‹ Les origines du Palais de l'InstitutChapitre 39 sur 63 · Recueil de la fondation du collège Mazariniy p · texte numérisé non relu

Recueil de la fondation du collège Mazariniy p

4. Registre pour servir aux délibérations et arrestés de messieurs les inspecteurs du collège Mazarin ^ et grand-maistre. Archives de l'Empire. MM> 463.

mination; mais en décembre i728 il le céda à Philippe- Jules-François Mancini, duc de Nivemois, qui était petit-fils de Mazarin ^

La liste des pensionnaires qui^ dans l'espace de cent vingt ans^ se succédèrent au collège des Qualre-Nations, présente peu de particularités intéressantes. Les registres de rétablissement sont même à cet égard un guide fort insuffisant^ car ils indiquent rarement le prénom des élèves^ et nous n'avons pu retrouver qu'un très-petit nombre des certificats délivrés par d'Hozier. Voici le résultat de consciencieuses recherches^ foi tes un peu partout.

En 1691^ un de Beaufort * et un de Sainte-Aldegonde sont admis comme pensionnaires; un de Chaulnes en 1696. En 1717, apparaît « Philippe- François Bari, natif de Dunkerque, petit-fils de Jean Bart, capitaine de vaisseau, et fils du sieur Bart, capitaine de vaisseau et chevalier de Saint- Louis '. » Trois ans plus tard, nous trouvons mentionné Gaspard' François Bart, sans doute le frère

1. Registre pour servir aux délibérations et arrêtés de MM. les inspecteurs et grand-maitre du collège Maxarin. Archives de l'Empire. MM, 464.

2. La famille de Beaufort était fort ancienne, et subdivisée en un grand nombre de branches, successivement originaires du Limousin, de la Champagne, du Dauphiné, du Languedoc, de la Savoie et de l'Artois.

3. Registre pou/r servir aux délibérations et arrestés de messieurs les inspecteurs du collège Maxarin^ et grand-maistre . Archives de l'Empire. MM, 463.

du précédent, mais rien ne l'indique*. Le xviii* siècle nous fournit encore : le sayant compilateur Jean-Pierre Niceron ' ; un sieur Cambronne, entré au collège en il31; l'orientaliste Etienne Fourmont, et le célèbre avocat Henri Cochin; le poëte Deslouches, dont d'Alembert a prononcé l'éloge; Helvétius, le père du philosophe; Crébillon ; Tabbé Goujet, Fauteur delà Bibliothèque française; l'astronome Nie. de Liste, le chirurgien François Morand, Facteur Lekain, le littérateur Nicolas Charvey, et le médecin Pierre Demours. Le président Hénault, élevé chez les Jésuites, vint faire sa philosophie au collège des Quatre-Nations '. D'Alembert, fils naturel de M"** de Tencin, recueilli par la femme d'un vitrier, fut mis en pension à douze ans, et entra au collège Mazarin en 1730. Le chimiste Lavoisier y fit aussi ses études. J^an- Sylvain Bailly, le futur maire de Paris, y étudia les mathématiques sous Lacaille. Enfin, en 1788, apparaît un sieur Cuslines, fils peut-être du fameux général.

De 1734 à 1753, trois membres de la famille de

1. La famille Bart fut anoblie par Louis XTY ; les lettres de noblesse sont insérées dans le Mercwre d'octobre 1694. Le fils du fameux Jean Bart mourutàDunkerque le 30 avril 1755, vice-amiral et grand-croix de Saint-Louis.

2. Goujet, Éloge de J. P. Niceron^ dans les Mémoires pour servir à Vhistoîre des hommes illustres de la république des lettres, t. XL, p. 380.

3. Sainte-Beuve, Le président Hér^aultf dans le Moniteur universel du 18 décembre 1854.

Galonné prennent place parmi les pensionnaires, ce sont : Charles- Alexandre de Calonne, le célèbre contrôleur général des finances au début de la révolution; Jacques-Ladislas de Calonne, son frère S et Jean-Baptiste de Calonne. Cette période nous fournit encore : l'historien Anquelil, le poëte Desforges, le chimiste Charles-Louis Cadet-Gassicourt, le vétérinaire Desplas, le littérateur JLotitV Germain Petitain. le chevalier d'£on, et le foèteEcouchardy surnommé Lebrun-Pindare : son père était valet de chambre du prince de Conti, dont Thôlel touchait le collège. Le peintre David y étudia également; on raconte que, pendant une récréation, une pierre lancée par un de ses camarades l'atteignit au visage et lui cassa une dent; il survint une tumeur contre laquelle les ressources de la chirurgie furent impuissantes^ et qui, en déformant ses traits, lui occasionna un embarras de prononciation qu'il conserva toute sa vie '.

