‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 30 sur 98 · TOUT ETAT DOIT AVOIR L ACCES DE LA MER · texte numérisé non relu

TOUT ETAT DOIT AVOIR L ACCES DE LA MER

Il faut que chaque i)ays, si la nature n'y a pas mis d'obstacles, obtienne sa mer : car, par le commerce, par l'activité et l'industrie qu'elle suscite, la mer est le plus grand instrument de culture.

Germanien und Europa, p. 327,

La Pologne ne sut pas reconnaître que son devoir de nation était avant tout de défendre sa frontière maritime et d'en chasser les chevaliers teutoniquds.

Cette négligence fut la mort de la Pologne.

Lorsqu'au xviii" siècle la Prusse et la Russie s'emparèrent complètement de son domaine maritime — car géographiquement le nord de la mer Noire appartient l)our la plus grande partie à la Russie — autant valait dire que la Pologne n'existait plus; sans mer, entourée de puissants voisins, n'ayant aucun instrument de culture supérieure, n'ayant pour la défendre aucune des frontières assurées par la nature, il lui était imi>ossible de devenir jamais quelque chose : elle devait disparaître tôt ou tard.

Ibid., p. 3'2{) et 33o.

La Russie qui, dei)uis le xm« siècle, subissait le joug des Mongols, lit au xv" siècle les premières tentatives l)our s'en libérer. Au xvr , elle combattit — en vain, il (ist vrai — jjour aboutir quelque part à la mer : la Suède ne la laissa pas jouir longtemps du coin de mer Baltique qu'elle avait conquis.

Enfin, Pierre le Grand arriva au pouvoir. Ce que d'autres souverains n'avaient pu apprendre de toute

l'expérience et de toute la cultui*e dont ils étaient entourés, Pierre le Grand le saisit du pi-emier coup d'œil : « Il lui fallait conduire son peuple à la Baltique et à la mer Noire pour pouvoir le civiliser. .»

Cela lui réussit : il vit les premiers vaisseaux russes voguer sur la Baltique et, par le Don, il ouvrit à son peuple la domination de la mer Noire.

Ibid., p. 33oet35i.

La Hongrie n'a jamais eu ses frontières naturelles, ni l'étendue de mer qui lui revenait, aussi la nation n'estelle pas encore devenue ce qu'elle aurait i)u être et ce qu'un jour peut-être elle sera. La Hongrie n'est jamais

parvenue à sa inci*.

Ibid., p. 33a.

Mais Arndt repare cell«; injustiee en parlaj^eai»! l'Europe du Sud-Est d'après les principes géographiques, linguLsli(iues et ethniques précités. II obtient ainsi dcnx Klats : l'un d'eux .serait une Grande (Irèee; l'antre serait la Hongrie.

L'État septentrional (jue, probablement à tort, nous nommons l'Ktat hongrois, recevrait une }>artie de la mer Noire et de l'Adriatique comme l'organe de civilisation qui lai est dû. La irantière occidentale serait constituée par la Mai*osch, cl, en parlant de ce fleuve et descendant vers le Sud, par la Irontière ouest de la Dalmatie. \a's Karpalhe.s et le Dniester jusqu'à son embouchure liiïiiteraicTit cet Ktat au nord; quant à la i'rimtière sud, elle Hcvait fermée par l'ilémus el les numtagiies (lut séi)aivnt l'Albanie de la Dalimitic, (|uand on tiace une ligne presque droite de Varna sur la mer Noire à Uaguse .sur 'Adriati<|ue. C'cHt là un Mtal niagniru|ii(>, mais (|ui doit avant li>ulrlre un Etat unique, s'il v<'ulassurersa (oniplète sécurité, compromise par hcn nombreuses frontières conti- Bcntales, et empêcher «pie la mer lui soit jamais fermée.

Ibid., ]). VSi.

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