LE DEVOIR DES ALLEMANDS
Moltke, croyant avoir siifüsamment prouvé que les Français sont prêts à fondre sur l'Allemagne au moment propice, adresse au peuple allemand l'exhortation suivante :
Notre devoir consiste donc, si nous ne pouvons convertir notre voisin endurci, à nous i*endre du moins parfaitement coinijle de notre bon droit et à eu prendre pleinement conscience d'après la conception nationale allemande. Il fautque tout Allemand sache et il doit im- IMjiler à tout Allemand que, du jour où la France et rAIlcniagne l'égleronl leur compte, le « doit » tout entier sera du côté de celle-là, tandis que 1' « avoir » sera tout entier du nôtre. Nous devons réclamer à la France ce qu'elle nous a injustenuMit arraché. La France, par eonlre. n'a rien à nous réclamer, pas un hameau, pas un arbre. Le Hhin, comme Arndt l'a si bien dit en peu de mots, est« le lleuve de l'Allemagne, et non sa frontière ». Au iMÛnt de vue du droit politi([ue, tout <*e (pie la France a ajouté à su frontière de l'Est depuis le .\iii' siècle a constitué un acte do brigandage envers l'Allemagne. (j'est ainHÎ que tous les pays lorrains et burgondessont
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notre ancienne propriété et nous ont été illégalement enlevés.
Au point de vue national, si on l'ait de la langue la frontière naturelle des pays, tout le Rhin avec sa rive gauche nous appartient, comme sa rive droite, car dans tout le bassin rhénan on parle allemand depuis le XIV* siècle.
La France ne doit donc pas nous demander la rive gauche du Rhin ; mais nous pourrions exiger d'elle l'Alsace et la Lorraine. Si enfin on se place au point de vue du droit positif, tel qu'il a été établi par les anciens traités, il est certain que, grâce à eux, la France a justifié sa possession irrégulière de l'Alsace et de la Lorraine ; mais ces mêmes traités excluent toute prétention de la France sur les autres parties de la rive gauche du Rhin. S'il arrivait, par conséquent, que la France ne reconnaisse plus les traités de i8i4 et i8i5, les seuls titres qui lui ont garanti et lui garantissent encore son ancien vol à l'Allemagne, traités que nous avons toujoui's loyalement observés, bien qu'ils nous soient très désavantageux, s'il arrivait, dis-je, que la France elle même brise ces traités et commence la guerre, nous devrions tous prendre la ferme résolution, si Dieu le veut et donne la victoii*e à la juste cause, de ne jamais signer une nouvelle paix ayant ces traités pour base, mais au contraire de ne pas remettre l'épée dans le fourreau jusqu'à ce que notre droit tout entier ait été reconnu, jusqu'à ce que la Finance nous ait payé intégralement sa dette.
Notre devoir est ensuite de ilévelopper d'une manière toujours plus rationnelle et profonde le sens politique que nous semblons recouvrer peu à peu, après l'avoir perdu durant des siècles. En d'autres termes : les questions courantes, qu'il s'agisse de principes ou d'intérêts particuliers, doivent être considérés à un point de vue élevé, le point de vue national, et il faut éviter que nos
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contestations intérieures nous fassent oublier la politique extérieure. Tout notre malheur n'a jamais eu que cet oubli pour cause. C'est uniquement parce que, nous autres Allemands, nous nous querellions au sujet d'idées et d'intérêts privés et né;:;:ligions pendant ce temps de garder nos frontières extérieures, que nos voisins ont pu nous piller et nous affaiblir. On a fait beaucoup pour empêcher désormais en Allemagne le retour de dissensions aussi funestes.
Les diverses tribus germaniques ne se jalousent plus follement les unes les autres ou du moins jias autant qu'autrefois; les dynasties se sont aussi rapj)rochées et trouvent autrement leur intérêt dans une politique unifiée que dans leur politique séparatiste de jadis.
