‹ Les origines du Musée d'Ethnographie. Histoire et documents (volume 2)Chapitre 4 sur 99 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le Muséum des Antiquités à la Bibliothèque nationale. — Ethnographie et archéologie. — Le cabinet du Stathouder envoyé par Thouin. — Confiscations chez les émigrés. — Le cabinet Bertin. — Anciennes coUectionB du Jardin du Roi. — Collection Gauthier. — Barthélémy de Oourçay et sa classification.

« Au-dessus du Cabinet des médailles, dit un rapport de Yillar de la Mayenne, au Comité d'Instruction publique, en date du 10 frimaire (30 novembre 1794), est un grand grenier rempli de petites idoles, de vases, de bustes, de lampes et autres intéressants débris de l'antiquité, en terre, en marbre, en bronze.

« Cette collection est perdue pour l'instruction et la curiosité.

« Comment introduire le public dans un lieu aussi indécent, où aucun objet n'est garanti des atteintes de la maladresse et de Finfidélité? » Et l'auteur du rapport ajoute qu'<( un autre dépôt d'Antiques d'un poids et d'un volume plus considérables est placé par terre dans une petite salle humide et obscure au rez-dechaussée ».

Inscriptions, autels, trépieds, urnes, figures divines, etc., l'ancien Cabinet et les objets qui étaient venus récemment s'y joindre, tout était entassé à la base et au sommet du vieux bâtiment de l'arcade Colbertetl'on se demandait ce qu'il en fallait faire, dans l'intérêt de la science et du pays.

« Depuis longtemps et surtout depuis la Révolution, dit toujours notre rapporteur de l'an III, les sciences et les arts sollicitent pour ce précieux dépôt un emplacement convenable, un établissement particulier sous le titre de Muséum d'Antiquités. Ce vœu est plus fortement exprimé aujourd'hui que la République est propriétaire d'un nombre considérable d'autres antiquités, médailles et pierres gravées. Il y en a aux ci-devant Petits-

Augustins*, à la Bibliothèque de Sainte-Geneviève ^ au gardemeuble, au Muséum du Louvre', aux ci-devant Cordeliers, dans les maisons de Nesle, de Nantouillet et autres maisons devenus dépôts prov isoùes * . »

Et il ajoute que F« on n'aura heureusement que l'embarras du choix pour déterminer celle des maisons nationales qui pourrait être convertie en Muséum des Antiquités'^ w

L'embarras était si réel qu'on ne sut pas choisir entre tant de locaux rendus disponibles par la loi sur les émigrés. Un projet de décret fut bien rédigé « pour transporter et réunir dans le Muséum ainsi fondé tous les monumens de l'antiquité déclarés propriétés nationales et susceptibles de transport, qui sont sous la sur-

1) Le « musée des monumens français » de Lenoir, alors en formation, a été ouvert au public le 15 fructidor an III (i" septembre 1795).

2) A la suite d'une tentative de vol chez Mongès, garde du Cabinet des médailles de Sainte-Geneviève, le département de Paris avait ordonné, le 7 mai 1793, que le médaillier de la ci-devant abbaye fut porté à la Bibliothèque nationale et nommé à cet effet le citoyen Jacques-Louis Vachard, administrateur du département, qui avait effectué ce transport le 13 du même mois. Mais les autres objets étaient restés dans l'ancien local et ne furent remis à Barthélémy le jeune, que le 9 ventôse an V (27 février 1797). Le bibliothécaire et garde du Cabinet des antiques et d'histoire naturelle, Viallon, n'envoya qu'un petit nombre d'objets ethnographiques de l'abbaye, et je ne trouve à mentionner dans son inventaire, au point de vue spécial où je suis ici placé, qu'une « petite tête d'africain en marbre noir » déposée dans la 6e armoire du côté du jardin, et une momie entière « grande comme nature » déposée, avec les jambes et les pieds d'une momie d'enfant, dans !a 1"''^ armoire du même côté, au fond de la salle. (Bibl. nat., Archiv. du cabinet des médailles. iVIs.)

3) Le Muséum central des Arts, ouvert le 8 novembre 1793.

4) On trouve le « tableau des collections et dépôts à inventorier par la Commission des Arts », en tète des Instructions sur la manière d'inventorier et de conserver, dans toute Vétendue de la République, tous les objets qui puissent servir aux arts, aux sciences et d l'enseignement. Ces instructions adoptées par le Comité d'instruction publique de la Convention, étaient rédigées par Dom Poirier, et forment une brochure iri-4° de 88 pages, imprimée sans doute à l'Imprimerie nationale et aujourd'hui devenue très rare. C'est un document des plus intéressants et des plus remarquables.

