G. Brice, Description de Paris^ t. IV, p
2. Compte que rend M' Cha/rles Tharel d'Allo. . . Arcliiyes de l'Empire. H, 2826.
3. Compte que rend messire Barthélémy de la FUutrie. . . Archives de l'Empire. H, 2833.
4. Compte que rend messire André Raulin,,, Archives de l'Empire. H. 2842.
5. Compte que rend M* Charles Tharel d'Aïlo,, . Archives de l'Empire. H, 2825.
6. Registre pour servir aux délibérations et arrestés de messieurs les inspecteu/rs du collège Mazarin, et grand-maistre. Archives de l'Empire. MM, 463.
les seize maisons que ]e collège possédait rue Mazarine et rue Guénégaud. Elles avaient été prêtes plus promptement que le collège , car la plupart des baux datent de 1664^ L'aspectdes lieux qu'elles occupaient n'ayant presque subi aucun changement depuis cette époque^ il est facile de se rendre un compte exact de leur situation.
La première « touchait la, porte de la cour des cuisines » qui^ de ce côté^ sert encore d'entrée au palais de l'Institut. Elle était suivie de six autres qui formaient toute la face gauche de la rue Ha*zarine jusqu'à la rue Guénégaud. Les septième et huitième maisons étaient adossées l'une à l'autre^ et faisaient le coin de ces deux rues; les quatre maisons placées à la suite de la huitième appartenaient encore au collège. I^ treizième était située^ du côté opposé^ à l'angle des deux mêmes rues; et les trois dernières s'étendaient à la suite, ayant leurs façades sur la rue Hazarine.
Le prix des loyers fut longtemps à peu près le même pour chaque maison. En 1670^ le premier étage se payait ordinairement six cents livres; le deuxième^ trois cents livres; le troisième^ cent vingt livres; le quatrième, quatre-vingts, et les boutiques, cent vingt*.
1. Compte rendu par Af. Mcmagey trésorier du collège Mazwrinj, . . Archives de TEmpire. H, 2822.
2. Compte rendu par M, Mariage^ trésorier du collège Mazarinj. . . Archives de l'Kmpire. H, 2822.
Ces prix furent successivement augmentés. En 1745, M. de Brehan, devenu doyen des conseillers au grand conseil, quittait son logement de la place du Collège et venait habiter le premier étage de la quatrième maison, il le payait douze cent quatrevingts livres ^ Soixante ans auparavant, le deuxième étage de la même maison était loué trois cents livres seulement par c le sieur Lange et la damoiselle Diamantine sa femme, comédiens italiens '.»
La cinquième maison est presque partout désignée sous le nom d'Hôtel de Flandres , la quinzième était dite Hôlel d'Anvers, et la seizième Hôtel d'Orléans. Des dénominations de ce genre, tirées souvent d'une circonstance particulière à la i
maison, étaient encore fréquentes au xvn* siècle, et n'indiquaient nullement l'existence d'un hôtel garni dans le sens que nous attachons aujourd'hui à ce mot. Constatons pourtant que la rue Mazarine posséda toujours un grand nombre de ces établissements. On y trouvait, en 1742, les hôtels : des Quatre-Nations, de la Toison-d'Or, de Hollande, de Bourgogne, de Calais, de Picardie et de Flandres '. Nous voyons encore mentionné Vhôtel de Flandres y situé rue Mazarine, dans le chapitre
1. Compte que rend messire Barthélémy de la Fleutrie. » Archives de l'Empire. H, 2833.
2. Compte que rend Simon Mariage^ conseiller du Roy. . . Archives de l'Empire. H, 28ii3.
3. Les rues de Paris, avec les quays, ponts, fauœhourgSt portes, hôtels, hôtelleries, etc., p. 198 à 207.
« Hostels et chambres garnies, » d*un ouvrage publié en 1760 *.
Les seize maisons rapportèrent dix-huit mille livres en 1696 et dix-sept mille seulement en 1745. Mais tous les appartements étaient loin d'être occupés, et les locataires ne payaient pas toujours trèsexactement leur terme. Il est vrai que, dans ce cas, le collège faisait sans pitié vendre leurs meubles '.