Seuls, les avis et couvictions en ce qui concerne les questions constitutionnelles et confessionnelles soulèvent encore d'âpres discussions, et nous sommes encore loin, de ce cùté là, d'une solution satisfaisante.
Mais est-ce troj> exiger d'une nation aussi grande que rAUrinagne, aussi bien assise, aussi sage et aussi absolument cultivée que d'espérer la voir unie tant que des ennemis nombreux hi miMiacenl de l'extérieur?
(^uel (jue soit l'objet à [jropos ducpu'l on se quei-eUe, le i-ésultat est toujours le même, à savoir que chacune de nos dissensions est utilisée à l'étranger poui* servir à notre perle. Même en temps de paix, nous devons nous considérei" comme une grande armée retranclu-e dans son camp en face d'un ennemi puissant.
Dans uiK! telle situation, (|uel (|ue soit h> niotil (|ui iKUis y pousse, il ne nous convient [)iis de nous traiter mutuellement en adversaires. Nous devons au contrairvî être unÎH j»our faire front à IN'nnemi du dehors.
lhi<l., pp. uud aS.
HELMUÏII VOX MOLTKE l6l
']. LA QUESTION d'oRIENT.
a) Projet de principauté allemande en Palestine.
Les Croisés donnaient leurs biens, leur vie pour la conquête de la Terre-Sainte. Qu'il y a loin de leur enthousiasme à la froideur que manifestent aujourd'hui pour le Saint Sépulcre certaines nations protectrices des chrétiens en Orient! Mais l'opinion actuelle, placée entre ces deux extrêmes, semble plutôt favorable à l'idée de mettre la Palestine sous un protectorat chrétien.
On i)ourrait soutenir en outre que le gouvernement du nouvel Etat devrait être confié à un prince absolu de nationalité allemande et d'un esprit vraiment tolérant. Privilégie i" l'une quelconque des églises chrétiennes équivauilrait à répandre dès la naissance de l'Etat nouveau les germes de sa destruction. Nous disions un prince allemand, parce que l'Allemagne a l'avantage négatif de n'être pas une puissance maritime et que la route commerciale la plus directe vers l'Orient lui est ouverte par le Danube et les ports autrichiens de l'Adriatique; un prince absolu enfin. [)arce que seule cette forme de gouvernement s'accorde avec un état de choses à demi barbare, parce que, sous un souverain juste, avisé, énergique, c'est dans de telles circonstances le meilleur de tous les régimes, et parce que seul un tel souverain pourrait faire quelque chose de ce nouvel Etat.
U Allemagne et la Palestine. Schriften,
t. II, p. '2%.
b) Projets de colonisation austro-allemande en Turquie.
Quand on réfléchit aux conséquences incalculables qu'entraînerait la brusque disparition de l'empire ottoman du concert des puissances, on ne peut vraiment qu'approuver la politique européenne de s'être toujours employée à retarder autant que possible cette catastrophe. Mais le morcellement de l'empire n'a-t-il pas déjà commencé? Le drapeau tricolore ne flotte-t-il pas à Alger et la branche de palmier sur le Nil? La Russie n'a-t-elle pas ix)ussé sa frontière du Don au Prutli, du Prutli au Danube et j)ar delà le Caucase? La Morée n'est-elle i)as indépendante et les principautés obéissent-elles en quoi que ce soit aux firmans du padischah? Ou plutôt, tout ceki n'est-il pas l'œuvre de ces mêmes puissances qui proclamèrent l'intégrité de l'empire et la légitimité de son souvei*ain? Et ne serait-il pas opportun d'étayer encore quelques parties isolées de ce vieil édifice branlant, afin qu'elles • restent debout au moment de l'en^ondrement imminent et préservent l'Europe d'être ensevelie sous les décombres?