5) « Le faux bourg Germaia seul eo contient plus de vingt, » parmi lesquelles le rapporteur distingue plus particulièrement la maison de Salm, rue de Lille, aujourd'hui la grande chancellerie de la Légion-d'Honneur et le Petit-Luxembourg, alors occupé par la Commission d'instruction publique et devenu l'habitation du président du Sénat,

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veillance de la Commission temporaire des arls ». Mais ce projet, où l'on n'abordait aucune des questions pratiques que soulève nécessairement la création d'un établissement de ce genre, ne fut l'objet d'aucune décision officielle, et les pièces d'archéologie et d'ethnographie, sur lesquelles on comptait pour remplir le nouveau Muséum, s'accumulèrent provisoirement dans les locaux de plus en plus encombrés de l'ancien Cabinet des médailles et de ses dépendances.

Barthélémy le jeune, que l'on distingue quelquefois de l'ancien, sous le nom de Barthélémy d() Courçay*, avait été chargé, avecMillin, le 4 brumaire an IV, delà conservation des médailles, des antiques et des pierres gravées de la bibliothèque, réorganisée sur des bases nouvelles par décret du 25 vendémiaire précédent (17 octobre 1795). Il était loin de partager les idées de Van Praet et de plusieurs de ses collègues sur la nécessité de restreindre l'étendue du dépôt que lui était confié ^ et il reprit activement, avec son nouveau collaborateur, l'œuvre qu'il avait seul entreprise dès l'an III ^ Il lui semblait que pour « faire refleurir l'étude de l'antiquité » il fallait réunir le plus promptement possible, non seulement les monuments « qui peuvent conduire à l'explication des anciens auteurs », mais encore ceux qui aident « à la connaissance des mœurs et des usages des différents peuples »*. Il combinait ainsi dans ses proj ets l'étude du présent et celle du passé « afin d'offrir, sous un même point de vue, ce qui peut instruire

1) Le vieux Jean-Jacques Barthélémy, Je célèbre auteur du Jeune Anacharsis, était mort le 30 août précédent. Il était garde du Cabinet depuis 1754.

2) Les bibliothécaires se plaignaient depuis longtemps du peu de place dont ils disposaient et de l'encombrement qui entravait tous les services. Villar avait proposé, dès l'an III, de réduire rétablissement aux livres imprimés et aiux manuscrits. « En détachant de son sein les médailles et les estampes, il trouvera, disait-il, dans les places occupées par ces deux dépôts l'espace qui lui est rigoureusement nécessaire pour attendre l'époque où il sera possible de lui donner un nouveau local. » On pourra établir ce u monument digne de la plus belle portion des propriétés nationales », sur le terrain des ci-devant Grands- Augustins « ou sur celui de Notre-Dame, dont la démolition fournira une grande quantité de matériaux! »

3) Voy. Documents, pièce n» VIL

4) Voy. Documents, pièce n° IV.

des mœurs et des usages des peuples éloignés par les temps et par les lieux ». L'ethnographie était appelée, on le voit, à contracter dès lors avec l'archéologie une alliance intime, qui ne s'est malheureusement accomplie que bien longtemps après la mort de celui qui en avait entrevu le premier les féconds résultats.

L'ethnographie était représentée, dès lors, assez largement dans le Muséum des Antiques. Aux collections anciennes énumérées plus haut étaient réunies , depuis quelques mois, celles du Stathouder, envoyées de Hollande *.

L'armée française, sous la conduite de Pichegru, venait de s'emparer, en moins de deux mois, des Pays-Bas tout entiers, et le premier soin des Conventionnels qui accompagnaient les troupes avait été de publier une proclamation, dans laquelle ils déclaraient, entre autres choses, qu'ils respecteraient toutes les propriétés particulières, excepté celles du Stathouder qui venait de fuir abandonné de presque tout son peuple. Le Stathouder étant le seul ennemi de la République, ses propriétés étaient dues au vainqueur, en dédommagement des frais de la guerre.

L'une des conséquences de cette décision des représentants en mission avait été la confiscation des biens du prince d'Orange, et en particulier, des collections personnelles de toute espèce qu'il avait réunies dans ses diverses résidences.

André Thouin, ancien jardinier en chef du Jardin du Roi, devenu depuis un peu plus d'un an professeur-administrateur du Muséum d'Histoire naturelle, fut envoyé en Hollande à la tête d'une mission spéciale, composée du géologue Faujas de Saint- Fonds, du bibliothécaire Leblond et du dessinateur Dewailly, pour choisir tout ce qui pouvait offrir quelque intérêt pour nos musées nationaux.

A la date du 5 floréal an IH (24 avril 1795), il annonçait l'envoi d'un premier « assortiment » d'objets « de sciences, de beaux arts et des arts mechaniques » destinés en partie dans ses projets,

1) Le cabinet du Stathouder comprenait outre les curiosités dont il est ici question, une magnifique collection d'histoire naturelle, déposée vers le même temps au Muséum d'Histoire naturelle (Cf. Magasin encyclopédique, l""» année, t. II, p. 419, 1795).

