ER TS
quèrent des « mouvements convulsifs » qui l’'étonnèrent beaucoup. (Nous observâmes, dit-il, des mouve- « ments convulsifs et très pressés dans le muscle dont «on tirait les étincelles et le poignet ou carpe et les « doigts étaient diversement agités ; ainsi, ce poignet «et ces doigts privés de tont mouvement volontaire « se mouvaient à mon gré selon le muscle auquel Je « présentais le doigt. Ce phénomène méritait sans « doute le plus sérieux examen.» Ainsi,en faisant des applications électriques dans un but thérapeutique, il fit la première distinction entre les contractions volontaires et les contractions électriquement provoquées et remarqua très nettement que ces dernières
pouvaient subsister alors que les premières sont abolies. C'était un premier acheminement vers l’emploi des excitations électriques comme moyen de diagnostic.
Jallabert se mit à la place du malade, se fit électriser @ par un de ses amis, médecin », Guiot, et constata sur lui les mêmes mouvements que sur Noguëès, avec cette différence qu'il sentait la piqûre des étincelles tandis que le malade ne la sentait pas. A la suite de cette expérience, Jallabert décida de soumettre son malade à un trailement qui consistait à tirer de grosses étincelles de l’avant-bras et de la main paralysés avec une barre de fer terminée par une espèce de tête ronde (a). Après cinq jours de
a, Cest la première mention nette d'un excitateur que j'aie trouvée.
traitement il crut constater « un retour à la sensibilité et une diminution de la maigreur. Ce premier succès l’engagea à poursuivre le traitement et il continua à tirer chaque jour des étincelles de chacun des muscles de l’avant-bras ». C’est alors qu’en provoquant les contractions il chercha à étudier l’action des différents muscles et il fait remarquer dans le Journal où il relate ses expériences, que l'électricité pourrait être aussi d’un grand secours dans l’étude de la myologie. « Cette méthode d’agir sur les muscles, dit-il, m'a paru propre à donner une idée générale de la myologie. En même temps qu’on indique un muscle, ses oscillations en montrent à l'œil l’usage par l'agitation de la partie solide à laquelle il est attaché. Je ne sais même si, dans quelques cas, ces expériences ne seraient point plus sûres que celles qu’on fait en tirant les muscles disséqués d’un cadavre ».
Au bout de trois mois de traitement Jallabert crut devoir suspendre son traitement électrique ; le malade pouvait travailler ; il était même capable de « frapper des coups avec un marteau du poids de trois livres et demie », et Jallabert espérait que l'exercice sufñrait à faire reprendre au bras son complet état normal et son parfait fonctionnement.
Cette très intéressante observation est suivie de quelques indications sur les différentes manières de produire les étincelles, et pour terminer l’auteur expose ses hypothèses sur les causes des contractions électriquement provoquées et explique les rai-
Re Ms:
sons pour lesquelles l'électricité doit, à son awis,êlre employée dans le traitement des paralysies et des atrophies musculaires.
Celte tentative heureuse est la première de ee . genre qui ait été publiée, aussi peut-on considérer Jallabert eomme le créateur de l'électricité médicale. A sasuite,d'auitres tentatives analogues furenl faites et rapidement l’on essaya le traitement électrique par la machine statique dans une foule de maladies. Il y eut même un engouement exagéré pour la «divine et toule-puissante vertu de l’éleetricité », comme disait l’abbé Bertholon en parlant de cette nouvelle thérapeutique (12).
Un certain nombre de publications plus ea moins imporlantes furent faites immédiatement sur ce sujet : de Haen (13), Deshais (14), Abrabam Wilkinson (15), l'abbé Sans (15), entre aatres, rapportèrent de nombreux cas d'hémiplégies, de paralysies diverses, de chorées, de névralgies et même d’engelures (Majars de Cazelles) (18) guéris par les ‘étincelles et les bains statiques. Nollet (19), Mauduyt (20} firent aussi plusieurs mémoires sur l'électricité et ses applications à la médecine. Mais je erois devoir faire une mention spéciale des travaux de Sauvages de Montpellier (28). Dans une étude sur le traitement des paralysies par les élincelles de statiques et sur. les contractions musculaires électriquement provoquées, il sut distinguer les paralysies qu'il appelle €rhumalismales » et pour lesquelles « l'électricité est utile » et les paralysies « suites de plaies » pour:
PPT
de
PPEREANY
Le Vi Le à) |) -
Ne roue ver
Lt
+ ds
ci ba ps ds Li vi) de | 47
lesquelle l'électricité est tout à fait inutile. Ces dernières élaient certainement des paralysies dues à des sections nerveuses ; cette distinélion est de la plus haute importance.et l'on ne saurait trop admirer ta sagacité de Sauvages en la circonstance.
Tandis que l'électricité par frottement de la machine statique donnait lieu, en France surtout, à tous ces. travaux, vers la même époque,en 1546, à Leyde, un physicien hollandais, Musschenbroek,-et ses élèves Allaman et Cunéus, se livrant à des expériences. analogues d'électricité, découvrirent le fait singulier de la « commotion électrique » si connu sous Je nom d'expérience de Leyde, qui conduisit Franklin à.la connaissance de la nature du tonnerre ei aux moyens de s’en préserver ou d'en limiter les effets.
Les.trois savants hollandais ayant remarqué que le fluide électrique.abandonne rapidement un simple conducteur, cherchaient.s'il ne :serail pas possible de le conserver sur un conducteur enfermé dans un vase isolant. Ils remplirent d'eau une bouteille dans laquelle plongeait une tigemmétallique dont était traversé le bouchon de la bouteïlle. Cette tige, en forme de crochet, fut suspendue au conducteur d’une machine électrique afin d'amener le fluide dans l’eau de la bouteille où l’on cherchait à le conserver.
Mais, en voulant séparer la bouteille du conducteur, Musschenbroek qui la tenait d’une main, approcha l’autre main de la tige et reçut dans les bras et la poitrine une violente commotion. Cette
IS
découverte produisit une sensation générale et tandis que Musschenbroek se refusait à recommencer l’expérience à cause du terrible souvenir qu’il en avait gardé, de toutes parts on s’empressait de la répéter. Bientôt il n’y eut personne qui ne voulût «se faire électriser ». C'était l'expression dont on se servait alors; elle s'est perpétuée jusqu’à nos jours. Smeaton, en Angleterre, découvrit que la bouteille étant recouverte d’une feuille d’étain donnait des commotions plus fortes et peu de temps après l’abbé Nollet imagina de remplacer l’eau par des feuilles de clinquant. Dès lors, fut construite la bouteille de Leyde telle que nous l’employons encore. Franklin (a) l'inventeur du carré fulminant, sorte de condensateur simple, démontra un peu plus tard que la bouteille de Leyde estun véritable condensateur dont l’armature externe, c'est-à-dire la feuille d’étain, représente l’un des disques, tandis que l’armature interne, c'est-à-dire les feuilles de clinquant, représente l’autre.
a. Franklin, né à Boston en 1706, mort à Philadelphie le 25 avril 1790. Les expériences de Franklin sur l'électricité sont consiguées ainsi que les découvertes qui en furent la suite dans une série de lettres adressées par Franklin à Collinson membre de la Société royale de Londres. La première est de 1747.