Mais nous voyons malheureusement toutes les provinces détachées de l'empire i)asser sous l'influence de la Russie, de la Erance ou de l'Angleterre, pas une ne passe sou» rinfluenc(> allemande. Il est vraiment iVa))paMt, en Turquie, d'entendre toujours parler de ces trois puissances et jamais de l'Autriche; c'est pourtant elle tjni devrait y jouir du jdws grand crédit, car c'est son ('pc-e qui sera jetée un jour dans la haiancc de la décision. Toutes h>H flottes du monde m> peuvent ni accomplir le partage do lu Turtfuit;, ni l'empêcher; les arinc'cs de l'.Autriihe peuvent peut-^tro l'un et sftrenu'nl l'autr»'.
(amibien de sang allemand, du plus noble, n'a l-il |)as
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été versé dans de stériles expéditions contre Rome? Combien de fois la glorieuse aigle à deux tètes n'a-t-elle pas passé les Alpes pour se voir ensuite refouler du sol latin si péniblement conquis! L'Autriche a de tout temps dirigé tous ses eflbrts vers l'ouest, tandis qu'à l'est elle se bornait à se défendre. Elle tournait vers l'occident son épée, vers l'orient son bouclier. Cette politique se justifiait tant que d'un côté s'entassaient tous les trésors de la civilisation, tandis que, de l'autre, on ne trouvait que contrées désertes et peujjles barbares. Mais, aujourd'hui, l'Autriche a droit à une part dans le jardin des Hespéritles et, toujours repoussées, des principautés en lutte pour leur émancipation, la Serbie entre autres, im- [)lorent sa protection. Faut-il donc que la Russie trouve là-bas le champ libre pour étendre davantage encore sou influence?
Est-il une âme allemande qui ne soit prise de mélancolie à la vue des longues théories de nos comi^atriotes qui vont avec femme, enfants et toute leur fortune chercher une patrie par-delà l'Océan ? La Valachie est un l)ays qui pourrait les recevoir tous et que pourraient atteindre même les plus pauvres d'entre eux en jîeu de jours, à peu de frais, par la voie maintenant praticable du Danube. Ils y retrouveraient un j)ays extrêmement fertile, les forêts, les ruisseaux murmurants, les montagnes ou les plaines de leur pays. Ils y trouveraient un Gouvernement chrétien et une civilisation naissante qui pouri'ait être déjà bien plus avancée si l'on accordait aux hospodars l'hérédité de leur charge, cette hérédité qu'en pleine défaite l'assassin du Nil sut extQi'quer pour sa race.
Par une série d'accords avec le bienveillant pi'ince Gliika, par la suppression des relations consulaires qui font de toute immigration un fardeau j)our l'Etat, par l'institution d'une ambassade, ayant compétence de haute-
l64 LES ORIGINES DU PANGERMANISMK
cour de justice et prenant en main les intérêts des colons auprès du Gouvernement, on procurerait au zèle et à l'activité la sécurité dont elles ont besoin pour se développer dans de bonnes conditions. Le labeur allemand ne serait plus réduit alors à chercher un rolug^e dans les marais pestilentiels sous le ciel brûlant d'un continent étranger; sur les rives du Danube altier retentirait la langue allemande, et les mœurs allemandes s'y établiraient, des monts de Souabe à l'embouchure de la Sulina.
Situation militaire et politique de l'Empire ottoman, Schriften, t. II, p. 307.
BISMARCK (i8i5-i8<)8)
Il ne saurait être question de retracer ici la vie du " chancelier de 1er ». Des livres français substantiels y ont pourvu. 11 suffira de citer l'ample monographie de M. Paul Matter, Bismarck et son temps ('3 vol., i9o5-if)o8), et le livre vigoureux de M. Ernest Denis, La fondatio/i de f Empire ai lemand (it)o()). Bismarck lui-même a décrit sa vie dans ses Gedanken und Erinnerungen {Pensées et Souvenirs) (1898) dont deux volumes ont pai'u, tandis que le troisième reste inédit.
