‹ Les origines du Palais de l'InstitutChapitre 40 sur 63 · ORGANISATION INTERIEURE · texte numérisé non relu

ORGANISATION INTERIEURE

ORGANISATION lNTER[tURE

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1 A fâcheuse coutume de rassembler la s nuit les élèves dans un dortoir commun ' était inconnue du collège des Quatre- Nations; chaque pensionnaire avait sa chambre. La distribution des Ic^ements était faite au com* mencement de l'année par le grand-mattre qui, autant que possible, réglait le parb^ de manière à placer ensemble les écoliers d'une même nation. Les chambres avaient toutes à peu près la même

grandeur^ et étaient éclairées par une seule fenêtre. Le mobilier^ semblable dans toutes^ se composait d'un lit, d'une table^ et de trois chaises de paille. Le lit^ en bois de chène^ avait six pieds de long sur trois de large; un traversin rempli de plumes^ une paillasse et deux matelas recouverts de futaine le garnissaient ^ Les rideaux étaient de serge d'Aumale verte^ et bordés par un large galon. La serge avait été achetée à Saint-Denis^ en 1688^ à la célèbre foire du Landy^ il en avait fallu quinze cent cinquante aunes ; on eut le même jour soixante pièces de galon. Les matelas engloutirent deux mille quarante-huit livres de laine^ les traversins quatre cents livres de plumes^ et les paillasses trois quarterons de bottes de paille. On employa en outre deux cent quarante aunes de futaine pour recouvrir les premiers^ et quatrevingt-quatre aunes de coutil pour les seconds. Chaque paire de draps représentait six aunes de toile ; et chaque douzaine d'essuie-mains^ quinze aunes*.

1 . Registre pour servir aux délibérations et arrêtés de MM, les inspecteurs et grand-maitre du collège Mazarin, Archives de l'Empire. MM, 464.

2. Les quinze cent cinquante aunes de serge coûtèrent 1880 liv. 10 s.; les soixante pièces de galon, 49 liv. 5 s. 6 d.; les deux mille quarante-huit livres de laine, 939 liv. 9 s. 9 d. ; les quatre cents livres de plumes, 300 liv. ; les bottes de paille, 27 liv. 10 s. ; les deux cent quarante aunes de futaine, 230 liv.; et les quatre-vingt-quatre aunes de coutil, 127 liv. 7 s. 7 d. Compte que rend M* Charles Tharel d'Allo, . . . Archives de TËmpire. H, 2825.

Jusqu'en 1737, les élèves travaillaient dans leurs chambres. A cette époque, on fit établir à l'extrémité de chaque corridor, une salle d'étude qui réunit les écoliers pendant la Journée *.

Les chambres étaient d'ailleurs très-fréquemment visitées parles sous-maîtres, qui confisquaient sans pitié tous les objets défendus *. Après les mau*vais livres et les bouteilles de liqueur, c'est sur les pierres à fusil et l'amadou qu'avait le plus souvent à se tourner leur colère.

Au réfectoire, les élèves se servaient de couverts d'argent qui étaient fournis par le Collège, et qui portaient les armes de Mazarin. Le service était fait dans de la vaisselle d'étain, les nappes étaient jaunes et les serviettes « demy -blanches. » Une lecture à haute voix, que les élèves faisaient tour à tour, avait lieu pendant chaque repas. Le premier ouvrage acheté dans ce but fut l'Histoire de France de Cordemoy , on lut ensuite la Vie des SaintSy puis la Bible en latin.

1 . Registre pour servir aux délibérations et arrestés de messiev/rs les inspecteujrs du collège Mazaririj et grandnnaistre . Archives de l'Empire. MM, 463.

2. C'était là une règle commune à tous les collèges de Paris, et qui devait s'appliquer même aux professeurs : Chymnasiarchœ et collegiorum prœfecti singulis mensibus Ivrstreni cubicula^ bibliothecas et libros magistrorum^ quos régentes vocantj et scholasticorumy vt certiores fiante an apud tllos sint libri improbatœ doctrina, armay aut alia eiusmodi disciplinœ scholastic» repugnantia, — Statvta facvltatis ar~ tivm, art. XX.

L'analyse des registres qui renferment les dépenses de la cuisine fournissent des renseignements curieux sur l'élévation toujours croissante du prix des denrées alimentaires. En 1689^ te boulanger La Bretesche fournissait le pain au Collège moyennant i sol 4 d. la livre y un muid de vinaigre coûtait 30 liv., et une voie de bois, 13 liv. 5 sols. La livre de viande se payait alors 3 sols 6 d. ^ ; en i697, elle est augmentée de 6 d.*; en 4715, on la compte 6 sols 6 d.'; et en 1719, 9 sols*; en 1773, elle était descendue à 8 sols*, et en 1786, elle valait 10 sols*; le prix avait donc doublé en cent ans. En 4696, la chandelle ne se payait encore que 9 sols la livre ^

Le Collège consommait, année moyenne, dixhuit mille livres de viande, soixante-dix têtes de

1 . Compte que rend M* Charles Tharel d^Allo, , , Archive» de l'Empire. H, 2825.

2. Compte que rend W Charles Tharel d'Allo,,, Archives de l'Empire. H, 2826.

3. Compte que rend Jean-Robert Golier,,, Archives de l'Empire. H, 2829.

4. Compte que rend Nicolas Vamier. . . Archives de l'Empire. H, 2829.

5. Compte que rend messire Emmanuél-Clément-Chrétien Bruget,,, Archives de l'Empire. H, 2835.

6 . Compte que rend messire André RauUn, . . Archives de l'Empire. H, 2842.

7. Compte que rend Af' Charles Tharel d'AUo,, , Archives de l'Empire. H, 2826.

veau*, sept cent quatre-vingt-cinq livres de beurre*, cent trente-six livres de lard, et huit minots de sel. Les autres dépenses se répartissent ainsi : vtn, sept mille livres environ, il provenait toujours de Joigny, d'Auxerre ou d'Orléans; pain, six mille livres; pois, lentilles^ haricots, trois cents livres; vinaigre et moutarde , soixante livres ; chauffage, dix-huit cents livres, cette consommation se subdivisait ordinairement ainsi : quatrevingt-quatorze voies de bois, quatre-vingts voies de charbon et quatorze cents fagots; chandelles, cinq cents liyres ;blatichissage, cinq cents livres.

Nous verrons plus loin où le Collège puisait les fonds nécessaires pour faire face à toutes ces dépenses. On sait, en effet, que l'éducation y était entièrement gratuite ; les écoliers recevaient même, sur les fonds de rétablissement, cent livres pour leur entretien personnel et leurs menus plaisirs'. La faiblesse des grands-maîtres laissa peu à peu cette généreuse disposition s'altérer. C'est à Riballier que revient Thonneur d'avoir rendu à la fondation de Mazarin son véritable caractère.

Par suite d'abus qui, tolérés d'abord, avaient

1. Compte que rend Jean-Robert Golier.,. Archives de l'Empire. H, 2828.

2. En 1776, le beurre coûtait vingt sols la livre. Compte que rend messire EmmanueU-Clément-Chrétien Bruget.,, Archives de l'Empire. H, 2836.

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