OUVERTURE DES CLASSES
y N 1672, les ourriers travaillaient encore t au pavillon de la bibliothèque et à la i chapelle, mais touteslesautresconstructions étaient terminées. Il était temps de songer à organiser déânitivement le Collège.
Une première difficulté se présenta. A mesure que les logements s'étaient achevés, ils avaient été occupés par différentes personnes qui n'avaient rien de commun avec l'administration du Collège. Le plus embarrassant de tous ces envahisseurs était le duc de Mazarin ; il s'était installé dans le
bâtiment situé entre Téglise et la bibliothèc(ue et refusait formellement de se retirer. Il prétendait établir son droit sur ses titres d'héritier du fondateur^ de patron du Collège^ et de coUateur des bourses. Ses prétentions furent examinées en conseil et repoussées.
Colbert ordonna alors d'expulser tout locataire étranger à la fondation. Dans le nombre se trouvait un braTe professeur nommé Gandouin. Une des salles de l'établissement lui avait été provisoirement accordée, et il y avait réuni quelqpies enfants de trois à quatre ans, auxquels il se proposait d'apprendre le latin, en les entourant de personnes qui ne leur parlassent jamais d'autre langue*. Ce système, d'ailleurs, ne pouvait passer pour nouveau, qu'eu égard à l'âge des enfants que Gandouin y soumettait ; car, au fond, le principe était déjà depuis longtemps admis par l'Université. Les statuts de 1598, qui ne sont, à cet égard, que la reproduction des règlements antérieurs, interdisaient dans les collèges l'usage de la langue française. Les maîtres ne devaient parler que le latin , et les écoliers étaient tenus de suivre cet exemple, même quand ils causaient entre eux».
1. Niceron, Mémoires pour servir à Vhistoire des hommes illustres dans la république des lettres^ l. VI, p. 185.
2. « Nemo scholasticorum in, Collegio Ungua vernacvla lo quaturj sed Latinus sermo eis sit vsitatus et familiaris, » Statvta facvltatis artivm, art. XVI, p. 20.
A la suite de ces petites exécutions^ le local se trouva complètement libre. Mais l'établissement ne pouvait entrer en exercice avant d'avoir obtenu deux autorisations : celle du roi d'abord^ puis celle de l'Université.
La première était accordée déjà. Par lettres patentes du mois de juin 1666 », Louis XIV avait a confirmé, loué et approuvé le contract » dicté par Mazarin la veille de sa mort, il avait ordonné qu'il fût a exécuté de point en point selon sa forme et teneur; » et, plein de reconnaissance pour a l'infinité d'illustres marques d'unç ardente affection » que lui avait données le cardinal, le roi entendait c( que ladite Fondation fût censée et réputée Royale, et jouit des mesmes avantages, privilèges et prérogatives que si elle avoit esté par Lui faite et instituée*. »
L'autorisation de l'Université fut beaucoup moins facile à obtenir. Le 22 octobre 1674, les exécuteurs testamentaires lui présentèrent une requête par laquelle elle était très-humblement suppliée d'admettre dans son sein le nouveau collège'. Une assemblée générale eut lieu au couvent