Ce qui nous a préoccupés ici, c'est de dire en quel sens Bismarck peut être qualifié pangermaniste. Car les agitateurs remuants de nos jours, I-'riedrich Lange, Max Harden, Ernst Hasse, le comte Keventlow, tous ceux de la Ligue pangermaniste^ se sont toujours donnés pour des continuateurs de Bismarck; et ils ont attaqué successivement Caprivi, llohenlohe, Biilow, parce qu'ils les accusaient d'abandonner la tradition du grand chancelier. Cette accusation a (juelque chose de paradoxal. De même il est étrange, au premier abord, de laire appel, pour soutenir les prétentions du pangermanisme, au chancelier (jui a dit, le 28 avril i8t)o : • Nous ne voulons plus rien. L'Allemagne n'a besoin ni des trois millions de Hollandais, qui ne désirent pas être absorbés, ni des provinces balticjues, ni de la Pologne, ni de quoi ([ue ce soit. Nous avons assez d'annexés (i), • Il n'y a pas, semble-t-il, de relations entre les plans du pangermanisme qui veut établir l'hégémonie allemande de la mer du Nord au golfe Persique et la pensée de l'homme ([ui a dit, le 1 1 janvier i885, au Reichstag : « En quoi la Bulgarie peut-elle nous intéresser? Il nous est tout à fait indifférent de savoir qui règne en Bulgarie et ce qu'il advient de la Bulgarie. L'an)itié de la Russie nous importe infiniment plus que celle de la Bulgarie. "
Pourtant, Harden, Lange, Hasse et Reventlow ont raison et ce sont eux qui continuent Bismarck. Le chancelier a ])rocédé avec une « stratégie politique » consommée. Il consolidait chaque i)osition nouvellement occupée, avant d'en conquérir une autre. Son éducation, qu'il a racontée, faisait de lui, comme de tout jeune Allemand, un admirateur du
PoscniNGER, Tischgespräche Bismarcks, I, 3o8.
l66 I-ES ORIGINES DU PANGERMANISME
Saiiit-Empire romain. « Tout prince allemand qui, avant la guerre de Trente ans, se montrait récalcitrant devant l'Empereur, me scandalisait; mais à partir de l'époque du Grand - Électeur, je savais être partial pour porter des jugements défavorables à l'Empereur et trouver naturel que la Prusse se préparât à la guerre de Sept ans. •> Il respecte donc le Saint-Empire, jusqu'au moment où apparaît dans l'histoire la Prusse qui en a préparé la ruine. Et toutefois, ajoute-t-il, « je n'en conservai pas moius la conviction que l'avenir, qui s'ouvrait immédiatement devant nous, serait tel qu'il mènerait à l'unification de l'Allemagne » (i). Ainsi, pour ce hobereau de la Marche, élevé strictement dans la tradition frédéricienne, mais ouvert, par son éducation, à une foule d'idées modernes, V « avenir immédiat », c'était la restauration de r '- Empire allemand ». C'est dire que runihcalion de l'Allenmgne, dès sa jeunesse, ne lui paraissait pouvoir s'accomplir que par la Prusse.
Cette Prusse il eut d'abord à la défendre, ensuite à l'agrandir. Il la défendit contre la désagrégation révolutionnaire au Parlement prussien en li^^S; il dut la défendre ensuite contre les empiétements de l'Autriche, au lUiinfestag- de Francfort (i852-5<)). C'est pourquoi il conseilla si formellement lahstention prussienne durant la guerre de Crinu>e et durant la guerre d'Italie. Il ne pouvait lui convenir de faire la besogne d'un germanisme à tête autrieiiieune. Pom* cette Prusse gran- <lissante, il tAcha de fortifier ou de gagner des amitiés nécessaires à Pétersbourg et à Paris de i83() à iHCvj. Puis devenu ministre-président il eut à cœur de guérir pni' le fer ot par le feu l'iniirmité <ju'il discernait dans la Constitution de l'Allemagne (a). C'est celte méthode que prétendent lui eniprunter les pangermanistes.
