IV. BANALITES
1. Ii y avait des serfs de corps et des serfs de ineubles et héritages.
L° Serfs de corps : — Ceux sur le corps desquels la taille s'imposait , s'était ln pire de toutes les conditions.
2° Serfs de ,.: bles et hérituges : — Leurs biens appartenaient au seigneur en cas de mortaille.
Ces censitaires, ces tenanciers qui furent serfs vont rompre
la terre ; ils deviennent rofuriers (rupluarit). Ils vont multiplier villes et villages ; ils deviennent viluins (villa) maison des champs,
Le vilain se trouvait vis-à-vis de son seigneur, dans une dépendance voisine du servage : mais à l'égard de tout autre, il exerçait les droits civils et pouvait plaider contre un homme libre.
Roturiers et vilains conservent l'empreinte originelle, Ils sont de hausse et vile condition ; ainsi de leurs terres, S'il faut accepter le témoignage de Beaumanoir, les serfs trainaient une misérable existence au temps de la féodalité. Voici ce qu'il en dit: “ Li uns des serfs sunt si souget à lor seigneurs que leur sires pot pense quunqu'il ont, à mort et à vie, et lor corps tenir en prison toutes Les fois qu'il lor plest, soit à tort, soit à droit, qu'il n'en est tenu à respondre fors à Dieu.”
1 Ch. XLV, n°37, t. 2,f, 233,
C'est l'Église qui au moyen âge émancipa les serfs ; c’est elle qui par son influence civilisatrice, les convertit à la foi: c'est elle qui améliora leur sort et qui leur fit ouvrir de vastes domaines où désormais l’agriculture prospéra,.
Le vilain différait du serf sous plus d’un rapport. Il pouvait, par exemple, disposer de sa tenure à condition de payer certains droits. Il transmettait ses biens à ses héritiers, et n'était pas taillable à merci, mais seulement dans le cas où le vassal aurait dû les aides.
Il y eut aussi des Lospites, hommes libres de la condition la plus inférieure, concessionnaires à titre de jouissance ordinairement précaire, d’une habitation et d’un terrain, moyennant des redevances fixes et non arbitraires.
2. Nous avons énuméré dans un chapitre précédent quelquelques uns des droits seigneuriaux les plus fréquents sous la féodalité. Il est impossible de les énumérer tous, attendu qu'ils variaient presque dans chaque seigneurie, mais si nous recherchons l’origine commune de ces droits nous trouvons que la plupart remontaient à des usages et à des coutumes de dates fort anciennes: de là leur nom : Consuetudines. Le plus souvent, ils étaient constitués sur les habitants des villes et des campagnes en retour de la concession de partie du sol. Quelquefois ils étaient imposés arbitrairement et comme la force primait souvent le droit, ces redevances étaient légalisées. Les seigneurs s’attribuërent aussi le droit de lever des impôts sous forme de dons plus ou moins volontaires,
Les tonlieux (péages sur les ponts et rivières) qui étaient connus des Roinains furent de bonne heure revendiqués sous la féodalité. Les rois eux-mêmes concédaient le tonlieu à leurs vassaux.
Les tenanciers ne pouvant résister à ces abus, à raison de leur faiblesse, laissaient s'implanter ces coutumes, Quelquefois l'Eglise intervenait et menaçait de l’excommunication les seigneurs trop avides. L'Eglise, nous ne saurions trop le répéter, a été, au moyen âge, la grande protectrice des roturiers et des serfs contre les seigneurs.
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Les redevances et charges de la période féodale étaient de natures diverses. Nonseulement ceux qui exploitaient un domaine étaient taillés, mais ceux aussi qui le traversaient ; droits de tonlieu, de guet, de passage, de sauvegarde, autant de péages nombreux sur les voyageurs, pélerins et marchands.
Il y avait des droits fonci®rs, — ceux qui représentaient les revenus du sol: et des droits féodaux, — ceux qui étaient la reconnaissance du droit supérieur du concédant.
8. Parmi les charges les plus communes de la féodalité, il faut mentionner les tailles, les corvées et les banalités,
Il y avait la taille réelle et la taille personnelle. La taille réelle était essentiellement de nature féolade: on l’appelait : La tuille œux quatre eus, parcequ'elle était dûe dans quatre circonstances : L' rachat du seigneur captif; 2 si le seigneur était fait chevalier; 3 s'il mariait sa fille; 4° sil avait acheté des rentes où un domaine,
On appelait encore ces aides doublage, parcequ’elles étaient
presque toujours fixées au double des devoirs ordinaires, c'est-
à-dire des redevances annuelles que devait en tout temps le vassal.
La taille personnelle était une véritable marque de servitude. Elle pesait sur tous, sauf exception au profit des nobles. Dans les villes, on était taillé au dixième de sa fortune, et l'époque de la perception variait suivant les localités. Quelques-unes de ces tailles se percevaient seulement au décès des serfs, de là leur nom : mortuille.
Les corvées étaient, elles aussi, ou personnelles ou réelles. La rèvle des tailles s'appliquait ici. L'objet de ces corvées variait à l'infini: faucher les foins, couper les blés, faire la vendange, curer les douves et les fossés du chateau, travailler aux réparations du manoir, aux chemins, aux routes, aux ponts. A cet etfet, on fournissait des journées de corps ou de bras ou de chevaux, ânes, bœufs, charrues, charrois.
Les bourgeois n'étaient pas astreints à ces corvées, mais ils étaient appelés à faire le guet et la garde du chateau.
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