Parmi les noms qui se sont illustrés pendant le xix« siècle, citons : le géographe Barbier du Bocage, l'archéologue i4/cj?andrc JLcnotr, fondateur du Musée des monuments français; le littérateur Mehée de la Touche, le mathématicien Legendre, le chansonnier Désaugiers, le Jurisconsulte Del-

1. Sur la fâcheuse aventure qui lui arriva à lafin de ses études, voyez la Chasteté du clergé dévoilée, t. II, p. 220.

2. Miel, dans VEncyclopédie des gens du monde ^ article David.

vincourly Fauteur dramatique Jean-Armand Charlemagne; François Etienne Kellermanny duc de Valmy, fils du célèbre maréchal de France ; l'avocat Ferdinand Bonnet, défenseur du général Moreau ; le peintre Barthélémy Garnier, Louis-Joseph- Charles de Manne, qui mourut en 1832 conservateur à la Bibliothèque royale ; le général Billard, mort en i855; Benoiston de Chateauneuf, mort membre de l'Institut en 1856, et le savant Jomard, mort il y a quelques mois.

Le collège des Quatre-Nations a eu peu de professeurs qui aient laissé un nom célèbre. Nous citerons pourtant le géomètre Pierre Varignon, qui y enseigna longtemps les sciences, et fut enterré dans les caveaux de la chapelle*. Le même honneur fut accordé au savant astronome Lacaille «,

1. Savérien, Bisloire des Philosophes modèmeSj t. V, p. 329. — Brice, Description de PariSy t. IV, p. 126.

2. Voici un fragment des lettres de faire pari qui furent envoyées à sa mort : Vous êtes priés d* assister au convoy et enterrement de Messire Nicolas-Louis de la Caille, . . . , jjrofesseur de mathématiques au collège Mazarin, décédé audit collège ; qui se fera cejourd*hv/y lundi 22*'"« mars 1762 à 5 h. précises du soir, en V église Saint-Sulpice, sa paroisse. Et au transport qui se fera ensuite en la chapelle du collège Mazarin, où il sera inhumé. Kequibscat in page.

Quelques jours après, un service eut lieu au collège même, comme le constate le billet suivant : Vous êtes prié de la part de Messieurs du collège Mazarin de leur faire Vhonneur d*assisler au service quils célébreront mercredi 31 mars 1762 dans leur chapellct à dix heures précises^ pour le repos (ie Vâme de Messire Nicolas-Louis de la Caille^ professeur de mathématiques audit collège

dont les cours de mathématiques étaient trèsappréciés et très-suivis. Quand il vint s'installer au collège^ on lui fit élever^ dans l'étiblissement même, un observatoire à toit tournant^ <x le plus commode qu'il y eut à Paris ^;» il reposait en effet sur un des lourds massifs qui s*élèvent aux côtés de réglise^ ce qui contribuait à donner aux instruments une complète immobilité. On voyait alors à Paris six petits observatoires de ce genre : au couvent des Capucins de la rue Saint-Honoré^ à rhôteICluny, au Collège royal de la place Cambrai^ à l'abbaye de Sainte-Geneviève et à TÉcole militaire*. Sous le Directoire^ Lakanal fit décider que celui du collège Mazarin serait mis à la disposition du Bureau des longitudes : il a été démoli lors de rinstallalion de l'Institut dans les bâtiments du collège. Lacaille eut pour successeur l'abbé Joseph- François Harie^ qui mourut en 1804.

La chaire de seconde fut occupée^ à partir de

On trouve la mention suivante sur les registres de la paroisse Saint-Sulpice pour 1762 : Le vingt-deux mars mil sept cent soixante^detuct a été fait le convoy et ensuite le transport en clergé en la chapelle des Quatre-Nations, de messire Nicolas-Louis la Caille,,,, professeur de mathématiques au collège Mazarin, . . . mort la veille audit collegcy âgé d'environ quarante-huit ans; témoins M* Ambroise Riballier, procureur dudit collège, et Louis François de la Tour, libraire et imprimeur, qui ont signé.

1. Journal historique du voyage fait au cap de Bonne-Espérance par Vabbé de la Caille, p. 95.

2. Xhiéry^ Cruide des AmcUewrs et des Etrangers, t. II, p. 270.

1767, par Pierre-Charles Cosson qui, de son vivant, jouit d'une certaine notoriété. Il avait adopté un système d'enseignement fort original; convaincu que c'est méconnaître la nature humaine que de la conduire à la sagesse par la contrainte et la sévérité, il donnait ses leçons en forme de jeux. Son Tite Live à la main, il divisait les élèves en Carthaginois et en Romains : le rôle était distribué à chacun, le plan de campagne arrêté, les positions fixées, et les manœuvres s'exécutaient tout en expliquant l'auteur, dont les expressions restaient gravées dans la mémoire des jeunes combattants *.

A la fin du xvni* siècle, Geoffroy (Julien-Louis), qui se fit plus tard un nom dans la critique littéraire, passa comme professeur de rhétorique du collège de Navarre au collège Hazarin.

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