‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 52 sur 98 · FRIEDRICH LIST · texte numérisé non relu

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ils doivent leurs succès dans ces diverses branches surtout à celles de leurs provinces dans lesquelles domine le génie allemand : l'Alsace, la Lorraine, la Normandie et la Flandre française. Aucun système protecteur n'a jamais été assez puissant pour l'aire fleurir leur marine marchande et leur pêche en haute mer. Ils n'ont jamais j)ii arriver à fonder des colonies importantes, à les civiliser et à s'y maintenir, et encore bien moins à leur donner un génie et une vie propres .

Ainsi, il leur manquait tous les éléments fondamentaux pour faire d'eux une grande puissance maritime. De même, leur Hotte a été de tout temps une flotte de parade, une sorte de mulet incapable de propager sa race (|ui, lorsqu'il disparaît, no peut être remplacé que par une création artificielle ot j)ar un élevage pénible et long.

Aux défauts déjà mentionnés, les Français ajoutent un extrême amour de la gloire et j)riiHii>alement de la gloire militaire qui a fait d'eux de tout temj)s l'instrument docile de grands généraux. Même ils n'estiment pas tant la liberté et la richesse nationales à cause du bien être qu'elles procurent que poul* les avantages que leur puissance militaire en recueillera.

Les Français n'ont jamais songé à appliquer le principe de démocratie, cette source si riche de prospérité et de puissance nationales, et nous pourrions presque croire qu'ils n'ont jamais su ce qu'on entend exactement par ce mot ; leurs villes et leurs départements se montreraient incapables d'en faire aucun usage utile au cas où leur gouvernement aurait, de son propre chef, l'idée subite de les doter du droit de s'administrer eux-mêmes. A[)i'ès soixante années d'agitation intérieure et de luttes extérieures pour la liberté et la grandeur nationale, l'organisme politique de la France n'est rien de plus qu'une machine construite et comljinée dans le but de faire la

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guerre au continent européen ; même ses récentes conquêtes en Afrique ne sont aiipréciées et utilisées que comme un champ de manœuvres pour y former des généraux et des armées en vue de conquêtes continentales.

Les Français n'ont jamais cessé et ne cesseront jamais de convoiter la frontière du Rhin. Ils semblent pour cela avoir des raisons beaucoup plus profondes que celles derrière lesquelles ils se retranchent. Notamment, les Français n'auront pas de jîeine, quand ils posséderont la Belgique et la Hollande jusqu'au Rhin, comme cela est déjà arrivé une fois, à conquérir aussi lu Hollande et les l^ays sur les bords de l'Ems, du bas Weser et de la basse Elbe. En greffant de la sorte la partie la plus vigoureuse de la race germanique du conliu<!nt sur la branche latine de leur nation, ils fournissent à leur caractère national les qualités indispensables à la réalisation de la suprématie du monde : une grande capacité de production dans l'industrie et le commerce et une aussi grande habileté i»our le relèvement de la navigation, des colonies (lorissantes et de leur puissance maritiuie.

\'aleur et conditions d'une alliance entre la Grande-Iiretagne et l'Allemafrne, p. 44a-43.

b) La race slave.

Depuis que rEuroj)e connait un Etal russe, elle s'est aperçue que la nature »le cette nation est essentiellement <.'on(piéranlc cl ((u'il ii'v a rien d'auli-r à iillcndi'c d'elle jMiiir ravcnir.

La puiHHance (|ui réunit t-n une iialiou utn* niass(> aussi <-(ini|iacte (h> hordes barbares esl |Mii*cm(>nl uiililaire et ne rep<»He j»i-es(|iie siii' aueuuc bas«* solide. Daus im tel

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pays, la marche habituelle et rationnelle de la civilisation est beaucoup trop lente pour permettre au gouvernement d'arriver dans un délai relativement court, à donner à sa puissance une base plus solide convenant mieux au bien-être des individus. Créée par la baïonnette, maintenue et soutenue, agrandie et fortifiée par la baïonnette, c'est seulement par la baïonnette qu'elle a un avenir dans la main. Si elle s'écartait le moins du monde de ce principe vital, elle abdiquerait.

