Op. cit., p
3. Cf. Thomassin, Ancienne et noui^elle discipline de V Église, 1. X, ch. xix, 9, éd. André, t. vi, p. 579.
mais l'évolution n'est achevée que beaucoup plus tard. Elle échappe aux cadres de la présente étude. Il a suiïi d'indiquer ici la lointaine origine de ces bénéfices. Il la faut chercher dans l'idée qu'on s'est faite dès le ix^ siècle que les biens réservés à la communauté constituaient son bénéfice.
A un rang inférieur, la jouissance d'une église rurale a constitué aussi un bénéfice. Une évolution semblable, à certains égards, à celle que nous avons décrite pour les évêchés et abbayes, a été subie par l'église rurale. De même qu'ils font apparaître Vepiscopatus et Vepiscopium, les textes du ix^et du x^ siècle signalent le preshyteratus et le preshyterium. La propriété d'église est encore ici considérée au seul point de vue du personnage qui en jouit. Mais si le preshyteratus est, comme Vepiscopatus, une charge et la jouissance d'un temporel, celui dont dispose le prêtre ne comprend nullement tous les biens de l'église rurale. Le bénéfice presbytéral ne se confond pas avec le beneficium de l'église, comme Vabbatia, avec le temporel total du monasterium. Les bénéfices dont jouissent les prêtres ruraux sont parfois étrangers au patrimoine de leur église; ils se distinguent de la dos de celle-ci; ils n'en comprennent pas l'avoir entier^.
L'évolution qui tend à confondre la mater ecclesia et Vepiscopatus, le monasterium et Vabbatia a été contrariée en effet par l'appropriation des églises rurales. En même temps que l'église est aux mains d'un prêtre ou d'un laïque qui en jouit comme d'un bénéfice, elle est la propriété d'un grand propriétaire laïque ou ecclésiastique qui entend aussi en garder la jouissance et qui la partage en fait avec le prêtre, non sans s'adjuger la plus grosse part.
Aussi l'origine du bénéfice presbytéral est-elle beaucoup moins simple que celle du bénéfice de l'évêque et de l'abbé. Comme l'apparition des prébendes, celle du preshyteratus méritera d'être étudiée à part.