Mercier, Tableau de Faris^ t. V, p
se sont succédé sur ce trône tranquille. Voici leurs noms :
P. Jean le Chapelier de Moron^
1688 — décembre 1721.
Je AN- Antoine Pastel,
janvier 1722 — juin 1724.
Jacques Robbe,
juin 1724 — juin 1742.
Louis-Charles de Brailles,
juin 1742 — décembre 1754.
André Salmon,
janvier 1755 — juillet 1765.
AmBROISE RlBALLlER,
août 1765 — août 1785.
Emmanuel-Clément-Chrétien Bruget,
août 1785 — .... 1791.
Riballier est le seul dont le nom ait échappé à Toubli, et il le doit presque exclusivement aux attaques du parti encyclopédiste et aux plaisanteries de Voltaire. Riballier^ comme syndic de la faculté de théologie y avait présidé les assemblées de Sorbonne où le Bélisaire de Harmontel avait été censuré. Il lui en coûta cher. Dans les trois
empereurs en Sorbontu, Voltaire l'affuble du nom de Ribaudier, el le traite ainsi :
Ils entrenL dans l'étable oii les docteurs fourrés Ruminuient saint Thomas et prenaient leurs d^rés. Au séjour de YEryo, Ribaudieren personne Estropiait alors un discours en latin.
Ceci n'était rien. Mais le mallieureux syndic s'avisa de répondre; enl7S8, il publia la Lettre d'un docteur à un de ses arnii au sujet de Bélisaire '. Comme presque toutes les discussions théologiques de cette époque, la querelle ne portait d'ailleurs que sur des futilités; il s'agissait de savoir si lesgrands hommes de l'antiquiléjceux-làmêmes qui avaient au suprême degré pratiqué la justice et les bonnes œuvres, étaient damnés; et Riballier soutenait bravement que tous étaient en enfer, puisqu'ils n'avaient pu connaître ni la science du salut, ni la sainte religion catholique. C'était si naïf, que Hannonlel dédaigna de se fâcher. Quant à Voltaire, qui ne lâchait pas prise aussi facilement, il continua à maltraiter le pauvre sjndic.
A brâler les païens BJballier se morfond,
dit-il encore dans VEpître au roi de la Chine. Au reste, Riballier prouva qu'on peut être tout
à la fois un absurde théologien et un excellent administrateur^ car le collège lui dut de très-* précieuses innovations. En mourant^ il légua cinq cents livres en faveur de pauvres écoliers ^
Immédiatement au-dessous du grand-mai tre^ venait le bibliothécaire. Le procureur avait longtemps protesté^ il prétendait aussi à la seconde place; mais, en 1767, cette grave question hiérarchique fut définitivement vidée à l'avantage du bibliothécaire*. Celui-ci devait, comme le grand maître, être Docteur de Sorbonne, et son titre indique suffisamment en quoi consistaient ses fonctions. Il nommait le sous-bibliothécaire et les deux serviteurs de la bibliothèque '• Avant d'entrer en chaîne, il signait l'inventaire des livres dont la garde lui était confiée ; à sa mort, un récolement très-minutieux était fait, et plus d'une fois on a pris sur la succession du bibliothécaire la somme nécessaire pour remplacer quelques ouvrages qui> pendant son administration, avaient été détruits ou égarés.
1. Registre powr servir atuv délibérations et arrêtés de MM. les inspecteurs et grand-maitre du collège Mazarin, Archives de l'Empire. MM, 464.
2. Compte que rend messire Emmanuel-Clément'Chrétien Brugetf etc. Archives de l'Empire. H, 2835. — Aux termes de l'article 30 des Lettres patentes de 1688, le bibliothécaire n'avait la préséance sur le procureur que quand celui-ci était moins ancien.
3. Lettres patentes de 1688, article 22. — Recueil de la fondation du collège Mazarini^ p. 8.
Lapoterie qui^ du viyant de Hazarin^ avait rempli les fonctions de bibliothécaire^ donna sa démission en i688, et une pension'de douze cents livres lui fut accordée. Il eut pour successeurs :