Codex CaroL, 91, Epist., t. III, p
2. On lit plus loin en effet : « prefatus amabilissimus Fulradus Francia3 archipresbiter » ; encore le faussaire a-t-il laissé tomber abbas. Dans la partie présumée authentique nous lisons au début : «■ spirilalis filii nostri et gloriosi régis Francorum Karoli », et en finale : « gloriosi ac spiritalis filii nostri Karoli Francorum régis ». Le faussaire abrège en ces termes: » apud gloriosum filium nostrum Karolum ». D'ailleurs dans la partie de la lettre relative au pallium de Lui, le style et la construction grammaticale sont de meilleure marque que dans le dispositif et l'exposé du privilège.
3. lien est peut-être ainsi de confrater, de gloriosas rex qui paraissent convenir plutôt à la langue du ix" siècle.
4. Suivant Hinschius (p. 6o4, n. 2), la mission de Tilpin aurait été imaginée à l'effet d'établir la préséance des archevêques de Reims sur leurs collègues de Mayence ; mais on ne saisit au ix'' siècle aucune trace d'un conflit de ce genre entre les sièges de Reims et de Mayence, tandis qu'Hincmar qui, aux yeux d'Hinschius, est l'auteur du faux, a dû se défendre contre les prétentions de Theutgaud, archevêque de Trêves, à la primatie sur les deux Belgiques (cf. La Hiérarchie épisc, p. 2/io et suiv.).
5. II, 17 : « Karolus imperator magnus huic presuli Tilpino pallium per legatos et litteras suas obtinuit ab Adriano papa, sicut in ejusdem papa? litteris ad ipsum regem super hac ipsius pclitione directis continetur » (p. 465). Cette lettre ne fut pas retrouvée quand Charlemagne fit recueillir les lettres pontificales reçues par les Carolingiens, car elle ne figure pas au Codex Carolinus. Peut-être l'original avait-il été envoyé
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paraît conforme aux usages de la chancellerie romaine qu'un privilège confirmant fi l'église de Reims la qualité de métropole ait été envoyé à Tilpin avec le pallium, comme Hadrien en témoigne ici ^ Aux termes de sa lettre, le pontife a\ait accordé à Tilpin le pallium et un privilège, à la demande du roi Charles et sur témoignage rendu par l'abbé Fulrade du mérite de ce prélat. Or nous savons que Charlemagne a demandé semblablement à Hadrien 1 le pallium pour Ermenbcrt, dont la cité épiscopale, Bourges, fut reconnue et confirmée par le pape comme métropole-. Dans une lettre écrite en 779-780, Hadrien I rappelle que le diacre Addon. jnissus du roi, a fait précédemnnent un autre voyage à Rome avec l'abbé Fulrade ; c'est vraisemblablement alors que celui-ci transmit au pape la requête de Charlemagne en faveur de Tilpin et se porta garant de la sainteté et de la doctrine du nouvel archevêque •^.
par le roi à Reims et déposé aux archives de l'église où Flodoard en prit connaissance. On a vu que d'autre part cet historien cite la lettre d'Hadrien à Tilpin pour montrer que cet évèque a reçu le pallium.
1. Zacharie écrivait le3i oct. 7^5 à Boniface : « De civitate... Colonia... per nostrîB auctoritatis pr;rceptum noniini tuo metropolim confirmavimus et tuic sanctitati dircximus, pro futuris temporibus ejusdem mctropolitanœ <Tcclesia3 stabilitatem » (Boni/, epist., 60, M. G., Epist., t. III, p. 325). La correspondance de Boniface renferme le privilège par le(|uel le même pape confirmait à la cité do Mayence la qualité de métropole (4 nov. 751, 88, p. 373), pièce suspecte mais qui, si elle est apocryphe, a été sans doute calquée sur le privilège auquel fait allusion la lettre précédemment citée. Tel est aussi l'usage au temps d'Ilincmar dont l'élévation a été confirmée par Léon IV « et usu pallii et privilegio sedis apostoliccE » {Ilincmari epist., fi, Migne, t. CXXM, col. 53). A la vérité un faussaire qui utiliserait le recueil des lettres de Boniface et qui serait Hincmar lui-même, pourrait sur ces données imaginer l'existence d'un privilège envoyé déjà à Tilpin avec le pallium ; mais quel besoin le faussaire aurait-il de supposer un privilège antérieur, puisqu'il en fabrique un autre de toutes pièces où nulle part il ne se réfère aux dispositions du premier.