‹ Les origines du Palais de l'InstitutChapitre 11 sur 63 · Le collège dé Lisieux était situé rue Saint-Jean-de · texte numérisé non relu

Le collège dé Lisieux était situé rue Saint-Jean-de

libre n*était que de deux arpents^ mais on pouvait^ pour établir les cours^ exproprier quelques vieilles maisons de la rue de l'Estrapade.

Colbert laissait discuter tous ces projets^ mais sans perdre le sien de vue. Au mois de décembre 4661, il fit consulter l'architecte du roi, Levau, qui construisait alors la partie du Louvre élevée sur les jardins de l'Infante. Levau proposa de c( bastir le Collège proche la porte de Nesle, vis-àvis le Louure, au quel lieu on pourroit faire une place publique , qui serviroit d'ornement à l'aspect du Louure ^ »

De guerre lasse, les exécuteurs testamentaires allaient céder,lorsqu'on leur remit une protestation du prévôt des marchands, a II est à craindre, disait-il, que ceste aduance de la demy lune, venant à etrecir le canal de la Riuiere en cest endroit, uis-à-uis duquel la pluspart des batteaux sont à l'encre, ne porte preiudice à la navigation et au commerce, et que dans les grands desbordemens, lorsque les glaces viennent à rompre en hyuer, que les batteaux n'en soient endommagés, que le Louure mesme n'en reçoive des incommodités. Et que cela estoit d'assez grande importance

Beauvais. Il touchait au collège des Cholets, dont l'entrée était rue Saint-Jacques et la face droite rue Saint- Étienne-des-Grés •

1. Registre des délihérations du consstl de la fondation du coUége Mazarini. Archives de l'Empire, MM, 462, p. 38.

au public pour se donner le temps d'examiner ces inconvénients*. »

Tout se trouva dès lors remis en question. 11 y avait un an et demi que Ton discutait^ et l'on n'était pas plus avancé que le premier jour. Les exécuteurs testamentaires commençaient à être fort embarrassés^ quand en juin 1662^ le duc de Mazarin proposa d'établir le Collège dans les bâti* ments du Luxembourg^ alors palais d'Orléans ; il allait être mis en. vente, et on pouvait l'avoir pour onze à douze cent mille francs *. Cette nouvelle fut accueillie avec enthousiasme, et le projet aussitôt soumis au roi.

Mais, dans l'intervalle, Levau avait dressé un plan qui représentait le CoUége construit sur les terrains de Nesle ; la chapelle s'élevait au milieu

1. îlegistre des délihéi'ations du conseil de la fondation du collège Massarini» Archives de l'Empire. MM, 462, p. 54. Une autre protestation, conçue d'après les mêmes idées, se trouve à la bibliothèque de l'Institut, caftons de Godefroy, portefeuille n® 190. Elle a été publiée par M. de Laborde dans la Revue de V Architecture ^ année 1847, p. 4 et suiv.

2. Dans une transaction qui eut lieu le 26 mai 1646 entre Louis XIV et Gaston, le Luxembourg, dix-huit arpents de terre sis au Mont-Parnasse, et quelques autres domaines qui avaient été constitués en dot à Marie de Médicis, furent estimés 1,800,000 livres. Plus tard, le Luxembourg fut cédé, moyennant 500,000 livres, à Anne- Marie-Louise d'Orléans, duchesse de Montpensier ; c'était en réalité l'estimer un million, caria duchesse était déjà, en vertu de ses droits personnels, propriétaire de la moitié du fonds.

d'une yaste place demi-circulaire^ et le portail se trouvait faire face à celui du Louvre. Cette dernière considération avait paru toucher beaucoup Louis XIV ; aussi^ quand on lui parla du Luxemboui^9 éleva-t-il d'abord quelques objections fondées sur la dépense qu'entraînerait l'appropriation des bâtiments. Il déclara ensuite que ce palais étant MAISON royale \ un collège ne pouvait y être établi^ et finit par ordonner l'adoption du projet de Golbert et des plans de Levau.

L'hôtel de Nesle faisait partie de l'enceinte de Philippe Auguste ; et^ dans l'origine^ il couvrait tout le terrain aujourd'hui circonscrit par le quai Conti^ la rue Mazarine et la rue Guénégaud. Peu d'endroits dans Paris ont eu une histoire plus fertile en événements.

En \ 308^ Amaury de Nesle le vendit à Philippe le Bel moyennant « cinq mille bons petits parisis *. » Devenu la propriété de Philippe le Long^ il passa à Jeanne de Bourgogne^ sa femme^ et c'est à elle que la tradition attribue les crimes qui ont rendu fameuse la tour de Nesle. On raconte qu'elle appelait les jeunes gens qui passaient sous ses

1. Le palais du Luxembourg avait été bâti par Marie de Médicis. Le 2 avril 1602, elle acheta pour 90,000 livres l'emplacement et les constructions légères qui le couvraient. Les travaux commencèrent en 1615 et furent achevés en 1620. Marie de Médicis légua ce palais à Gaston de France, son second fils.

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