La conquête est un besoin naturel pour la Russie, comme pour les bêtes fauves la chasse des animaux plus faibles et inolTensifs. Parfois aussi, les bêtes féroces, surtout lorsqu'elles reposent, semblent calmes et paisibles, mais aucun naturaliste ne se laisse tromper sur leur véritable nature ; il sait que leur tranquillité indique seulement qu'elles digèrent leur pâture matinale, que le sommeil réi)are leurs forces épuisées, ou encore qu'elles pensent à une nouvelle proie et la guettent. « Pour ce qui est de la Russie, la circonstance qui a prêté à cette bête fauve, par un jeu bizai're de la nature, un esprit humain et pensant, bien loin de changer son caractère férore, contribue seulement à la rendre encore plus redoutable en lui donnant la facilité de suivre ses instincts bestiaux avec plus de conséquence, de persévérance, d'astuce et sous une apparence de modération et d'humanité.

La nation russe se compose en majeure partie de laboureurs, de bergers, de chasseurs, de nomades. Sa force industrielle, son éducation littéraire, sa culture, tout ce qui lui donne un vernis de civilisation est feinte pure. En particulier son industrie, créée de toutes pièces, ne sert qu'à tlégager les finances du pays de toute influence extérieure. Le libre- échange n'y réussirait jamais aussi bien. L'eflet civilisateur s'arrête aux classes supérieures de la société et, de longtemps encore, il ne

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pénétrera pas les couches sociales moyennes et inférieures. L'influence de chacune des découvertes, des inventions, des améliorations, par lesquelles la production agricole, dans les pays civilisés, s'est élevée aussi extraordinairement au cours de ces cinquante dernières années, n'a pas été médiocrement sensible en Russie. Mais l'exportation de ses produits est loin d'être en rajjport avec l'accroissement de sa production agricole qui agit naturellement sur l'augmentation de la population ; en vérité, cela est si frappant que, si je ne me trompe, elle s'élève dès à présent de i à a % annuellement. Le ehifli'e de la population actuelle est d'environ 60 millions et au cours des 5o ou 60 années prochaines, elle atteindra le chiffre de 100 millions d'hommes. C'est une po])ulation qui a été élevée et a grandi dans la barbarie, elle est habituée aux aliments grossiers, aux privations et aux fatigues <1(; toutes sortes dès la jeunesse, elle ne connaît jjas d'autre conunandement que celui de son souvei*ain militaire, elle considère la vie de soldat comme sa vocation, la guerre comme un bonheur qui ne dérange en rien sa destinée ou son administration ; au contraire elle est liabituée à espérer uniquement le butin et l'assouvissement de ses penchants dans une vie dépravée, irrégulière et aventureuse. Il n'en est pas de même fiiez les peuples civilisés où la seule crainte de la guerre met le dé.sordre partout et |)araly8e toutes hvs forces.

La Hussi«" tout cnli(' rc est uue grande colonie militaire dont la force armée double tous les cinquante ans, et elle dillèi*e totalement des colonies mililaiiHis de l'Autriche en ce qu(^ la Hussie a tout calculé pour l'agression, tandis que r.Autrirli«' s'est seuleuieiil oi'ganisée |M»ur la (h'feuse de Hon territoire.

Que la riclieMst« du pays et la populiilion cessent <h5 . croître, «pn" l'esprit pnltli<> r\ In fiircc mililiiii'e ne se

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développent plus à côté d'une puissance barbare qui croît de jour en jour, et le i)ays sera surpassé et débordé, sa force intérieure diminuera ; bien plus, dans le cas jDrésent, ce serait se préparer à la mort politique.

Dans ces conditions, il est un seul vrai moyen pour l'Autriche et l'Allemagne de subsister : c'est de grandir €n influence et en puissance à l'extérieur comme en force à l'intérieur. La Russie s'en rend compte et dirige toute sa politique contre ces visées, politique évidemment instinctive et qui n'a pas clairement conscience de son formidable but.

C'est, en outre, un malheur pour la Russie que la France soit actuellement si tranquille, qu'elle s'engage pour longtemps, j^eut-être pour toujours, à demeurer tranquille; comme conséquence l'attention et la force de l'Autriche se retournent de l'ouest vers l'est.

