‹ Les origines du droit de régaleChapitre 34 sur 87 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

4. Ann. Bertin., 866 : « de abbatia sancti Vedasti, sicut et pridem de abbatia sancti Quintini fecerat, caput cum electioribus villis sibi retinens, cetera quaeque per quoscumque suos... dividit » (p. 84); 876 : « abbatia Martianas, quam diviserat » (p. 134).

5. Nous avons vu plus haut (p. 30, n. 4) que le monasterium de Saint-Vaast a été cédé par Lothaire II à Charles le Chauve. Hincmar note l'événement en ces termes : « abbatiam sancti Vedasti, donante sibi Illothario, suscipit » [Ann. Berlin.,

qu'elle a gardé d'abbaye et désigne l'établissement religieux lui-même. Les deux expressions d'abbatia et de mona- 5?ermm deviennent en fait des synonymes ^ D'une part, on entend par abbatia l'établissement monastique; d'autre part, le monasterium est pris aussi au sens A' abbatia ; il est donné, cédé en bénéfice à l'abbé^; il constituera, nous le verrons bientôt ^, comme V abbatia, le bénéfice du prélat. Le monasterium et Vabbatia se sont confondus, comme V episcopium et Vepiscopatus. A certains égards, ces expressions se correspondent deux à deux. Comme Vepiscopatus, Vabbatia désigne une charge et les avantages qui y sont attachés. \J episcopium. et le monasterium sont essentiellement l'un et l'autre la maison d'habitation qui a pris peu à peu le sens d'établissement propriétaire. Mais V episcopium comme V episcopatus rattachent à la personne de l'évêque la propriété; Vabbatia détourne vers l'abbé la qualité de propriétaire que le monasterium attribuait aux moines. Ainsi les formes nouvelles du langage expriment clairement l'évolution qui s'est produite dans le concept de la propriété ecclésiastique et monastique. Les droits du prélat absorbent ceux de l'église propriétaire. L'idée de jouissance

866, p. 82). De même Vahhatia de Tournus est donnée aux moines de Saint- Philibert (plus haut, p. 32, n. 1) qui prennent pourtant possession du monaslerium où désormais ils habiteront.

1. La dwisio du royaume de Lothaire II, en 870, signale dans les parts faites aux rois, tantôt les monasteria, tantôt les abbatiœ (Capi/w/., t. ii, p. 193-195). La même année, l'abbé de Saint-Thibéry porte plainte au sujet de Vabbatia sancti Velosiani qui lui a été injustement enlevée, avec églises, vignes et terres. Les juges ordonnent de rendre à cet abbé le monasterium sancti Velosiani [Ilist. de Languedoc, t. ii, Pr., 174, col. 355-356). Le même acte observe « quod est ipsa abbatia in pago Tolosano ». Une abbatia dont on indique le site peut être simplement un ensemble de biens. Mais d'autres textes donnent clairement à abbatia le sens de constructions monastiques. Hincmar, qui d'ordinaire parle du monasterium, quand il signale l'hospitalité donnée à un roi par des moines, rapporte aussi, en 867, que Charles a décidé de vivre quelque temps « in abbatia sancti Vedasti et in Audriaca villa ac circumcirca » (p. 88). llincmar tient déjà les deux termes pour synonymes (cf. plus haut, p. 30, n. 3). En 884-885, Hadrien III rappelle que Vabbatia de Montiérender aété construite en l'honneur des saints Apôtres et prend sous sa protection ■ omncs facultates abbatie » (J. W. 3398, Anal, j'uris pontif., t. x, p. 310). Un diplôme de Louis d'Outre-Mer du 23 mars 950 est accordé « clericis monasterii sancti Dyonisii et sancti Privati in abbaliola quae voeatur Salona consistenlibus » [llist. gén. de Metz, t. iv, p. 67).

2. Cf. plus haut, p. 30, n. 2 et 3 et plus loin. p. 47. n. 2.

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