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aux musées départementaux que venait de créer la Convention, mais dont les meilleurs étaient déposés le 12 messidor suivant - (31 mai 179o) à la Bibliothèque nationale. Seize caisses, remises par les citoyens Madaye et Mazade « commissaires nommés à cet effet par la Commission executive de l'Instruction publique » contenaient « des armes et divers ouvrages de l'art chez les Indiens ». Ces objets furent « transportés provisoirement» au Cabinet, oii ils sont restés jusqu'à leur retour en Hollande, après les événements de 1815'.

C'étaient, pour la plupart, des œuvres d'art d'origine chinoise, plusieurs grandes figures drapées « un jardin avec un petit pavillon dans lequel sont deux Chinois occupés à fumer n, des vases en corne de rhinocéros travaillée, un échiquier en corail, etc., etc. C'étaient aussi des pièces d'orfèvrerie orientale, vases d'argent en filigrane, gobelet à pied d'argent ciselé, vase à parfum d'argent, trépied, etc., etc. Puis quelques objets d'Amérique, tels que « une paire de bottines blanches en peau brodée en verroteries, bleue, noire et blanche », ou bien encore « un vase de terre du Mexique »\

Tout cela, s'ajoutant à l'ancien fonds des Antiques et aux acquisitions récentes provenant des confiscations pratiquées chez les

1) Il n'est demeuré à Paris de celte partie des collections du Stathouder que d'insignifiaats débris. Nous n'avons retrouvé non plus aucune trace des curiosités apportées du Piémont et probablement rendues aussi en 1815. Il se trouvait entre autres choses dans cet envoi « plusieurs momies d'enfants dont une très bien conservée, et couchée dans une caisse de bois d'acajou à couvert de glace » (Cointreau, op. cit., p. 199); des costumes de différents pays et nommément « deux armures chinoises de vieux laque, ayant servi... à faire reconnaître l'authenticité de deux autres armures provenant de l'ancien garde-meuble et parfaitement semblables » ; enfin des « armes orientales, fruit d'une victoire remportée par Emmanuel, duc de Savoie, sur un général turc, qui portoit avec lui le fetfa ou diplôme du Grand Seigneur, qui le mettoit en fonction » ; le dit fetfa est renfermé dans une bourse de soie » (Cointreau, op. cit., p. 203).

2) Il y avait bien aussi certaines choses de moindre valeur, que Thouin s'excusait fort d'avoir ajouté à son envoi, en faisant remarquer aux dépositaires del'assoi'timent, qu'elles avaient été mises dans les caisses comme remplissage. Je trouve, par exemple, dans les inventaires sommaires qui sont restés, un « fragment de pipe », un. «vase de corne et un réchaud » une, « bouteille de verre verd », une « espèce de boèle à poudre en ivoire fêlée », etc. (Voy. Documents, pièce n° III.)

émigrés, aurait pu constituer un commencement de Musée ethnographique intéressant, si la place eût été suffisante dans les locaux delà Bibliothèque. Les dépôts formés par ordre du Comité de l'Instruction publique et en particulier ceux qui avaient été compris dans le tableau des collections et dépôts à inventorier sous la lettre p et la mention « collections des émigrés et du cidevant clergé » commençaient à livrer leurs richesses.

Le 20 messidor an III (8 juillet 179S) le conservateur du Dépôt de la rue de Beaune, le citoyen Naigeon, envoyait à la Bibliothèque de nombreux objets d'archéologie et d'ethnographie, parmi lesquels se distinguaient quelques vases péruviens provenant du comte de la Billarderie d'Angeviller, qui les avait reçus de Joseph Dombey, au retour de la mission dont nous 'avons parlé plus .haut. Le même envoi contenait des papiers chinois pris chez « l'émigré Marçan », un poignard indien « à poignée damasquinée en or, avec fourreau en velours jaune » trouvé chez les Brissac^ etc. *.

Le conservateur du Dépôt de la maison de Nesle adressait au Musée des Antiques le 5 thermidor et le 17 fructidor an V (23 juillet et 7 septembre 1797) d'autres pièces exotiques venant des émigrés d'Angeviller, de Belizard, de Brionne, Castries, Caumont- La-Force, d'Esclignac, Joly de Fleury, d'Harcourt, La Trémouille, de Liancourt, de Noailles, de Yaudemont, etc.

Tous ces grands seigneurs possédaient, dans leurs hôtels, des précieuses curiosités de l'Inde ou de la Chine, du Canada ou des Guyanes, grandes pièces sur socles, objets d'étagère ou de panoplies, rapportées le plus souvent par un membre de leur maison qui avait pris quelque part à l'administration ou à la défense des colonies.

