L. Tableaux synoptiques du monde allemand
M. Valeur de l'Allemand.
a) S|a complexité ot son universalité. — Le mineur, le marin, le chasseur de chamois, le baleinier, le pâtre des Alpes, le hil)oureur, le charretier, l'ouvrier, le soldat, le
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savant, l'artiste, le commerçant, le prince, le sujet.
b) La souplesse de caractère.
c) Institutions caractéristiques. — Féodalité. — (Chevalerie. — Sainte-Vehmc. — Hanse. — Sociétés de tir. — Diètes. — L'Empire allemand.
d) Plaisirs particuliers.
e) Jugements des pays étrangers et des pays allemands.
f) Histoire du costume allemand.
N. Vie allemande.
O. Grands hommes tirés de l'histoire de l'Allemagne, pour servir de modèles.
Ibid., p. 224-2-^7.
Friedrich LIST (1789-1846).
FRiEDmcii LIST a dit lui-mèiup que, pour expliquer son œuvre, il faudrait r.'ssusciter pour le moins la moitié de sa vie. Mêlé de bonne heure à l'activité politique et économique de son i)ays, ce sont des expériences souvent cruelles qui dirigent son attention et ses ellorts vers les questions d'économie politique et qui l'amènent aux grandes idées à la délense desquelles il consacre sa vie.
Né à Reutlingen en 1^89, d'une famille de la bourgeoisie moyenne, les démêlés des siens avec l'Administration wur temi)ergeoise lui inspirent dès sa jeunesse une profonde antipathie contre tout fonctionnarisme étroit et toute puissance absolutiste. 11 débute comme siniple scribe à Tübingen; mais, bientôt, ses travaux et son intelligence attirent l'attention du ministre libéral Wang>'nheim (jui le nomme professeur de droit économi(ine à rUniversilé de la même ville (1817).
Uni' Allemagne morcelée, privée d'inslitutions libérales, encore divisée par des douanes intérieures (pii entravent l'industrie et le commerce, s'olfre à ses études. Dès lors, List se donne pour tâche de travailler au relèvement et à la prospérité de son pays qu'il aime ardemment et à la constitution de l'unité complète économique et politique de l'Allemagne. 11 se fait en 181«) un des promoteurs les plus ardents de r« Association allemande ». Elu aux états de Wurtemberg, il se lance dans le mouvement libéral. Il élabore de vastes plans : élargissement de la souveraineté nationale, suppressions des douanes intérieures, union postale, système de droits protecteurs communs. Il s'élève déjà contre le libre-échange qui amènerait la création d'une sorte de république universelle et aboutirait à l'oppression des nations attardées. De plus, l'industrie naissante de l'Allemagne ne peut se développer qne si on la protège contre la concurrence étrangère. Celte protestation contre les abus ailministratifs entraîne son exclusion du Parlement el sa condamnation à dix mois de prison. 11 s'enfuit. Mais, après avoir essayé vainement de s'établir en Alsace, dans le duché de Bade, en France et
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enfin en Suisse, il revient en iSaS subir sa peine. Il est autorisé alors à émigrer en Amérique à la condition d'abandonner sa dignité de citoyen wurtembergeois. Il s'établit en Pensylvanie. L'état de l'industrie américaine l'aHermit encore dans sa haine du libre-échange. Puis, pour l'exploitation d'une mine qu'il avait découverte, il l'ait étal)lir un chemin de Ter et voit immédiatement ce qu'un tel moyen de transport pourrait apporter à l'Allemagne. 11 y rentre et séjourne comme Américain à Leip/ig (1839), à Paris (1840), à Augsbourg. En i8'}o, il publie son œuvre princii)ale, résiuné de vingt années de travaux et d'expériences : le Système national d'écononde politique.
Il Insiste sur le rôle de la nation dans la vie économique : la nation constitue l'intermédiaire entre l'individu et l'humanité et le progrès de la nation est nécessaire au progrès de l'humanité. Le stade suprême de ce perfectionnement est le seul (pii assure son indépendance; la nation l'atteint lorsque son industrie, son agriculture et son commerce extérieur s'équilibrent heureusement. Ce degré de développement, l'Angleterre l'a atteint déjà et l'Allemagne doit y parvenir, car c'est le peupli' élu désigné par la Providence pour remplir trois grandes lAches : diriger les destinées du monde, peupler les territoires incultes, civiliser les pays barbares. Mais il lui laut auparavant appuyer sa puissance économique sur une puissance polititpie. L'Allemagne doit donc réaliser son unité; elle doit ensuite utiliser mieux ses forces productives. L'expansion d«*s peuples germani(pies dans les Amériques, dans l'Inde, en Australie et en Nouvelhv/elandc, la création d'une Hotte, enfin une politi(iue conliiieiilale dirigée, de concert avec les autres puissances eiu-opéenucs, conlre la suprématie anglaise, conduira encore à ce but.
A la même époqu«', Lisi fonde le Journal de V Union douanière et, en l84u, paraît la brochure où il assigne un«' nouvelle direction à r(>xpansi(ui allemande : la colonisation de rOrienl.
(leci l'amène i\ s'occ'upci- de la Hongrie dont il xoudrait l'uire une provinc«; de r.Vllenuigm'. Il publie Dit' Àcl<erverfasmuiff und die Aiisivanderuiif^ de liv^inw afçraire et l'Iùnif^ralion) iH.'Jj, v\ l)ie nationnl-nlionomische lief'<trni l 'n^uir/is (la lii'/ornie t'cononiii/iie de la llonffrie) iS/JS. Il faut diriger l'éniigration allmiiinde vers cet îmm(>nse pays tout proche et qui pourrait d<>\(-iiir fertile, salubre, riche, (lolouisi- par d(>s Alh'uiauds honiièt<-s ri laltoricux, il uourrirail facilement la iiioilié de rAllenuignc.
De nouvelles idées g(;rnienl. L'Angleterre est un dangiM' pour l'Alleniugnu, mais le danger de la l'ranee et de la