Félibien, Histoire de la ville de Paris, p
fenêtres^ se donnait à eux^ les retenait toute la nuit^ et le lendemain matin les faisait jeter dans la Seine. Brantôme n'ose pourtant affirmer le fait ; il parle bien d'une c( reyne qui se tenoit à Thostel de Nesle à Paris, laquelle faisoit le guet aux passans^ et ceux qui lui revenoient et agréoient le plus^ de quelque sorte de gens que ce fussent^ les faisoit appeler et venir à soy ; et, après en avoir tiré ce qu'elle en vouloit, les faisoit précipiter du haut de la tour, qui paroist encor, en bas en l'eau, et les faisoit noyer ; » puis il ajoute : « Je ne puis dire que cela soit vray, mais le vulgaire, au moins la pluspart de Paris, l'affirme ; et n'y a si commun, qu*enluy monstrant la tour seulement, et en l'interrogeant, que deluy-mesme ne le die*. » Le poète Jean Second, dans une pièce de vers qu'il a consacrée à l'hôtel de Nesle, est beaucoup plus af firmatif que Brantôme ' ; et Villon appuie son assertion dans ces trois vers :
Semblablement ou est la Roy ne Qui commanda que Buridau Fut jette en ung sac en Seine ^.
Mais le témoignage le plus important et le plus
1. Brantôme» Vies des Dames gaîanteSf discours II, article 2, de V Attouchement en amour.