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moment où l’on touchait ses nerfs cruraux. Ce n'était pas là un fait galvanique. Cependant, Galvani,préoccupé par son idée d’une électricité animale, l’interpréta dans un sens particulier et en conclut qu’il était une démonstration de l'existence de cette électricité animale : il cherchait à ce moment-là, comme tous ses contemporains, l’applications des contractions musculaires naturelles ou artificielles.
Quand il fit sa découverte du palais Zambeccari, il avait adopté, dit Alibert (30), depuis plusieurs années, l’idée d’un fluide électrico-animal. Il partageait celte idée avec le physicien Vassali, et il pensait que la nature a donné aux animaux des forces électriques recélées dans certains organes d’où elles se répandent dans chaque partie du corps pour en assurer le fonctionnement. Il assimila alors sa grenouille à une bouteille de Leyde et,en appliquant ses armatures, il croyait provoquer la décharge des réservoirs dans lesquels se trouvait emmaganisée l'électricité. |
Un grand nombre d'auteurs admirent purement et simplement cette hypothèse sur la cause des contractions. Valli par exemple, parlant de ces réservoirs d'électricité, écrit, en 1792 (38), dans le Journal de physique :
« Comment se produit cette rupture d'équilibre « électrique qui provoque les contractions? Peut- « être est-ce par le moyen des nerfs. Le nerf peut être & pompe, sans cesse la matière électrique de la sur- « face intérieure du muscle. Cette surface intérieure
H. Chaufour 6
LL Vins
« dans cette hypothèse se trouve dépouillée d'une « partie de son électricité tandis que la surface exté- « rieure se trouve toujours dans le même état. Pour « établir cette hypothèse j'ai imaginé quelques expé- « riences et je me base sur ce fait que M. Blanc rap- « porte dans son beau discours sur le mouvement « musculaire, à savoir : que les pêcheurs, pour con- « server plus longtemps les poissons, ont la coutume « de leur écraser la tête. Comme les nerfs versent « dans le cerveau, comme dans un réservoir, le fluide « que nousdirons à présent électrique : une fois que « cet organe est détruit, il ne reçoit plus d'électricité « el par conséquent les muscles ne sont pas dépouil- « lés de ce principe qu'on peut appeler principe de € vie. »
D'autres hypothèses et des études plus approfondies ne devaient être faites que plus tard.
La nature de ce que nous appelons aujourd'hui le courant galvanique. — Sulzer en 1767 expliquait les sensations produites sur la langue par des vibrations nerveuses dues à une Qinfinité d’impulsions de la matière » quise succèdent avec une grande rapidité et proviennent des métaux mis en contact à cet effet.
Quand Galvani poursuivant ses recherches sur l'électricité animale arriva à produire des contractions musculaires sans le secours de la machine électrique mais simplement par le contact de deux métaux hétérogènes ; ce fait « galvanique » lui parut
ne consister que dans les mouvements de l’animal, I n’y avait que cela d’apparent et il ne crut pas qu'il se passait quelque chose dans les deux métaux qu'on appela par la suite les armatures: tout fut rapporté à l'animal. Il fut à la fois le sujet et la cause productrice du phénomène. Les armatures ne furent considérées que comme des conducteurs qui mettaient en circulation un fluide propre à l’animal en faisant communiquer ses nerfs avec ses muscles. Et c’est ainsi que les phénomènes galvaniques attribués, daps l'origine, à l’organisation animale restèrent longtem}s concentrés dans le domaine de la physiologie. Pendant plusieurs années, les savants qui s’en occupaient, tournant sans cesse autour du premier fait aperçu sans pouvoir le perdre de vue, ne firent qu'épuiser toutes les manières de produire les sensations dans les animaux vivants et des contractions musculaires dans les animaux morts au moyen d’armatures différentes ou différemment disposées : Fabroni, répétant après la publication des découvertes de Galvani, les expériences de Sulzer, écrit dans un mémoire sur l’irritation métallique (179)) (63) que les effets observés ne dépendent que d'une opération chimique. Les métaux doivent, selon lui, exercer l’un sur l’autre une action réciproque qui diminue leur force d’agrégation respective. Ils acquièrent ainsi des pouvoirs nouveaux par leur simple attouchement mécanique, et c’est là qu’il faudrait chercher la cause des phénomènes observés.
Cette idée était originale et même paradoxale pour
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l'époque.Car Humboldf, en 1799, traduisait l'opinion généralement admise en disant que les effets galvaniques devaient être attribués à un fluide propre aux animaux vivants. Humboldt émettait, il est vrai, une hypothèse particulière et personnelle sur la nature de ce fluide : il lui supposait de l’analogie avec le magnétisme et admettait que c'élait sa mise en mouvement à l’occasion du contact de certains corps qui pouvait irriter les organes de manière à exciler des sensations ou des contractions musculaires ou des changements dans les sécrétions. Îl discutait l’hypothèse de Galvani et considérait « l'expression d'électricilé animale comme hasardée ».
Venturi et Hallé (61) tirant des conclusions des expériences qu'ils firent sur le galvanisme écrivaient aussi : « La cause du galvanisme paraît résider dans « les corps des animaux vivants et n'est que déter « minée à agir par les corps extérieurs. C'est done « de l'observation des phénomènes, que les animaux « présentent, que l’on doit attendre le plus d'eclair- « cissements sur cel objet qui est encore environné « d'une grande obscurité », et ils croyaient à l’existence de trois fluides distincts : le fluide électrique, le fluide magnétique puis le fluide galvanique, € par- « ticulier aux corps vivants et sécerné dans Îles € organes ».
Ces diverses hypothèses nous expliquent la per: plexité dans laquelle on se trouvait avant 1500 au sujet du galvanisme, et l’on comprend que Tourlet
ait écrit: «€ La théorie du galvanisme est tellement