Mercier, Tableau de Paris, t. Y, p
2. Registre pour servir aux délibérations et arrestés de messiwrvs les inspecteurs du collège Maza/rint et grand-maistre . Archives de l'Empire. MM, 463, p. 26 et suir.
et lui donnait de la lumière. Un quart d'heure après^ tous les pensionnaires devaient être réunis dans les salles d*étude ; on faisait la prière^ et le travail n'était interrompu qu'à sept heures un quart pour le déjeuner. Le dîner avait lieu à onze heures trois quarts, et était suivi d'une récréation qui durait jusqu'à une heure. Au milieu de la journée, un goûter très-léger permettait d'attendre sept heures, moment du souper. A neuf heures, on conduisait les élèves dans leurs chambres, et on les y enfermait à clef; dans la crainte du feu, il leur était recommandé d'éteindre leur chandelle au milieu de la pièces
Les récréations avaient lieu dans la deuxième cour du Collège, la plus vaste qu'il y eût à Paris; et les élèves avaient, dans une salle spéciale, un billard à leur disposition *. Deux fois par semaine, de une à quatre heures et demie en hiver, et de trois à sept heures en été, ils étaient conduits en promenade. Les dimanches et jours de fête, les permissions de sortie, délivrées eu général par le principal, étaient remises au portier ; celui-ci y inscrivait l'heure du départ et celle de la rentrée qui devait avoir lieu au plus tard à sept heures.
1. Registre pour servir aux délibérations et arrestés de meS'sieurs les inspecteurs du collège Mazarin^ et grand-'maistre. Archives de l'£mpire. MM, 463.
2. Registre pour servir aux délibérations et arrestés de meS' sieurs Us inspecteurs du collège Maxarin, et grand-maistre , Archives de l'Empire. MM, 463, p. 13.
Les exercices religieux s'accomplissaient sous la surveillance du chapelain. Tous les dimanches à huit heures^ les élèves allaient dans la chapelle du collège entendre la messe. Elle était suivie d'une lecture pieuse, et d'une instruction faite par le grand-maître. Chaque pensionnaire devait se confesser une fois par mois.
La clôture de Tannée scolaire était marquée par deux solennités : la distribution des prix et la tragédie ^ Le libraire Thiboust fut très-longtemps chargé de la fourniture et de la reliure des livres donnés en prix ; leur nombre variait entre cent et cent trente. Tous portaient sur les plats les armes de Mazarin, et leur reliure revenait en moyenne à vingt sols par volume.
Les frais occasionnés par la tragédie étaient plus considérables. L'impression des billets d'entrée et des programmes coûtait vingt livres, on distribuait quarante livres aux musiciens et aux suisses chargés de maintenir l'ordre ; le tapissier, pour la tenture de la salle, prenait cent livres , et le charpentier cent vingt livres environ pour la construction de la scène et des gradins '. La location des
1. Sur l'origine de ces représentations dans les collèges, voyez Félibien, Histoire de Paris ^ t. II, p. 728; t. IV, p. 634 et 674, et t. V, p. 25. On allait jusqu'à faire afficher dans les carrefours le programme de la soirée.
2. Compte que rend messire Barthélémy de la Fleutrie, . . Archives de l'Empire. H, 2831. — Compte que rend messire EmmanueUClément-Chrétien Bruget. . . Archives de l'Empire. H, 2835.
décors et des costumes était à la charge des élèves, il en résulta que les parents défendirent parfois à leurs enfants d'accepter des rôles. Le jeune Lekain, dont le père était trop pauvre pour supporter les frais de cette fêle, n'y prenait part que comme souffleur , et on raconte que l'instinct tragique qui se révélait déjà chez lui lui inspirait des réflexions et des conseils que ses camarades recherchaient avec avidités Pendant quelques années, on dut suspendre ces représentations, elles reprirent en i763; à cette époque, on acheta au collège du Plessis des décors et des costumes dont il n'avait plus l'emploi *.
1. Ed. de Manne> dans la Nouvelle Biographie gén&rahy t . XXX, p. 523.
2. Registre poit/r servir aux délibérations et ( rrétés de MM. les inspecteurs et grand-maître du collège Mazarin, Archives de l'Empire. MM, 464.
ADMINISTRATION FINANCIERE
vin
ADMINISTRATION FINANCIERE
I collège des Quatre-Nations passait à ï juste "titre pour le plus riche de Paris.
