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sur les merveilles artistiques qu'il y avait réunies, et se désolant comme un enfant à Tidée de s'en séparer. La faiblesse, plutôt que la résignation, lui fit abréger cette triste visite, et il rentra dans ses appartements, bien décidé à abandonner une demeure qui offrait tant d'aliments à ses regrets. Dès le lendemain, il se faisait transporter au château de Vincennes*.
Des préoccupations de la même nature l'y assiégèrent. Au moment de disposer de cette fortune qui va lui devenir inutile, il se sent arrêté par d'étranges hésitations, par de douloureux remords. Aujourd'hui, il avoue au roi qu'il a des sommes considérables déposées à Brissac et à Sedan ; le lendemain, il envoie demander deux millions au receveur des gabelles qui les lui refuse*. Les souffrances physiques se joignent aux tortures morales. Il a de continuelles suffocations ; son corps maigre, sec, exténué, décoloré, exhale une odeur affreuse^. Ses pieds enflent à tel point qu'il faut les lui envelopper dans la fiente de cheval^, et sa
1. Aubery, Histoire du ca/rdinal Mazarin, t. IV, p. 385. — Poncet de la Grave , Tableau historique du château de VincenneSy l. II, p. 119.
2. G. Patin, Lettre du 7 mars 1661, à Falconet, t. III, p. 336.
3. G. Patin , Lettre du 7 mars 1661, à Falconet, 1. III, p. 335.
4. G. Patin, Lettre du 22 février 1661, à Falconet, t. III, p. 326.
faiblesse est si grande qu'on songe à le mettre au lait de femme <.
Il a pourtant encore toutes les jouissances que peuvent donner la vanité et Tamour-propre satisfaits. La Cour^ habituée à suivre tous ses mouvementS; Ta accompagné à Vincennes; il règne encore^ et les flatteries ne lui manquent point. L'état de sa santé est le sujet de tous les entretiens ; Loret; dans sa Gazette, instruit religieusement le public de toutes les phases de cette maladie^ qu'il présente comme si funeste à la France. S'il {fallait l'en croire^ dès le commencement de mars plus de trente mille personnes se seraient rendues
au pié des Autels
Demander la convalêcence De ce vray Miroir de Prudence , Qui seroit exempt du trépas, Si les Sages ne mouroient pas *.
Mazarin qui est arrivé en France sans ressources vient de marier sa nièce, et lui a remis en dot douze cent mille écus d'argent comptant' ; il a
1. G. Patin, Lettre du 25 février 1661, àFalconét, t. III, p. 327.