‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 13 sur 98 · III. — Le pangermanisme économique de iS^o · texte numérisé non relu

III. — Le pangermanisme économique de iS^o

Le changement qui se produit dans l'esprit public allemand entre i8i5 et i854 ne tient pas seulement à une puUulation spontanée d'orgueil. Il s'y est introduit une nouvelle façon de voir, reconnaissable chez Arndt lui-môme, et qui considère les faits sous l'aspect économique. Le principal doctrinaire de ce nouveau germanisme, militant en affaires, autant que par l'action diplomatique et militaire, est Friedrich List. Les patriotes de i8i5 soutenaient leurs espérances par le rêve du vieil Empire allemand à reconstituer et par l'ambition frédéricienne d'y faire prédominer la Prusse. Chez les économistes de 1840, il se superpose à ces ambitions, édifiées sur des souvenirs, le souvenir non moins stimulant de la grandeur maritime des Hanses.

Friedrich List n'a pas été seulement le théoricien le plus connu du protectionnisme. Il est surtout le

Uiéoi'icien des nationalités économiques. Heinrich von Biilow avait construit un déterminisme, d'après lequel sont dévolus nécessairement à une nation lous les territoires qui se trouvent dans sa sphère d'action militaire. List construit un déterminisme d'après lequel les nations sont tenues de conquérir par degrés, mais iaéluctablemcnl, sous peine de mourir, tous les territoires qui se trouvent dans leur sphère d'action économique. List aussi se dit le fondateur d'une science nouvelle, la science de la croissance des nations, celle qu'il appelle orgueilleusement la « science de l'avenir ». Observer dans leurs variations par des statistiques minutieuses les grands faits permanents; prolonger par le raisonnement les courbes ainsi obtenues pour le passé, voilà ce qui permet à la pensée de délinir les linéaments des temps futurs et ce (lui permet à l'action d'y prendre pied, pourvu (pi'elle se conforme à celte pensée observatrice et raisonnante.

Parmi ces faits permanents, il y a les qualités foncières des races. On ne fait pas d'économie polili(pie avec une race quelconque. Ni les races latines, conduites par la France, ni les races slaves, conduites par la Russie, n'ont les (pialilés (pii donnent la plus haute domination. List se représente la France telle que l'avait faite Napoléon : lont un peuple Iransfoi'iné i'U machine de guerre précise et aut(nnali(pu*. Pas de <pialités agricoles cl manufacturières, sauf dans ses provinces germaniipies, l'Alsace ou la Fhuuh'e. Fneore moins dequalités maritimes. I^oinl de HCHK delà lilx'rté. ComnK'nt l'avenir serait-il à elle? La FrunciiBcnl bien son impcrCcclion cl sa ))r()('haine

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