L. de Brienne, iiëmoires, t. II, p
semé dans sa chambre des lettres de faire part préparées d'avance^ et qui annonçaient son enterrement pour le 21 mars*. Enfli^ deux coïncidences assez remarquables n'avaient certainement pu échapper au ministre dont Richelieu avait été le constant modèle : Richelieu était mort à cinquante-huit ans^ Hazarin les avait atteints ; Ricbelieu avait gouverné la France pendant dix-huit anS; Hazarin entrait dans la dix-huitième année de son ministère. La Providence allait le forcer à continuer jusqu'au bout son rôle d'imitateur.
Mazarin manquait de cette foi chrétienne qui permet d'envisager la mort sans crainte et sans regret*. Une fortune très-réellement incalculabte^ un pouvoir presque sans limites^ ce sont là des avantages terrestres dont il est difficile de se détacher. Le comte de Brienne nous a rapporté dans ses Mémoires* une scène fort curieuse ^ et qui prouve quel désespoir Mazarin cachait sous son calme apparent. Il nous le montre^ déjà brisé par la maladie^ se traînant^ seul^ dans les vastes galeries du palais Hazarin^ jetant un regard désespéré
1. G. Patin, Lettre du 4 février 1661, à Falconet, édit. Reveillé-Parise, t. III . p. 3-20.
2. Voyez Mad. de Motteville, Mémoires, t. X, p. 185. — Choisj, MémoireSj^. 21Ô.-~DuchesBe de Mazarin, Mémoires, édit.Saint-Rédl, t. V, p. 8. — L. de Brienne, Mémoires^ t. II, p. 115. — Mad. de Lafajette, Histoire d'Henriette dAngleterre, p. 5.