Les origines du pangermanisme (1800-1888);
Ou voudrait dans une série de volumes substantiels réunir la documentation la plus significative et la plus sûre cpii existe sur ce mouvement d'idées qu'on a appelé le « pangermanisme ». Il a paru en France, depuis l'origine de la guerre de 1914, sur l'état d'esprit pangermaniste des appréciations en foule, éloquentes souvent, et quelques-unes signées de noms illustres. Il s'est mêlé à ces manifestations trop d'erreurs matérielles, et aux bonnes intentions (jui les animaient, un manque trop évident de sens historique, pour qu'il soit sans danger de laisser cheminer des procédés aussi sommaires de polémique. On n'atteint nullement l'adversaire dans les positions qu'il occupe si on n'en étudie pas de près la configuration et les défenses. Il me parait tout à fait vain de chercher les antécédents de la mentalité allemande actuelle dans l'erreur chimique par laquelle Stahl, avec toute l'Europe du xv!!!*" siècle, croyait pouvoir expliquer le phénomène de la combustion par le phlogistique. Et l'on dirait vraiment que les étrangetés expérimentales auxquelles s'est heurté Lavoisier, et dont l'outillage d'alors ne per-
mettait pas de triompher, n'ont pas eu de quoi justifier larg^ement la première résistance de ses adversaires. Plût à Dieu que nous eussions afïaire sur notre front de bataille, non pas aux chimistes très avertis qui inventent, avec les derniers procédés de la technique, des « liquides spontanément inflammables », dont la projection déchaîne « une vague de flammes d'une longueur et une largeur uliles de vingt mètres », mais à des rêveurs tels que Stahl, en gésine de théories sur le phlogistique !
Un de nos savants les plus universels et un des penseurs les plus ingénieux de ce temps, M. Félix Le Dantec, est en litige, depuis des années, avec les néo-darwiniens allemands de l'école de Weismann; et dans cette querelle beaucoup de spécialistes et de philosophes estiment qu'il a nettement l'avantage. Pourtant l'amertume du conflit en lui est telle que, à SCS yeux, toute la pensée allemande est atteinte des tares scolastiques de la biologie weismannienne. Ce n'est pas croyable et Le Dantec en conviendra un jour, ([uaiid ses propres doctrines lui auront valu en Allemagne le nombre d'adhérents qu'elles nu'ritent. Mais les partisans de Weismann fussent-ils légion, leur obstination ne nous ap|>ren(l rien sur la pensée et le calcul politique, très [)ié('is et dénué de chimères, que l'on appelle pangermanisme. M. Dcrgson, au tenq)s oîi l'obligation de faire honneur à notre signature nous eoinmaïulail d'attaquer en Helgi(|ue, sans artillerie lourdes et avec une mitrailleuse contre sept, soutenait <pie la civilisation française trouverait dans le fond de son initiative créatrice une Hupériorité morale qui aurait raison de