Supposons que la plaie hongroise soit encore ouverte, qu'elle; s'aggrave par des froissements irritants, 11 est naturel que le parti de l'opposition hongroise saisisse toute occasion aux cheveux pour avoir des prétentions très élevées au moment de l'embarras extrême du Cîouvernement autrichien. Ce serait alors pour la Russie le moment favorable, d'une part, pour rompre avec la Turquie sous n'importe quel prétexte, afin de la surprendre et se découper la part du lion dans ce cadavre, et, d'autre part, pour entrer pour la première fois dans le rôle de médiatrice entre l'Autriche et la Hongrie et dès lors pour jouer ce rôle jusqu'au bout comme elle l'a toujours fait; et, selon une expression ^lopulaire, pour « faire ainsi d'une pierre deux coups ».

Réforme nationale économique du royaume de Hongrie, dans Schriften, t. II, p. "ii^.

laS l.ES ORIGINES DU rAXGElOI AXISME

c) La race germanique.

La race ji^erma nique, cela ne fait aucun doute, a été désignée par la Providence à cause de sa nature et de son caractère même, pour résoudre ce grand problème : diriger les afîaires du monde entier, civiliser les pays sauvages et barbares et peupler ceux qui sont encore inhabités. Aucune des deux autres races ne j)ossèdent les qualités indispensables pour émigrer en masse vers les pays étrangers, pour y l'onder des communautés nouvelles et plus parfaites en leur donnant le droit d'autonomie, le droit de se rendre justice eux-mêmes et celui de s'organiser librement, ni les qualités nécessaires pour se maintenir indépendants des indigènes barbares ou à demi-barbares. Il est notoire que les Français ou les Espagnols, par exemple, ont tendance à prendre les vices des races étrangères avec lesquelles ils se trouvent en contact, plutôt qu'à les élever autant qu'il est jwssible à leur propre degré de moralité.

Valeur et conditions d'une alliance entre la Grande- Bretagne et V Allemagne, dans Schriften, I II, p 'i45.

Mai.s la race f^crinuiiique est ri'piv.sciiléc par l\\ll»'iiia^:iic et rAiijflcIcrrc. [.a(picllc d«' ces deux nations aura la .sii|)réniali<'? I/Allcina^iic en est incapable a('tnc'll(Mn<Mit à cause de .sa désagré^'alion; pour y arriver il lui l'aul une unité et une Coric nationalité. ICIle doit en-^lober les Pays-Mas v\. la Suisse. D'ailletirs p()nn}uoi pas? Ils Ini revienneiil de droit!

d) />e« Paya-lion et la Snisae, pays f>'ermani(/nes. I/cHprit et les mciMirs, la langue et la race de leurs

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habitants laisaiont des Pays-Bas, autant que les relations politiques et la situation géographique, une dépendance de l'empire gcrnuuiique.

Tout d'abord, par sa présence fréquente et la [)rox imité do sa résidence, il est possible que Charlemagne ait agi infiniment plus sur ces provinces que sur les régions plus éloignées de l'Allemagne. Puis les dispositions naturelles favorisaient tout particulièrement l'agriculture et l'industrie des Flandres et du Brabant, et l'élevage, et le commerce de la Hollande. Knfiu, nulle part en Allemagne le trafic intérieur n'était soutenu par une navigation Iluviale et maritime aussi développée et aussi propice que dans ces pays essentiellement côtiers. Les Flandre ; arrivèrent à leur plein épanouissement parce que leurs comtes, plus que tous les autres princes régnants de l'Allemagne, comprirent l'importance de la sécurité publi([ue et la valeur des routes, des manufactures, des villes florissantes.

La Confédération suisse n'est pas autre chose qu'une agglomération de « villes d'empire allemandes » fondée et cimentée par la population libre des pays situés entre elles.

Actuellement la suprématie appartient à l'Angleterre qui a évité toutes les fautes de la Hanse.

L'Angleterre a évité toutes ces fautes ; la navigation et le commerce extérieur avaient, chez les Anglais, une base solide dans l'agriculture et l'industrie du pays. Le commerce intérieur se développait au même degré que le commerce extérieur, et la liberté individuelle s'affirmait de plus en plus sans porter préjudice à l'unité et à la puissance nationales. Les intérêts de la couronne, de l'aristocratie et du peuple se consolidaient et s'unissaient de la façon la plus heureuse.

Mais une telle suprématie est dangereuse pour les

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autres puissances. Celles-ci pourraient lui résister victorieusement, si l'Allemagne se mettait à la tète de cette Inttc qui sera menée à la fois sur le terrain politique et économi([ue.

Système national d^ économie politique, p. 4o.

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