‹ Les Origines du GalvanismeChapitre 23 sur 41 · LS EN * CR PCR TAN · texte numérisé non relu

LS EN * CR PCR TAN

ait Wie A 4, FR : Gu C

MPa.

dans un ctal électrique où inagndiique permanent»,

“lpstitut national s'intéressa également aux 6hbservations de Galvaniet nomma une commission qui avait pour mission d'étudier ces faits nouveaux. C'est Hallé (&) qui présenta le rapport des travaux de la commission.

En Allemagne, Humboldt fut l’un des premiers à répéter les constatations de Galvani, il fit du reste dans la suite des études importantes sur le galva: nisme ; j'en parlerai longuement plus loin.

Larrey, en 1793, ayant:cu l’occasion d’amputer la cuisse d’un soldat dont la: jambe avait été écrasée par une roue de voiture, put le premier répèter sur des musctes humains l'expérience de Galvani, il relate cette intéressante observation dans une lettre qui parut dans le Journal de physique (t. XLIE, p. 46).

Là s’arrête la-liste de ceux qui publièrent ou firent des communications pour confirmer les premiers faits observés par Galvani. La production d'une contraction dans un muscle lorsqu'on le touche avec un arc métallique fut universellement admise

sans contestation. Mais lorsque les physiologistes

a. Hallé (Jean-Morel), né à Paris le 6 janvier 1754, docteur en médecine de la Faculté de: Paris en 1778 fit partie, même avant cette date, de la Société royale de médecine. En 1794,il fut nommé professeur de physique médicale et d'hygiène publique. Puis, quand,-après la ‘fermeture:de toutes les- aeadénries -et de la Société royale de médecine eut lieu la formation de notre Institut national, il fut appelé dans cette compagnie. En dehors dé son rapport à l’Institut sur le galvanisme, il fit sur le sujet qui nous intéresse l’article « Électricité» du Dictionnaire des sciences médicales. Hallé mourut à Paris le 11 février 1822.

cherchèrent à préciser les conditions et les causes de la contraction musculaire, il se produisit des divergences considérables dans la façon d'interpréter les faits et surtout dans les hypothèses que ces faits permettaient de soutenir. La discussion porla même quelquefois sur les constatations elles-mêmes el ce désaccord qui,au premier abord peut paraître inexplicable, se justifie très bien à la lecture des récits qui furent faits sur les premières expériences galvaniques.

Si certains expérimentateurs, en effet, doivent, comme Galvani, être admirés pour leur ingénieuse sagacilé et leurscrupuleuse conscience, d'autres nous étonnent au contraire par l'invraisemblance des constatations qu'ils prétendent avoir faites ; lun de ceuxci par exemple, raconte qu'il observa des phénomènes d'attraction produits par le passage du courant galvanique dans l'arc métallique sur lequel il expérimentait. Il vit notamment, dit-il, « des poussières et des « petits morceaux de papier qui se trouvaient dans le « voisinage allirés au contact des parties qui copsli- «tuaient l'arc». Un autre, répétant l'expérience de Cottugno sur des rats et des souris, fait des récils de ses travaux qui, comme le précédent, ne pouvaient que mettre le trouble dans l'esprit des savants de celte époque qui s'occupèrent du galvanisme,

> Le rôle du système nerveux dans les contractions musculaires.— Ce rôle était nettement établi depuis longtemps, en ce sens que l'on savait

très bien, d'abord, que la présence d’un nerf dans

bn

un muscle élait nécessaire pour que l’on puisse obtenir une contraction enirritant ce muscle; ensuile, que lorsqu'on irritait un nerf par les moyens physiques et chimiques, alors connus, les contractions artificielles que cette irritation provoquait étaient localisées aux muscles dans lesquels se distribuaient les branches du nerfirrité.

Haller, dans un ouvrage paru en 1555 (36), nous renseigne à ce sujet. Cet ouvrage est un remarquable traité de physiologie dans lequel l’auteur, après avoir établi dans une première partie par de nombreuses expériences très minulieusement exposées « que les parties sensibles du corps sont celles qui reçoivent des nerfs et les nerfs eux-mêmes », et que « seuls les nerfs sont sensibles par eux-mêmes », étudie dans une seconde partie l’irritabilité animale « si différente de la sensibilité ». Le rôle des nerfs est ainsi défini par Haller dans cette seconde partie : «Si, dit-il, on « irrite un nerf, le muscle anquel ilse distribue entre « sur-le-champ en convulsion. Je n’ai jamais vu « manquer cette expérience et j'ai souvent fait entrer « en convulsions par ce moyen le diaphragme et les « muscles de l'abdomen dans un rat et les jambes de « devant ou de derrière dans une grenouille. L’on « peut voir les expériences concordantes de Swam- « merdam et en les faisant j'ai trouvé comme « M. Œder que l’irritation d'un nerf ne communique « de mouvement qu'aux muscles-auxquels le nerf « va se rendre et qu'elle n’ébranle point ceux qui

« tirent dans leurs nerfs d’ailleurs. »

Swammerdam, en-effet, avait déjà énoncé celle loi en partie dansson Piblia Naturæen 1737, aprèsavoir observéles contractions museulairesartificielles dans les conditions que j'ai rapportées précédemment.

La Loute premièredécouverte de Galvani avait naiucellement attiré son attention sur le rôle primordial que jouaient les nerfs dans la production des contractions observées. C’est en effet en touchant un nerf avec un scalpel qu’un élève de Galvani avait provoqué l'étonnante contraction. Aussi l’une des premières conditions que Galvaui fit varier dans les expériences qui suivirent, ce fut la position du scalpel ou du conducteur qui le remplaçait. Au lieu de le poser sur un nerfil eut l'idée de le poser sur un muscle, mais « de quelque façon qu'on cherchät à exciter les mouvements,ils n'avaient pas lieu lorsqué le condueteurdes nerfs. manquait», dit Alibert dans son Éloge (30).

