Erm. Nior., Carmina, II, 596-600, p
2. XXXVI : « una cunclis gciieraliler posita observalur rcgula, cunctaque nioiiasteria ita ad forniani unitatis rodacta siint,acsi al) uno magistro et iii uno imbuerenlur loco » [Script., t. xv, p. 215).
3. « Et quoniam alia per monastcria ut observarctiir instituit régula, suos liida dcgcntibus ita omni inteulionc iii.slruxil, ni ox di\ crsis rcgionibus advtiilantes monachi non, ut ita dixorim, porstropentia, ul inibuorentur, indigemit vorba, quia in singulorum moribus, in inccssu habituquc forinain disciplinaniquc regularcni pictani crrnerent » (p. 216).
4. « Snpcrsunl aliqua, cpia» illa schola nionaohornin in nsn habct juxla quorum exonipla nos inlorniandi sumus » (Mansi, op. cit., t. xiv^ col. 352). M. llauck [op. cit.', t. ii, p. 579, note 3) paraît pcnsrr qu'il s'agit ici dos moiia's d'Aniane. La schola est celle des moines d Inden, instruits dans 1 observance d'Aniane.
très semblables qui ne se présentent pas à son esprit, chez ces cénobites dont, suivant l'ordre de l'empereur, la vie servira de modèle aux réguliers de tous les monastères de son royavime ^.
Cet évêque-abbé, qui a assisté en personne au synode de 816, s'est évidemment rendu à Inden pour se conformer aux exigences impériales; il a vu déjà à l'œuvre la communauté, à peine entrée en posession pourtant des constructions indispensables à la vie claustrale. Mais la mémoire lui fait en partie défaut et, d'ailleurs, l'ordre de l'empereur exige une étude plus complète du genre de vie des moines d' Inden. Un ou deux moines, déclare-t-il, doivent être envoyés de chaque monastère auprès de ces religieux, pour examiner leur vie et leur conduite, et nous en faire un rapport, afm que nos erreurs soient corrigées et que le bon grain s'entasse sans ivraie en nos greniers 2.
Deux moines de Reichenau se sont rendus en effet auprès du vénérable abbé et des moines qui tiennent ainsi école; ces deux envoyés sont chargés par leur propre abbé de lui exposer le détail de l'observance pratiquée dans ce monastère modèle ^, qui ne peut être que celui d' Inden. Ils ont résumé en douze articles les constitutions qu'il leur a paru le plus nécessaire d'inculquer aux moines de Reichenau, pour les mettre en règle avec la réforme et leur permettre de faire bonne figure quand les envoyés de l'empereur viendront passer l'inspection de leur couvent.
Louis le Pieux a décidé en effet d'envoyer des missi dans chaque monastère régulier, pour y surveiller et y
1 . « Haec et alia similia liis quae menti non occurrnnt in supradictorum cœnobitarum conversationibus comperta habemus, ad quorum exempla informandos per universa rcgni sui cœnobia monachos decrevit impcriali censura » (col. 353).
2. « Intérim providendi sunt unus aut duo qui in unumquodlibct ex his cœnobiis mittantur ad spcculandam vitam et babitum illorum qui nos in omnibus in quibus fortassc titubamus^ ccrtiores reddant » (col. 354).
3. Lettre de Grimaltus et Tatto à leur abbé : « Quia igitur, sanctissime pater, vestrœ auctoritatis voluntas extitit, ut huic sanissimae legationi nostra parvitas deserviret, placuit et nobis ut sicut ipsi injungere estis dignati^ quicquid morum lioncstorum in ordine regulari apud venerabilem illum abbatcm et crga ejus fratres constituti addiscere possemus^ vestraî pandero sanctitati » [Epist. i>ar., \, p. 305).
172 REVUE d'histoire de l'église de FRANCE
promouvoir l'œuvre réformatrice. Par ordre de l'empereur, écrivent les deux moines de Reichenau. visite est faite de tous les cœnohia de notre nation i. Les missi se rendront dans tous les monastères de stricte observance, communautés d'hommes ou couvents de religieuses. Ce n'est pas assez d'une seule visite ; ils retourneront partout où ils sont allés déjà ^. Les monastères de Francia sont soumis à la même série d'inspections, auxquelles Benoît a précédemment procédé dans les monastères aquitains ^. Ces missi se rendront compte si les or<lres impériaux sont obéis, mais ils ont aussi mission d'enseigner, d'inculquer la forme salutaire aux ignorants, de les instruire, partout oLi il en est besoin, dans la pratique de la règle ^. lU seront, pour les communautés visitées, exemple et norme de vie régulière ^. Aux moines et aux religieuses de stricte observance ils expliqueront comment il faut appliquer la règle de saint Benoît, suivant un coutumier qui désormais ne pourra plus être modifié. Par eux sera établie partout une observance uniforme {unifonnem morem) ^. C'est évidemment leur activité qui achemina les monastères vers une si parfaite unité que les moines de toutes communautés semblaient avoir reçu ensemble la même formation '. Seuls, ces missi ont qualité pour
1 . « Ne dum regulares monachi vcneriat, qui jussu iniperiali tota cœnobia gcntis nostrae, ubi opus fuerit^ regularitor instruere debcbunt, inparatiores vos invcniant » [loc. cit.).
2. Viîa Hludowici, xxviii : « Itidcmque constituit isdcm amabilis Deo inipcrator Bcncdiclum abbatcin et cum eo slreriute monachos per omnia vita', qui pcr omnia monacbonim cuntes redcuntosquc monasteria, uniformcm cunctis Iraderent monastcriis, tam viris quam sanctis nionialibus feminis, vivcndi secundum regulam saneti Bcnedicti incommutabilom morem » {Script., t. II, p. 622).