On voyait, par exemple, chez les Vaudemont « deux figures chinoises, homme et femme, en terre vernissée, recouvertes de leur costume en soie; le tout sur deux piédestaux cannelés et

1) Les vases péruviens de d'Angeviller (Voyez Documents, pièce n» V) sont au Musée d'Ethnographie; le poignard est au Musée d'Artillerie, où il a été envoyé le 3 messidor an VI (21 juin 1797) |sous le | nom de crick ou poignard japonais {pour javanais).

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dorés » ; chez les d'Harcourt c'étaient « trois figures en bronze sur le même piédestal » qualifiées « dieux malabars » ; chez les Castries, les Liancourt, des trophées de sabres, d'arcs, de carquois de flèches, etc.

Les mêmes envois de thermidor et fructidor an V comprenaient, une petite collection d'armes et d'ornements caraïbes et une corne sculptée de Chine, apportés de Chantilly, de nombreux objets du Canada provenant de l'émigré d'Esclignac, « un carton renfermant une parure de sauvage d'Amérique » ayant appartenu à l'émigré Joly de Fleury ', diverses antiquités du Pérou prises chez le comte d'Angeviller ou le duc de Noailles.

Dans le luxueux hôtel du duc de Brissac, gouverneur de Paris et capitaine-colonel des Cent-Suisses, massacré à Versailles en 1792, les commissaires spéciaux avaient recueilli des armes d'Orient, bouclier chinois, cris malais à manche damasquiné d'or, sabres, carquois et flèches, déposées entre les mains de Barthélémy et Millin le 17 fructidor an Y (3 septembre 1797). On avait trouvé chez le comte d'Orsay « deux figures chinoises de grandeur naturelle, assises sur des fauteuils rouges devant une table, le tout de laque ». La table était «garnie de tasses et autres objets d'usage » et les figures étaient « vêtues d'étoffes à la manière du pays ». Le tout monté « sur une estrade de bois de chêne peint en noir » fut transporté du dépôt de la rue de Beaune au Cabinet, le 18 nivôse an YI (7 janvier 1798), ainsi qu' « une pipe turque de cuivre, ayant la forme d'un balustre avec tous ses tuyaux, un tabouret turc à vis, garni en maroquin rouge porté sur trois pieds, deux plattes longes, garnies de cuivre, sur maroquin rouge et vert, deux tetiers également garnis, une fonte de pistolet, un caveçon, un bonnet turc verd et deux panlouffles en maroquin jaune, le tout enfermé dans une boite en bois ».

Il y avait, dans le même envoi, « un poignard indien en forme de flamme avec son fourreau et dix figures chinoises découppées, velues d'étoffes en or du pays, dans une boîte de bois » provenant

1) « Celle parure esl de plumes el composée de quatorze pièces, manque le dossier, plus un tablier en verroterie à l'usage d'une femme indienne. » Il s'agit manireslement ici d'ornements de Galibis ou de Roucouyennes.

du « condamné Bevy » ; un panier « fait en cordes et garni de coquilles, ouvrage des Indiens », pris chez un émigré désigné par les initiales G. P. ; une cuiller d'ambre mutilée et une « nacelle de sauvage venant de la Chine » trouvées chez !'« émigré Noailles-Mouchy »; enlin un modèle de pirogue « fait en clous de girofle par un sauvage des îles Moluques, venant du Cabinet de Bomare, sous sa case de verre ». Ce dernier objet avait été confisqué à Chantilly, oii le prince de Condé avait fait installer la célèbre collection du naturaliste Yalmont de Bomare, qu'il avait acquise en 1787 '.

La pirogue en clous de girofle des Moluques est au Musée d'Ethnographie, où elle a été portée « sous sa case de verre » au commencement de 1880. Notre établissement possède aussi les deux fauteuils rouges et la table de laque du comte d'Orsay, mais les tasses et les autres « objets d'usage » ont disparu, avec les deux personnages « vêtus à la manière du pays » dont il est resté quelques vestiges à peine.

Les dieux malabars de d'Harcourt, les chinoiseries de Vaudemont et de Noailles, les choses américaines de d'Angeviller ou de d'Esclignac, etc., etc., ont traversé, sans trop d'altérations, le siècle qui nous sépare de leur confiscation. Mais il manque depuis longtemps au Cabinet un certain nombre des vieux objets amassés dans ses magasins de 1795 à 1798. A plusieurs reprises en effet des pièces plus ou moins importantes ont été distraites, par ordre supérieur, du Dépôt qui les avait d'abord reçues.