Elle consista «l'abord à assurer, malgré l'obstruction de la (^haml>re des'députés prussi<'nne, le service de trois ans, et une législation (|ut luellait les ell'eclifs Ct des crédits militaires à l'abri des fantaisies parlementainis. Il r('uuissait ainsi u en faisceau les forces prussienn<'s pour l'iustant favorable (3) ». L'instant favorable, c'était celui où on pourrait «-largir la Pruss«* et en faire la puissaïu'o dirigeante en Allcnutgne, puis en Europe. Cet instant se trouva Iroi.s fol», on iHC»'}, eu 1806, en 1870. Ce Ait d'abord
'i) HiHMAiicK. PennfcH el Souvenirs, (rnd. .lacKb', p|>. a <>t 3.
'9) UhmarckH llriefn'rrhHrl mit di'in Minister Freiltcrrn von Schleinll», t\nt!t. p. iK. (I.rt(r«- «lu ivi mai tH.^9.)
(')) DiNcniirN A la (loiiuniHsion tlu l.andtag prussion, .'io BV]i- \vtuhre iWa.
la conquête de Kiel et de son « glacis » le Slesvig-Holstein. Kien ne ressemble davantage à l'attaque brusquée contre la Belgique en 1914, que l'étranglement du Hanovre et de la Kesse en iSOß, Puis, contre la France, Bismarck réclama le <( glacis » de l'Alsace-Lorraine. Après quoi il demanda mi temps de repos, et ce repos, il l'imposa. Mais il continuait d'année en année à réclamer de nouveaux effectifs militaires. Etait-ce dans une intention purement défensive ? La stratégie bismarckienne est toujours défensive d'abord. Elle
réunit en faisceau les forces pour l'instant favorable « . Bismarck déclarait l'Allemagne « saturée », mais il la déclarait menacée aussi. C'est de la sorte qu'il avait dit la Prusse menacée quand l'Autriche faisait valoir une vieille prédominance, largement gagnée par ses luttes contre la Révolution et contre l'Empire. En attendant, il adossait l'armée allemande à l'armée autrichienne. 11 réalisait, par l'alliance de 1878, mais sous l'hégémonie allemande, cette Grande-Allemagne que les Parlementaires de 1848 ne concevaient qu'avec une tête autrichienne. Par la Triple-Alliance, il reconstruisait piesque l'Empire de Gharlemagne, militairement tout au moins. Songeait-il à le reconstruire politiquement? Il n'avait pas coutume de prévoir l'avenir de si loin. Il a étudié à diverses reprises et toujours ajourné le projet d'une union douanière avec l'Autriclie. Mais il a discuté, avec le comte (le Sahit-Vallier, ambassadeur de la République française à Berlin, la possibilité d'imir par une union douanière et par une alliance politique durable toutes les puissances de l'Europe centrale, y compris la France. 11 avait une croyance fortement assise en la suprématie physique et morale de la ' race » germanique. Toutefois sa prudence se rendait compte que l'Allemagne, en dépassant de certaines bornes, provoquerait la coalition de toutes les grandes puissances. Il mameuvra avec une science consommée pour éviter ce désastre.
Comment les pangermanistes ont-ils prolongé son œuvre et repris sa méthode '} Pour eux, l'Allemagne n'est plus » saturée I). 11 lui faut « sa place au soleil ». Il reste encore des peuples germaniques à annexer (les Autrichiens, les Flamands, les Hollandais, les Suisses, les Baltes). Les frontières de l'Allemagne ne sont pas assez sûres. Il faut encore avancer les (I glacis > de la forteresse allemande, à l'ouest, à l'est et au sud. Enfin il faut à l'Allemagne des débouchés sur la mer Noire, en Adriatique et sur la mer Egée. Ils veulent unifier l'Europe, comme Bismarck avait unifié la Prusse. Ils affrontent délibérément la coalition à laquelle Bismarck avait voulu se dérober.
Ch. Andler.
l68 LES OUIGIXKS DU PANGERMANISME