LES FRONTIÈRES DE LA FRANCE. — LE RHIN
La question des frontières naturelles de la France a pour Arndt un intérêt tout particulier. — La France revendique comme telles les Pyrénées, les Alpes, le Jura et le Rhin. — Les Pyrénées et les Alpes seiublent à Arndt frontières indiscutables; le Jura moins ; le Rhin doit être allemand sur ses deux rives.
Le pays qui s'appelle maintenant l'Alleuiagne doit seul l)Osséder le Rhin et la mer des deux cotés du fteuve comme ses frontières naturelles.
La France, dans .ses anciennes limites, a deux fois autant de mer — par suite deux fois autant de moyens de culture et de défense que l'Allemagne.
Géographiquement, la Somme en Picardie pourrait
déjà former sa frontière nord, et l'Allemagne n'aurait par là que la mer qui lui revient en raison de sa situation générale.
Si nous faisons intervenir aussi la seconde loi des frontières naturelles — savoir la langue, — loi qui cependant doit toujours être subordonnée à l'autre, — la France s'étend alors jusqu'à l'embouchure de l'Escaut, et de là par Bruxelles, Liege, Luxembourg jusque vers Landau et le Rhin.
De quel droit, si ce n'est de celui de la force et de la pure convenance, la France prend-elle maintenant tous les territoires de la rive gauche du Rhin, et pose-t-elle ce fleuve comme sa limite nord, jusqu'à ce qu'il lui plaise d'en faire autant du Spessart, de l'Odenwald et de la Weser?
Bien plus, la frontière du Rhin paraît déraisonnable au point de vue jjolitique, — du moins à l'heure actuelle — étant donné qu'elh^ est injuste, parce qu'elle ferme encore davantage la mer à l'Allemagne, et qu'elle est inutile parce que la France, même dans ses anciennes frontières, n'a aucun ennemi à redouter.
Ihid., p. vJ8G et suiv.
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Considérons un inslaiil I ".Mlcmagne comme une iinitr, — ce qu'idle aurait [m cerlaincnuMit ilevenii" à l'exenjple de. la France et de la Clrandt^-Brelagne, mais ee([ui ne lui fut pas pcrmiH — ; quelles sont .ses frontières naturelles?
Au sud, les Alpes et l'angle n<»r(l de r.Xdiialique. Au point de vue géognipliicpic el linguisti((iie, la Suisse prt'Hquü entière rentrerait dans ces limites.
A l'jmeHt : la lucv des Pays-Has français et bataves; dès le XVI* MÎècle «elle (Voiil iriT Till It'-^i'i«.
EUXST-MORITZ ARNDT 89
1/ Allemagne a de plus des droits à faire valoir sur la mer du Nord. D'après sa situation, en eilet, tout le sud de l'Allemagne est obligé de tendre vers cette mer, en empruntant le cours du Rhin, pour recueillir richesses et culture.
Au nord, la frontière légitime de l'Allemagne est l'Eider et la Baltique. A l'est, l'actuelle frontière jîolitique s(^ trouve être aussi frontière géographique, puisque, i^ar un hasard heureux, elle concorde presque complètement avec la frontière linguistique.
Ibid., p. 4ii-