La momie, un instant célèbre, envoyée de Sinzigpar « le Commissaire des arts en Allemagne » fut placée au Muséum d'Histoire naturelle, lorsqu'on eutreconnu que ce n'était qu'un cadavre dont la conservation était due à des phénomèmes naturels^ Dès le 3 messidor an VI (21 juin 1798), un certain nombre d'armes de la Bibliothèque prenaient le chemin du Dépôt d'Artillerie où se

1) Je trouve ce renseignement dans une note manuscrite, de l'époque placée au bas d'un catalogue, également manuscrit se rapportant à une partie de la collection Bomare et conservé à la bibliothèque du Muséum d'Histoire naturelle.

2) Cf. Magas. encyd., 3« année, t. II, p. 231 (1797).

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constituait lo Musée du même nom devenu aujourd'hui le plus riche de toute TEurope'.

En revanche, le Musée d'Ethnographie a reçu de la Bibliothèque nationale, en 1880, la collection encore presque complète de Bertin, venue du Dépôt de la maison de Nesle, à la date du 3 septembre 1796 (17 fructidor an V).

Henri-Léonard- Jean-Baptiste Bertin, qui avait rassemblé ces objets, avait été lieutenant-général de police, contrôleur général des finances, puis tour à tour ministre d'État et ministre par intérim des affaires étrangères, et s'était acquis, dans ces diverses fonctions, une durable renommée par les encouragements qu'il avait donnés aux lettres et aux sciences ^ Bertin était notamment en correspondance régulière avec le P. Amiot, et plusieurs autres jésuites de Chine', et veillait à faire imprimer dans les Mémoires concernant les Chinois les dissertations les plus intéressantes, envoyées par le savant missionnaire. Avec ses lettres dont la plus ancienne remonte à 1766, le P. Amiot, faisait parvenir à

1) L'anciea musée avait été pillé, lors de l'envahissement de l'Arsenal, le 14 juillet 1789. Un arrêté du 9 thermidor an III (27 juillet 1795), constituant le Comité d'Artillerie, ordonna le transport à Saint-Thomas d'Aquin de toutes les pièces d'armures, armes, etc. provisoirement rassemblées dans une salle des Feuillants et qui devinrent le noyau du musée actuel.

Le 3 messidor an VI, on envoyait du Musée des Antiques au Dépôt d'Artillerie, rue Dominique, maison des ci-devant Jacobins, un certain nombre d'armes orientales, et notamment un sabre persan, pris à Chantilly, le cris à manche damasquiné d'or trouvé chez le duc de Brissac, un bouclier chinois de même provenance et diverses autres pièces du Cabinet de Sainte-Geneviève et de la collection d'Esclignac. Cet envoi, que je mentionne à titre d'exemple, ne fut certainement pas le seul. Ainsi Cointreau dit que « en thermidor an VI, on enleva du secrétariat de la Bibliothèque nationale diverses armes à l'usage de nos anciens chevaliers, pour lus transporter rue Saint-Dominique, maison qu'occupaient les Jacobins et servant aujourd'hui au Dépôt de l'Artillerie, confié à la garde du C^° Régnier. »

2) « Ce fut lui, dit la Grande Encyclopédie, qui fonda le Cabinet des Chartes ■ il favorisa l'établissement de nombreuses écoles d'agriculture, contribua à la fondation de l'Ecole vétérinaire de Lyon, la plus ancienne de France, et assura le développement de la manufacture de Sèvres, qui venait d'être fondée lors de son arrivée aux affaires. »

3) Cf. H. Cordier, Bibliotheca Sinica, t. I, col. 501-505. — Les lettres du P. Amiot à Bertin forment à la Bibliothèque de l'Institut un recueil de 3 volumes in- fol.

Berlin de curieux objets de toutes sortes, livres et dessins, instruments de musique, d'astronomie, etc., etc., qui avaient fini par former un petit cabinet tout à fait remarquable.

Accusé d'avoir pris une part activé au Pacte de famine, menacé dans sa vie et dans ses biens, l'ancien ministre de Louis XV avait dû fuir à l'étranger oti il était mort tristement dans le cours de 1793. Ses collections confisquées, en vertu de la loi sur les émig-rés, venaient, en 1796, enrichir les diverses sections de la Bibliothèque nationale. Les livres et les dessins chinois furent déposés dans les départements des Imprimés et des Manuscrits, et les objets d'ethnographie envoyés au Cabinet des Antiques, où ils sont restés dans la salle du haut, jusqu'à leur entrée au Musée du Trocadéro. Ces objets ont fourni enl8U et 1813, à Breton, les matériaux d'une publication fort intéressante en six volumes n-18, intitulée La Chine en miniature, dont j'ai pu examiner un joli exemplaire en couleur dans la riche bibliothèque de mon ami, M. Henri Cordier*. Les cent deux planches qui accompagnent l'ouvrage sont malheureusement gravées à trop petite échelle pour qu'il soit possible d'identifier aucune des reproductions qu'elles donnent avec les originaux de notre collection dont Breton assure les avoir tirées ^