. Nous allons tâcher d'établir clairement quelle était sa situation ânancière.
Ses recettes se composaient :
1* De la mense abbatiale ' de Saint-Hichel-earaerm,
1. On appelait msrUB abbatiale la partie des monsBtère qni était apécialemeat aHectée a da l'abbé.
^ D*uue rente sur les gabelles ^
3* D'une rente sur le trésor,
A^ Du loyer des appartements situés sur la place du Collège et dans le pavillon des Arts,
S"" Du loyer des boutiques qui entouraient la façade ,
6"" Du loyer de seize maisons sises rue Mazarine et rue Guénégaud.
La mense abbatiale de Saint-Hichel-en-riIerm avait été léguée au collège par Mazarin. Son revenu, cpii dépassa soixante mille livres, fut parfois aussi inférieur à vingt mille. On peut l'évaluer, année moyenne, à trente-cinq mille livres '.
La rente sur les gabelles était également due à la générosité du fondateur. Elle devait normalement rapporter quinze mille livres.
La rente sur le trésor produisait douze mille
1. L'abbaye était alors occupée par des Bénédictins. En 1664, quatre des exécuteurs testamentaires, voulant procéder à la réalisation des volontés de Mazarin, conclurent le 18 août, avec les religieux, une transaction par laquelle ils leur assignèrent des pensions de retraite, « moyennant quoy ceux cy, par le même acte, consentirent que leurs maisons, les lieux réguliers et autres batimens de l'abbaye, leur mense conventuelle, et tous les biens et droits en dépendant, fussent unis et incorporés au collège Mazarin, avec promesse de leur part de laisser le monastère et tous ses batimens libres dans les derniers jours de la même année; et les parties convinrent que, en attendant l'établissement du collège, le tout seroit administré par M. Mariage. » Mémoire powr les Inspecteurs ^ Grand-Maître etprocikrear du Collège Magarin , contre Us Prieur et religieux de l'abhaye de Saint-Michel-en-V Herm, in-folio, s. 1. n. d., p. 3.
livres. Le capital placé se composait de deux' cent quarante mille livres.
Deux appartements^ donnant sur la place du Collège^ étaient loués à des particuliers.
Le premier s'étendait entre la porte d'entrée et la chapelle; c'est celui qu'occupe aujourd'hui M. S. de Sacy. Le loyer, qui était de sept cents livres en 1699, fut porté à mille livres en 1732. A cette date, il appartenait à M. de Bréhan, conseiller au grand conseil *; celui-ci fut remplacé vers 1745 par la comtesse de Raymond, et le prix de location porté à treize cent cinquante livres*.
Le second de ces appartements était beaucoup plus vaste; il comprenait toute la façade située entre la chapelle et le pavillon des Arts. En 1674, il était loué douze cents livres à M. de Villesdoin '; en 1689, on l'augmenta de trois cents livres *; enfin, en 1789; le sieur Langlois, ancien administrateur des hôpitaux militaires, le payait seize cent vingt livres *.
1. Compte que rend messire Barthélémy de la Fleutrie,.. Archives de l'Empire. H, 2830.
2. Compte que rend messire Ba/rthélemy de la Fleutrie... Archives de l'Empire. H, 2833.
3. Compte que rend Simon M<jmage^ conseiller du B.oy, . . Archives de l'Empire. H, 2823.
4. Compte que rend M* Charles Tharel d'Allo . . . Archives de l'Empire. H, 2825.
5. Compte que rend messire André Raulin. . . Archives de l'Empire. H, 2842.
Lé revenu de deux logements établis dans le pavillon des Arts varia entre quatre cents et neuf cents livres. Pendant fort longtemps l'un fut occupé par le peintre Jouvenet * ; l'autre par un sieur Roger, (f secrétaire de messieurs les princes de Conty. »
Le prix de location des vingt-quatre boutiques qui bordaient la façade du collège fut plus que doublé dans l'espace de cent ans. Les sept premières étaient louées ensemble douze cents livres en 1698% douze cent quatre-vingt-dix livres en 1745% et deux mille sept cents livres en 1789*. Le revenu des vingt-quatre boutiques était, en 1696, de huit mille livres environ ^ Ce chiflfre comprend les sommes perçues pour le loyer de quelques échoppes adossées au collège, près de la rue de Seine, et pour plusieurs chambres et greniers situés dans l'établissement, et qui servaient de dépôt à différents commerçants *.
Nous n'avons encore mentionné qu'en passant