Les origines du Musée d'Ethnographie. Histoire et documents
A M. Xavier Charmes, membre de l'Institut, directeur du Secrétariat et de la Comptabilité au Ministère de l'Instruction publique.
Mon cher Directeur,
En. me faisant connaître le rôle très important qne, pour la première fois, le Musée d^ Ethnographie du Trocadéro allait jouer dans une de nos Expositions îmiverselles\ vous vouliez bienine demander un rapport résumant tout ce qui concerne les origines de cet établissement sous la Convention.
C'était un chapitre que vous vouliez ajouter à l'enquête générale sur rétat de la France à la fin du siècle dernier, enquête que vous commenciez à préparer, et dont quelques pages seulement ont été juscjiià présent mises au jour.
Je n'ai point tardé à m' apercevoir , en poursuivant les recher^
\) Le Musée devait exposer, dans la grande salle du Palais des Arts libéraux, les pièces les plus importantes venant des voyageurs du Ministère de l'Instruction publique depuis la dernière Exposition, c'est-à-dire, depuis sa fondation. Ce programme, si vaste qu'il fût, a été complètement rempli. Quatorze grandes vitrines droites, deux grandes vitrines horizontales et plusieurs tables ont reçu les meilleures collections de MM. Bonvalot et Capus, Brau de Saint- PolLias, Coudreau, Chaffanjon, Crevaux, E. de la Croix, E.-T. Hamy, Huber, Labone, Michaud, Rabot, Savorgnan de Brazza, Tholon, Varat, Verneau, etc. Les écrits de la plupart de ces envoyés figuraient à côté de leurs objets, ainsi que des itinéraires résumant leurs voyages.
chcs dunl fêtais ainsi chaïujr^ ////6', bien avant les premiers essais (l'André Barthélémy , (jui groupait en l'an III, au Muséum des Antiques, les plus anciens objets que nousaijons conservés, des tentatives plus ou moins sérieuses avaient été faites, des cabine lsjo/z<s ou moins importants avaient été officiellement organisés à Paris.
D'autre part, la réunion dune petite collection ethnographique au Muséum des Antiques n^avait point immédiatement abouti à doter la France d'un musée spécial, et Ion avait tâtonné pendant de longues années avant de parvenir à la création définitive à laquelle vous avez attaché votre nom.
J'avais donc, pour compléter l'étude historique dont vous niaviez entretenu, à faire connaître tout d'abord les institutions de l'ancienne monarchie devenues le point de départ des nôtres. Je devais exposer ensuite l'œuvre d' André Barthélémy , montrer enfin par quelle suite de contrariétés de toute sorte, les projets adoptés par P administration dès 1831 n'ont pu aboutir qu' après un peu moins d'un demi-siècle .
Le court rapport, présenté à l'Exposition tmiverselle, est peu à peu devenu tm volume, et je ne crois pas pouvoir mieux faire, en ï imprimant, que d'inscrire à la première page le nom de celui qui en fut l inspirateur .
Vous y trouverez notamment, avec les documents à ï appui tirés de nos archives., le récit détaillé des entreprises de Jomard, qui, pendant quarante-cinq années de sa longue carrière administrative^ a vainement poursuivi la réalisation d'unprojet de Musée malco?im., mal présenté et qui ne pouvait point réussir. J'ai aussi recueilli les documents relatifs à un autre précurseur ^ le voyageur Lamare- Picquot, dont le retour en France a donné le signal de manifestations tout à fait remarquables en faveur de ï ethnographie. Les savants les plus illustres, Cuvier, Abel Béînusat, Burnoïif, Siebold, etc., ont successivement insisté sur l'importance des études ethnographiques pour les naturalistes et pour les historiens: j'ai rassemblé avec un soin tout particulier ces précieux témoignages. Enfin, j'ai dojiné dans mon recueil une large place atix travaux des commissions ministérielles, et en particulier des deux dernières, auxquelles vous avez pris une si grande part.
DU MUSEE D ETUNOGUAPllIE ô
Grâce au bon vouloir des représentants du pays, çjrâce an concours d'un Ministre éclairé, grâce surtout à votre activité et à votre dévouement, mon cher Directeur, nos projets ont abouti et le modeste dépôt de 1795 est devenu en quelques années un établissejnenl scientifique dune véritable importance . J'en décrirai plus tard les développements, depuis 1880, dans un autre volume, dont mes rapports annuels fourniront la base, lime suffit pour le moment d'en avoir ^ aussi complètement que possible, tracé les origines.
Veuillez agréer, mon cher Directeur, l'expression de mes sentiments les plus empressés.
E.-T. Hamy.