Ces pièces originales dont on trouvera la liste à la suite de

1) Voici le titre exact de l'ouvrage : La Chine en miniature, ouChoix de costumes, arts et métiers de cet empire, représentés par 74 gravures, la plupart d'après les originaux inédits du Cabinet de feu M. Berlin, ministi^e; accompagnés de notices explicatives, historiques et littéraires, par M. Breton, auteur de la Bibliothèque géographique, etc. Paris, Nepveu, 1811, 4 vol. in-18. — La Chine en miniature, ou Choix de costumes, -arts et métiers de cet empire, représentés par 28 gravures, la plupart d'après les originaux inédits du Cabinet de feu M. Berlin, ministre; accompagnés de notices explicatives, historiques et littéraires, tirées en partie de la Correspondance non imprimée des Missionnaires avec le Ministre, parM. Breton, auteur de la Bibliothèque géographique, etc. Paris, Nepveu, 1812, 2 vol. in-18. — Cette continuation, dit M. Gordier, {Bibli. Sin,, col. 46) auquel j'emprunte ces renseignements bibliographiques, forme un ouvrage indépendant et un grand nombre des exemplaires ont été tirés avec le titre de Coup d'œil sur laChine, etc., 1812, 2 vol. in-18.

2) On retrouverait peut-être l'origine détaillée d'une partie des pièces du P. Amiot, en dépouillant à la Bibliothèque de l'Institut les trois volumes de sa correspondance manuscrite avec Bertin. C'est un travail de longue haleine, que

ce travail', présentent généralement autant d'intérêt pour l'art que pour la science. Les connaisseurs s'accordent à admirer les ivoires finement ciselés, les bambous découpés avec une adresse charmante, les pierres dures sculptées à merveille et les broderies délicatement ouvrées, qui donnent une si haute idée des arts industriels de la Chine au dernier siècle. Ajoutons qu'il est fort rare de rencontrer parmi les innombrables objets que l'on importe aujourd'hui du Céleste Empire des spécimens comparables à ceux dont la confiscation de la collection Bertin enrichissait le Musée des Antiques en 1796 ^

Ce n'étaient pas seulement les collections des émigrés, qui venaient augmenter le Musée de Barthélémy. Des dons importants y étaient envoyés par des établissements publics et même par de simples amateurs.

Le Muséum d'Histoire naturelle se distingua particulièrement par son empressement à favoriser la nouvelle entreprise scientifique.

Il s'était accumulé au Jardin du Roi, après la mort de Tourneforts, un assez grand nombre d'objets rapportés des Indes, du

je me propose d'entreprendre plus tard ; je me contente, pour le présent, du catalogue manuscrit, que M. Chabouillet a bien voulu me mettre en mains et que je reproduis plus loin.

1) Voyez Documents, pièce n» XI.

2) Le goût des chinoiseries, très développé en France au xvuie siècle, s'est manifesté dans notre pays dès le commencement du xvi^. Dans l'inventaire de la collection de Florimond Robertet, par sa veuve, Michelle Gaillard de Longjumeau en 1532, on voit figurer à côté des poteries de « terre sigelée de Turquie », les « belles porcelaines des premières qui soient venues en France depuis que les Europeans vont à la Chine, lesquelles sout d'un blanc si net et si bien meslangé de toutes sortes de petites peintures ». Peiresc, Le Nôtre, le duc de RicheUeu et quelques autres furent plus tard des amateurs éclairés des choses de l'Extrême-Orient. (Cf. E. Bonnaffé, Les collectionneurs de l'ancienne France, p. 23-75. — Td., Recherches sur les collections de Richelieu, Paris, 1883, in-8, p. 76.)

3) « Il (Tournefort) ramassoit aussi des habillemens, des armes, des instrumens de Nations éloignées, autres sortes de curiositez, qui quoyqu'ellesne soient pas sorties immédiatement des mains de la Nature, ne laissent pas de devenir philosophiques, pour qui sait philosopher. De tout cela ensemble il s'étoit fait un cabinet superbe pour un particulier, et fameux dans Paris ; les curieux l'estimoient à 45 ou 50,000 livres. » (Fontenelle, Éloge de Tournefort.)

Sénégal, de l'Amérique par des employés civils ou militaires au service de l'État ou des Compagnies commerciales.

Cette collection, léguée par son illustre possesseur' , ornait les travées du plafond et les dessus d'armoires de la principale galerie du Cabinet du Roi^

L'exiguïté des locaux affectés aux collections d'histoire natu ■ relie proprement dite, faisait désirer à l'administration du nouveau Muséum, récemment transformé, que toutes ces curiosités^ auxquelles Buffon s'était intéressé, trouvassent ailleurs un emploi utile. Aussi les démarches de Barthélémy pour en obtenir le transport à la Bibliothèque furent-elles accueillies avec une telle faveur, que l'on n'attendit même pas les ordres ministériels qui devaient sanctionner ce transfert. L'opération, votée

i) Tournefort avait laissé par testament son cabinet de curiosités au Roi pour l'usage des savants.

