‹ Les origines du Palais de l'InstitutChapitre 29 sur 63 · Recueil de la fondation du collège Mazarinif p. 12 à · texte numérisé non relu

Recueil de la fondation du collège Mazarinif p. 12 à

3. Voyez dans le Recueil de la fondation du collège Mazarini, la Requeste présentée à MM, de l'Université de Paris le 22 octobre 16"4, pour Vaggrégation du collège Mazarini^ et mise entre les mains du procureur scindic de ladite Université ledit jour.

des MathurinS; où^ depuis le xiii'' siècle^ rUniyersiié tenait ses séances; les doyens des quatre facultés et les procureurs des quatre nations ^ présentèrent successivement leurs rapports. Tous concluaient à l'adoption^ mais ils soumettaient en même temps le Collège à des conditions qui en modifiaient l'idée fondamentale et en dénaturaient le principe. On exigea ayant tout la fermeture du théâtre que la troupe de Molière venait d'établir rue Guénégaud; l'article 19 des règlements de la faculté des arts interdisait^ en effets dans les limites de l'Université^ la présence d'établissements de ce genre *. Quant au Collège, il devait se conformer aux statuts généraux de l'Université, et présenter ses statuts particuliers à la censure de la compa-

1. L^Université se composait de quatre facultés : théologie, droit, médecine, arts. La faculté de théologie avait deux collèges, la maison de Sorbonne et celle.de Navarre. L'école de droit venait (1771) d'être transférée place Sainte-Geneviève, dans le local actuel. L'école de médecine était installée rue Saint-Jean-de-Beauvais» dans les bâtiments précédemment occupés par Técole de droit. La faculté des arts embrassait l'enseignement des lettres et des sciences en général, et comprenait neuf collèges. Elle était divisée en quatre nations : France, Picardie, Normandie et Allemagne, qui elles-mêmes se subdivisaient en un grand nombre de provinces ou tribus; chaque nation avait ses officiera particuliers, un procureur, un censeur et un questeur.

2. « Omnes gladiatores^ HhicineSy saltatores, et hislriones^ ah Academis finibiLS migrent^ et vitra pontes ablegentwr, » Statvta facvltatis artivmf art. XIX, p. 21.

gnie \ Le principal et les professeurs seraient membres de l'Université, ce qui, contre Tordre formel de Mazarin *, excluait les Tbéatins ^ On n'y enseignerait ni la théologie, ni la jurisprudence, ni la médecine. Enfin, il n'y aurait ni manège, ni professeur de danse^ ni maître d'escrime.

Cette dernière décision était de la plus haute importance, et à cet égard, il y avait eu presque unanimité au sein du conseil. Le rapport du doyen de la faculté de théologie exigeait ul prœdiclum Collegium nullam habeat academiam palœslricam, et celui du procureur de la nation française portait ut academia palœsttica removealur. Le procureur de Picardie déclara academiam gladiatoriam arceri t?€/Je, et celui d'Allemagne demanda simplement ti{ ab eo Collegio arceantur gladiatores et saltatores. Les autres membres de la commission, sans s'exprimer aussi nettement, avaient

1. « Ut csBterorum Collegiorum more, Legibus, laudahilibus Instituts, Usibus et Statutis Academis subjaceat . , , . Cum ei Statuta privata condentuvi ea cum Universitate et cum singulis Facultatibus communicentur. » — Excriptum ex actis Universitatis parisiensiSf p. 6.

2. « Le principal et le sous-principal de Pignerolles. . . seront de l'Ordre des religieux Théatins, ei choisis par les vocaux de la maison de Sainte-Anne-la-Royale. . . . » Recu^l de la fondation, p. 7.

3. « Non Theatinum, non alium quemcumque regularem assumât in primarium, aut administratorem ; nonullum denique qui non sit ex Academiœ sinu. » — Excriptum ex actis Universitatis parisie^isis^ p. 6.

exprimé le même \œu; il se trouTait compris dans une formule générale^ aux termes de laquelle le nouveau collège devait être soumis à tous les règlements de TUniversité, sans exception \

La manière dont fut accueillie cette idée si sensée, si prévoyante, de compléter, par des cours d'équitation, d*escrime et de danse, l'éducation reçue dans le collège, est un fait réellement curieux. Tous les écrivains modernes qui ont écrit sur cette époque ont reproché au cardinal la légèreté dont, à leur avis, il avait fait preuve dans cette circonstance. Us sont, jusqu'à un certain point, excusables, puisque les contemporains euxmêmes, placés dans le milieu le plus favorable pour apprécier la sagesse de cette mesure, semblent n'en avoir nullement compris la portée.

Il faut se rappeler qu'au xvu® siècle la noblesse n'avait pas encore généralement adopté l'éducation universitaire. Plus désireuse de former des hommes braves, intelligents et spirituels, que des savants, elle voyait très- bien à quel danger la vie de collège eût exposé ses enfants. Avec raison , elle redoutait pour eux, et l'asservissement à une règle inflexible qui dénature et amollit le caractère, et l'influence énervante d'un travail incessant et forcé, qui enlève à l'esprit sa spontanéité, son originalité et sa grâce. D'ailleurs, l'héritier du nom et des armes de la famille devait, avant tout, prendre les

Page 1