‹ Les origines du pangermanisme (1800-1888);Chapitre 59 sur 98 · IIELMLÏII VOX MOLTKE ID · texte numérisé non relu

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vainqueurs. Pour la première fois en 1812 tous les Allemands sans exception étaient sujets d'un maître étranger; tous les Imitats allemands sans exception devaient fournir des troupes à un maître étranger, se soumettre à une loi étrangère, et combattre pour une cause étrangère.

Comme cette honte était inrtigée à la nation à qui appartenait depuis deux mille ans la maîtrise en Europe, le Ciel lui- même sembla la trouver révoltante, et il manifesta sa colère pour rappeler aux hommes ce qu'ils auraient dû faire même s'il n'était i)as intervenu. En vérité ces cataclysmes qui présageaient la chute de Napoléon furent une grande humiliation pour la nation allemaïule.

Alors seulement elle se releva bruscfuement, assoiU'ée de vengeance, terrible comme la nature ilont elle avait vu les signes. L'enthousiasme vint en réalité un peu tard. On peut se demander avec étonnement pourquoi les Allemands (h'cnt seulement alors ce qu'ils auraient pu faire depuis longtemps. Combien de provinces, combien de millions ils s'étaient laissé prendre depuis l'époque de Louis XIV! Avec tout ce qu'on abandonna négligemment aux Français, on aurait pu, depuis i)lus d'un siècle, les rejeter au delà de la Seine. Une union des princes, une levée on masse du peuple aurait j)u se produire beaucoup plus tôt et aurait eu un résultat tout aussi favorable qu'en 181 3.

Il est dans le tempérament du peuple allemand de prendre son temps pour chaque chose. 11 n'a accompli la Réforme qu'ai)rès que sa i)atience eut été mise à une longue épreuve. Enfin, bien que tardivement, ce qui est nécessaire s'accomplit toujours.

Les princes allemands se réunirent, le peuple allemand se leva en masse et il n'en fallut i)as plus pour vaincre toute la puissance française et le héros du siècle. Le zèle et le talent des chefs d'armée allemands, l'enthousiasme et la bravoure des soldats eux-mêmes étaient

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extraordinaires, et cela principalement parce que la guerre était conduite comme telle par la totalité de la nation. De là l'énergie, le rare enthousiasme qui la caractérisèrent, de là la terreur qui précédait les armées et à laquelle rien ne ivsiste. Quand un peuple aussi fort que le peuple allemand se soulève tout entier en courroux, alors, que la France tremble, eût-elle dix Napoléons !

Ibid.,X. II, ai8.

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