2) Voici en quels termes l'abbé Expilly décrivait cette galerie en 1768 [Did. des Gaules et de la France, V Paris, T. V, p. 464-465) : « La salle qui précède la galerie d'histoire naturelle est ornée de belles armoires, qui renferment particulièrement des pièces d'anatomie. Le milieu est occupé par un grand bureau qui offre un parterre élégant de coquilles choisies.

« On entre dans une superbe galerie, dont les travées du plafond sont chargées de toutes sortes d'armes, d'équipages et d'habillements de sauvages, de fruits des Indes, de reptiles, quadrupèdes, animaux amphybies, poissons, serpens, etc. Le pourtour des murs est garni avec autant d'ordre et de propreté que de magnificence, de tout ce que les trois règnes ont de plus précieux en animaux, métaux, sels, pierres, talcs, coquillages, bezoards, sucs, gommes, etc., le tout dans des phioles et des bocaux artistement placés sur les gradins de grandes armoires avec des studioles au bas qui contiennent toutes sortes de fossiles, toutes les classes de pierres fines, topases, jaspes, agathes, jades, cornalines, pierres de Florence, cailloux d'Egypte et autres, marbres, albâtres, crystaux, etc. Puis viennent les animaux crustacés, les poissons desséchés, etc. D'autres armoires sont remplies de bois, fruits et graines étrangères, avec leurs studioles de mines et de pétrifications, d'insectes et de fragmens d'animaux. Ces armoires, au nombre de vingt-deux, sont toutes surmontées et couronnées, les unes à'habillemens et de plumagts des Indiens, les autres de diverses productions marines, madrépores et grosses coquilles, d'autres de quadrupèdes, d'oiseaux, de serpens et de poissons; d'autres encore de bois de cerf, de daim, d'élan, etc. Enfin, à côté de cette grande et magnifique galerie, est un cabinet dont les tablettes du contour présentent une belle suite d'animaux étrangers, bien conservés dans la liqueur. « On pourroit appeler le Cabinet du Roi, dit en terminant Expilly, '■' le trésor de la nature et le triomphe du bon goût. )^

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le 14 messidor an V (2 juillet 1796) et autorisée officiellement le 22 vendémiaire suivant (13 octobre), était terminée depuis près d'un mois déjà. Invité le 15 messidor (3 juillet) à venir dresser un état des objets qui lui étaient concédés, Barthélémy s'était empressé de faire enlever le tout le 21 juillet et le 16 septembre'.

La collection, ainsi transportée dans le Musée en formation, se composait de cent cinquante et quelques objets, dont nous avons transcrit plus loin la liste". Une partie de ces objets venait de Tournefort^ qui les tenait de provenances fort diverses; d'autres avaient été rapportés par La Galissonnière, à son retour de son gouvernement du Canada. Le catalogue attribue notamment à ce célèbre marin le don d'une très curieuse coiffure de chef Peau-Rouge, qui occupe aujourd'hui une place d'honneur dans la grande vitrine du Musée d'Ethnographie, consacré à l'ethnographie des États-Unis.

Quelques pièces viennent peut-être de Frézier, ou encore de La Condamine et de ses compagnons*, de Grandpré ou de Pommegorge, de Barrère, de Querhoëntou de quelque autre des correspondants de Buffon. Il en est une (n° 44 du premier inventaire), dont l'origine hawaïenne permet de supposer qu'elle a été recueillie au cours du troisième voyage de Cook^ Mais le Jardin

1) Cointreau rappelle dans son Histoire abrégée du Cabinet des médailles, la part qu'il prit à cette opération. « Je fus chercher, dit-il, au Muséum d'Histoire naturelle des caisses renfermant des idoles adorées chez les sauvages, des armes et des meubles usités par eux, entre autres une espèce^de cuirasse couverte d'une peau de pangolin. J'en apportai aussi une momie, quelques antiquités égyptiennes, et une tête de momie encore remplie du bitume qui avoit servi à son embaumement. » (Cointreau, op. cit., p. 43.) — Voy. Documents, pièces n"' VII, VIII, IX.

2) Voy. Documents, pièces n" X et XII.

3) J'ai déjà dit que la collection de cet illustre naturaliste voyageur avait été laissée au Jardin du Roi. Je crois pouvoir lui attribuer diverses pièces, notamment de Guyane, ayant encore des étiquettes sur gros papier encadrées d'un décor vermillon, tracé au patron. L'étiquette est à la main, d'une grosse écriture restée assez visible.