La démonstration parut suffisamment probante à Galvani.Il avait d’ailleurs d'autres préoccupations et.ses premières recherches furent faites uniquement pour découvrir le véritable siège del’électricité dont il supposait l'existence dans le corps animal. Il voulait savoir et constata en effet que les coutraclions élaient plus fortes lorsque Fare allait d’un nerf à unmuscle que d’un muscle à un autre musele.

Il pensait, à la suite.de ses premièresexpémences, que l'électricité animale provoquait:les contractions observées «en passant des nerfs aux muscles, grâce

& à l'arc métallique quiles réunissait, en vertu d’une

La the) out, HR ETS d

CEROART

FX

€ loi analogue à celle quessuit l'électricité artificielle C:dans'la bouteille de Leyde » (30). De ses observaüons'il crut pouvoir:contlure que deux: sortes d’électricité se trouvaient dans l'animal, que l'une résidait dans les muscles et l'autre dans:les nerfs: celle des nerfs ‘était posilive ét celle desmuseles-négative.

Cependant, après avoir fait de nombreux travaux

pour justifier cette ‘théorie, il'chercha à savoir si les

contractions restaient localisées au’territoire du nerf avec'lequel l’arcremployése trouvait enontact eton lit à ce sujet dans le Journal de ‘Physique de 1792 (3):

« Galvani a aussicherché si Pélectricité se propage (

du nerf par tout le système nerveux ou bien est « concentrée dans le nérf sur lequel on fait l’expé-

LS

rience. Pour cet objét il prépara l'animal de « façon que les membres des deux parties corres- « pondaient chacune à leurs nerfs : ilarma une par- « tie séparée de l'extrémité ét y appliqua l'arc con- « ducteur : ‘il n’y eut que la jambe correspondante « au nerf armé qui donna du mouvement; au con- « traire, ayant réuni ensemble les parties qui étaient « séparées et armées en présentant à l’armature l’arc « conducteur, les deux jambes se contraclèrent. » ‘La nécessité de la présence d’un nerf fut plus nettement établie par l'expérience suivante de Valli que l’auteur raconte lui-même dans le Journal de Physique en ces termes (38) :

« J'avais une grenouille dont le nerf crural gauche

« etl'extrémitéducorpscorrespondantenedonnaient

« aucun signe de sentiment. En en recherchant la « cause je vis que les filets nerveux en étaient sépa- « rés, je les réunis et les armai au point de réunion. «Le conducteur excita un tremblement dans la :« jambe. Je coupai alors le nerf du membre opposé. « J'en ramassai les filets que j'en éloignai et touchai « plusieurs fois avec le conducteur sans exciter de « sentiment ni de tremblement. »

Enfin, Humboldt, à la même époque, faisait remarquer que lapplication d'un arc métallique sur un nerf provoquait des contractions mustulaires qui

répondaient exactement aux lois énoncées par Hailé.

3° Les contractions musculaires par excitation médiate. — Galvani fit toutes ses expériences sur des grenouilles ou des animaux écorchés, dont les muscles et les nerfs étaient directement en contact avec l’are métallique. L’excitation médiate des nerfs à travers les téguments fut tentée pour la première fois, à ma connaissance, par Valli à Pise en septembre 1792 (a). Valli étudiait le rôle que pouvait jouer la nature des différents métaux employés pour former l’are excitateur, ou plutôt, comme il le dit luiinême, « l’arc capable de maîtriser le fluide électrique de l’animal et de le faire circuler ». Ce faisant, il eut l’idée nouvelle de tenter si l’on pourrait arriver au même but «sans dépouiller les chairs de leurs tégu-

a. Troisième lettre de Valli. Journal de Physique, t. XLI.

ET ee

ments ». À cet effet, dit-il, « je plaçai une monnaie

d'argent tantôt dessous la cuisse, tantôt dessous le bassin de la grenouille. Faisant ensuite glisser les ciseaux (a) sur la cuisse ou sur le ventre, j'allai toucher l’armature, c’est-à-dire, la pièce d'argent, et dans l’instant les parties musculaires se contractèrent ». Mais ce sont les minutieuses expériences de

Humboldi sur le galvanisme qui devaient mettre au

point celte importante loi d'électro-physiologie. Hum-

boldt écrivait, en effet,en 1599 : &I est certain qu’une

partie musculaire se contracte lorsqu'un des métaux faisant partie du conducteur est approché du nerf disséqué ou seulement d’un point de l'épiderme qui recouvre immédiatement un nerf,ce qui met à même de suivre avec la pince, sans même lever les. téguments, un ironc nerveux principal dans une grenouille, » Il avait même soin d’ajouter: « Si après avoir posé une plaque de zinc sur les muscles du ventre d’une grenouille, j'établis une communication avec de l'or ou de Pargent entre cette plaque et l'endroit où je présume que répond le trajet du nerf crural, la cuisse est irritée ; mais cette expérience ne réussit jamais sur le lézard, parce que les petites ramifications nerveuses sont revêtues, dans cet animal, d'une peau sèche, épaisse et écailleuse. Je crois pouvoir conclure de ces diverses considérations que ce que

l'on a regardé comme de simples armatures

a. Dénomination donnée aux métaux assemblés pour faire un

arc galvanique,

Page 1