hincmar de Reims. Aux termes de ces privilèges, Hincmar, primat de la province, ne pourra être privé ni de son autorité, ni de son temporel contre les décrets canoniques ; personne ne pourra le condamner avant qu'il ait été entendu par le pontife romain ; s'il en appelle au saint siège, l'affaire sera réservée au juge nnent du pape apostolique ; il ne sera soumis à aucun droit ni tribunal, mais seulemicnt au pouvoir du pontife romain K Le premier en date des privilèges pontificaux certainement authentiques qui réservent à un évêque franc le droit d'en appeler au pape et de n'être jugé que par lui est, à notre connaissance, celui de Benoit III. Si Tilpin n'a pas été gratifié d'une telle faveur, Hincmar est le premier évêque des Gaules qui l'ait obtenue. En sollicitant ce privilège, Hincmar obéissait aux préoccupations qu'ont fait naître les dépositions d'évêques arbitrairement prononcées dans le deuxième quart du ix- siècle et s'inspirait des Fausses Décrétâtes