‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 14 sur 98 · PREFACE XXXIII · texte numérisé non relu

PREFACE XXXIII

déchéance. Sa Iblle ambition de conquérir la frontière du Rhin n'est que le besoin de s'assimiler des populations économiquement capables, c'est-à-dire germaniques. Pour la Russie, elle n'est qu'une bête fauve entre les nations, qui a des périodes de sommeil et des sursauts redoutables, quand elle sort de son engourdissement. Sa prétention de dominer le monde barbare, c'est-à-dire l'Asie et les Ralkans, peut rester inoffensive si on la guide et si on la tient en lisière. Le danger serait seulement pour les peuples occidentaux de demeurer stationnaires devant cette force si rapidement croissante. Une seule race a la vigueur qu'il faut : la race germanique.

De cette race, on ne sait quel peuple la représente le mieux et lequel la conduit. Est-ce l'Allemagne ou l'Angleterre? List a trop voyagé en pays anglosaxon pour affirmer d'emblée la suprématie de l'Allemague. Dans ce doute, ce qui pourtant est sûr c'est que la race germanique a mission providentielle : 1° de diriger les affaires du monde ; 2° de civiliser les barbares ; 3" de peupler les territoires encore inhabités du globe. Allemande ou anglo-saxonne, elle seule a les qualités d'énergie vitale et prolifique ; la capacité industrielle ; le don de faire grandir dans l'ordre, par la discipline, par le self government et par la justice, des communautés parfaites. Or, si ces qualités sont communes aux Anglais et aux Allemands, comment oublier que les villes hanséatiques allemandes fondèrent la première puissance navale que l'Europe du Nord ait connue? N'avaient-elles pas des comptoirs jusqu'à Londres ? N'est-ce pas leurs navires (pii transportaient les matières premières anglaises

XXXrV LES ORIGINES DU PANGERMANISME

et les produits manufacturés des pays flamands, les fourrures de Nijni et les produits des pêcheries nor- Tégiennes ? La Hanse n'a pas duré, parce qu'elle n'a su ni le secret de la vraie division du travail social, ni les conditions qui font durer économiquement les nations. Commerçante habile, elle n'a été ni créatrice de manufactures, ni fondatrice de colonies anx pays chauds. La marine anglaise et la marine hollandaise ont dû la distancer, quand l'Angleterre et la Hollande ont disposé dune manufacture indigène et quand elles ont fondé sous les tropiques un empire colonial, dont le tralic leur était seul réservé. On ne peut évincer du commerce maritime une flotte qui transporte les produits manufacturés ou les denrées coloniales de sa propre nation. Une telle flotte trouve du fret rémunérateur pour tous ses voyages. Elle approvisionne les colonies en produits des industries métropolitaines et la métropole en denrées coloniales. Grands facteurs de puissance : nne fédération de villes libres ne suffit pas à se les assurer. 11 lui faut V hbiterland d'une nationalité unie, dont toutes les forces ])ro(luctivcs déversent leurs produits par l'exutoire maritime; et une souveraineté nationale (jui sache soutenir de sa force l'initiative de libres cités. Un empire qui serait une fédéralion de puissantes vilhîs, non seulement maritimes mais industrielles, et (|ui aurait jiiscpie sous les trüpi(|ues ses marchés d'achal, prolégés par une métropole mililairenienl puissante : tel est l'idéal de List. Il le lire à In fois de l'histoire manciuée des Hansus allemandes et de l'histoire |)rospère de l'Angleterre. Kt, aussitôt, unt* ambition s'empare de

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