La bibliothèque avait ses revenus particuliers. Us se composaient d'une somme de mille livres qui lui étaient allouées sur les fonds de l'établissement pour achats de livres, et de dix-sept mille deux cent quarante-huit livres placées sur l'Hôtel de Ville; cette somme provenait de la vente des manuscrils de Mazarin qui, en 1684, avaient été achetés par le roi '. En 1690, ces dix-sept mille deux cent quarante-huit livres donnaient un intérêt de sept cent cinquante-neuf livres; en 1760, il était tombé à quatre cent trente-trois livres; et en 1792, elles ne rapportaient plus que quatre cent trente-une livres dix sols *.
1. Etat ou Tableau de la ville de Pa^iSj considérée relativement au nécessaire, à Vutile^ à Vagréahle et à l'administrationj p. 68.
2. Registre pour servir aux délibérations et a/rrétés de MM. les inspecteurs et grand-maître du collège Mazarin, Archives de l'Empire. MM, 464, p. 47.
3. Voyez A.-F, histoire delà bibliothèque Mazarine, p. 118 à 122.
4. A.-F, HiHoire de la bibliothèque Mazarine, p. 127, 133 et 140.
Les dépenses annuelles du collège étaient naturellement soumises à des fluctuations très-nombreuses. Nous allons les indiquer en chiffres ronds, calculés sur une moyenne de trente années, que nous avons fixée vers 1700. Réglées sur ces bases, elles se décomposent ainsi :
Appointements des fonctionnaires
supérieurs et des professeurs 14,000 liv.
Gages des domestiques 3,000
Pension de 100 liv. à chaque élève '. 3,000 Réparations faites au collège et aux
seize maisons 3,000
Impôts, taxe des boues et lanternes, etc 8,000
Frais de procès 1,000
Vin 7,000
Pain 6,000
Viande de boucherie 5,000
Beurre 800
Sel 500
Lard 250
Légumes, vinaigre, moutarde, huile, verjus, épices 5,000
Éclairage 700
Chauffage 1,800
1. « Pour les habits et linges de leurs personnes », disent les Lettres patentes de 1688, article 8.
Blanchissage 500
Entretien du mobilier, de la vaisselle et du linge 600
Distribution des prix et tragédie. . 500
Sous la Régence, le collège ressentit le contrecoup de la crise financière qui bouleversa Paris. A cette époque, les procès-verbaux des séances du conseil sont remplis du récit des pertes causées à rétablissement par les diminutions successives que subissaient les espèces métalliques. En août i7i9, chaque louis d*or perd vingt sols; en décembre, nouvelle diminution de vingt sols par louis et de quatre sols par écu. Enfin, en 1720, la débâcle devient complète; laissons parler le procès-verbal : a Aiant tiré du thresor * les espèces d'or et d'argent montant à la somme de 12,848 liv., tant en écus de 8 liv. qu'en louis d'or de 4.8 liv., et 2 liv. 8 sols en monnoie; on y a remis 500 liv..
1. Le trésor de chaque collège était déposé dans un coffre qui fermait à trois clefs, le supérieur en avait une, le procureur une autre, et le plus ancien des boursiers la troisième. « En iceluy coffre sont gardez les principaux priuileges et tiltres de la Maison, l'argent monnoyé, et le grand seau auquel est insculpée l'image du fondateur; et toutes ces choses se doiuent visiter et inuentorier vne fois ran.»DubreuiL Théâtre des Antiqvitez de Paris, p. 531. — Au collège des Quatre-Nations, ce coffre était remplacé par une grande armoire de chêne qui était scellée dans l'antichambre du logement du procureur. Voyez aux Archives la liasse inventoriée^ Q, 1274.
on a donné 500 liv. à Varnier pour la dépense courante^ et on lui a laissé 500 liv. qu*il remettra au sieur Ledoux^ ofGcier du collège^ pareillement pour la dépense courante. Quant à la somme de 11,348 liv. restante. Messieurs, pour obéira l'arrêt
du. ^ qui deffend sous des peines griéues de
garder plus de 500 liv., ont été d'auis de la faire porter à la banque roiale pour être conuertië en billets de banque *. »
Soixante ans plus tard, la Révolution vint à son tour forcer le collège à ouvrir sa caisse en faveur de l'État.
L'Assemblée nationale avait fixé au quart du revenu la contribution patriotique qu'elle imposait à, la France. Une première assemblée des inspecteurs arrêta que le collège ferait remettre au trésor une somme de quatre mille livres '. Après réflexion, on craignit que ce chiffre ne fût jugé par trop invraisemblable; une seconde séance eut lieu, et a un de messieurs les inspecteurs ayant représenté que, quoique la somme de 4,000 liv. à laquelle avoit été fixée la contribution patriotique