4) M, Bureau a depuis retrouvé au Muséum et envoyé au Trocadéro un épi de maïs sculpté en pierre provenant de Joseph de Jussieii.

5) Cette idole « en espèce de jonc, recouverte jadis de plumes avec des yeux de nacre et des dents de cétacés », est identique à plusieurs de celles que le

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du Roi n'avait rien reçu de Bougainville, dont les Genovéfains détenaient, au moment de la Révolution, les collections ethnographiques tout entières. Quelques objets seulement, de la Terre de Feu et des îles Salomon, furent livrés à Barthélémy pour ses panoplies et sont encore conservés aujourd'hui au Musée du Trocadéro*.

En même temps que le Muséum se dépouillait au profit de la collection organisée par Barthélémy de Courçay, des particuliers généreux y apportaient de petites séries d'objets, quelquefois fort précieuses pour la science. Telle est la collection du citoyen Gauthier dont nous avons retrouvé un inventaire détaillé, portant la signature du propriétaire. Cette collection formée très probablement àla Guyane française , chez les Roucouyennes du Maroni, fut donnée à l'État par Gauthier, le 5 messidor an V (23 juin 1796). Elle comprenait deux magnifiques costumes, l'un d'homme, l'autre de femme, et toute une série d'armes et d'ustensiles variés, au nombre de plus de cent. Conservées au Cabinet des Médailles dans de bonnes conditions, pendant plus de quatre-vingts ans, ces pièces me sont parvenues à peu près intactes pour la plupart, et j'ai pu, en les exposant à côté de choses similaires de fabrication actuelle, donner aux visiteurs du Musée d'Ethnographie l'impression très frappante de l'immobilité complète des arts et des industries des Indiens. Les ouvrages de plumes, tours de têtes, plastrons, bracelets, genouillères, etc. du xvni* siècle sont absolument identiques à ceux de nos jours, et pour les ornements de verroteries, on constate plutôt un recul chez les brodeuses modernes, qui sont bien loin (à en juger du moins parles collec-

peinlre F. Davies,compagnoa deCook, a copiées d'après nature dans la pi. XLII du grand album d'aquarelles, qui appartient aujourd'hui à M*"^ Brassey. {Cf. E.-T. Hamy, Catalogue descriptif et méthodique de l'Exposition organisée par la Société de géographie à l'occasion du centenaire de la mort de Cook, Bull. Soc. de géog., mai 1879, p. 457).

1) Il reste encore maintenant à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (nous y reviendrons plus loin) un certain nombre de pièces venant des Genovéfains. Il pourrait se faire que dans le nombre il se rencontrât d'autres restes de l'expédition Bougainville.

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lions de Crevaux et de M. Coudreau) d'égaler en adresse et en bon goût leurs devancières du dernier siècle.

Barthélémy avait fait d'une partie de ces pièces de la collection Gauthier des panoplies appendues « sur une des portes d'entrée du Cabinet » ou l'on voyait aussi divers objets d'Otaïti (Taïti) et d'Owihee (Hawaii) *.

« Les armes offensives et défensives, telles que boucliers, arcs, carquois, flèches, sabres^ crics, ceintures, poignards, sceptres, javelots, etc.. d'usag-e en Perse, en Tartarie, au Japon et chez d'autres peuples de l'Asie », étaient suspendues « dans les embrasures des fenêtres ».

Le Musée d'Ethnographie naissant offrait ainsi, à l'imitation du Cabinet des Antiques dont il formait une annexe, un commencement de classification géographique. Il n'est pas sans intérêt de rappeler que l'exemple donné par Barthélémy a été presque partout suivi à l'étranger et en France^ et que la plupart des grands musées ethnographiques actuels sont classés, comme 'était, en 1799, le petit Cabinet de la rue de la Loi.

I) « Les boutons, \es panarés, les matoutous, les pag aras, les crawachi, les quéyous, les pariparas, les taooités, les tenarés et autres objets à l'usage des habitans de la Guiane françoise et hollandoise, et des îles d'Otaïli et d'Owhihee, appendus jadis sur une des portes d'entrée du Cabinet, avoient été cédés à la nation par le citoyen Gautier. >> (Cointreau, lac. cit.)

Toutes ces pièces ne venaient pas de Gauthier, ainsi que le donnerait à croire le texte de Cointreau. BufTon parle en effet, quelque part, dans son Histoire naturelle de l'homme (chapitre des Insulaires de la mer du Sud) d'une toilette entière d'une femme d'Otahiti qu' « on peut voir au Cabinet du Roi ». Ce costume n'aurait-il pas été présenté par Bougainville à Louis XVI?

2) On verra plus loin que c'est sur ces mêmes bases que Zédé, Lebas, puis Morel-Fatio, ont classé l'ethnographie au Louvre ; l'ordre géographique est encore suivi au Trocadéro.

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