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Bismarck ne veut pas annexer l'Autriche allemande

En premier lieu vient l'Autriche. A l'heure actuelle, toutes les provinces allemandes de l'Autriche, sauf le Tyrol et le i)ays de Salz bourg, qui sont tous deux catholiques fervents et partisans des Habsbourg, marquent une forte tendance à se tourner vers nous. Je ne songe pas à contester ce fait, mais je vous assure que si demain on m'otfrait la Haute et la Basse- Autriche, je

les refuserais. Elles sont trop loin de nous. La Bohème, la Silésie autrichienne, la Moravie et une population aux trois cinquièmes slave nous séparent. Si ces provinces de l'Autriche allemande étaient situées à la place de la Bohême, de la Silésie, etc., si Vienne pouvait prendre la place de Prague, je ne dirais j>as non. En ce cas, nous pourrions songer à leur annexion, mais dans les conditions actuelles, cela est impossible. Je vous assure que notre désir le i)lus ardent est de voir l'Autriche se forti fier autour de son noyau allemand et devenir indépendante.

Pour en revenir encore à la Bohème, la Silésie et autres provinces, elles seraient pour nous une seconde l*ologne . Nous serions obligés d'apprendre à manier les Tchèques.

L'Autriche, il est vrai, a quelque expérience en cette matière, mais iline laut avouer que cette expérience n'a pas grande v.vieur. Nous n'avons pas besoin de la Bohème, de la Silésie, de la Moravie ou de toute autre pi*ovincc autrichienne. Laissez l'Autriche se Ibrtiüer et devenir notre alliée — voilà tout.

Poschingcr. Ä'eue Tischreden liisrnarch's, 11, p. 3a6-327, septembre iHCyj.

«|. Bismarck, après 1S71, renonce a toute r()i.ni<)rK DE (;(>N<>tiVrES.

L'Allemagne a l'avanlagi; d(^ ne ]>as voir sa [>(>liti(iue «■iitravi'c par 1111 iiil<>rèt iinnit'-diat à la (piestion d'Oricnl, luniH retendue de son Iroul «h Irnsii', dans TEuiojk' ccii truie et l'éventualité toujours possible d'une coalition antialictnandi* .sont pour elle un péril. L'Allemagne «'sl peul- « Ire lu Heule grande puissance ipii ne soit pas hMiIce

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pour réaliser ses fins de ne compter que [sur des succès militaires. Notre intérêt est de maintenir la paix, tandis que j)our réaliser les vœux secrets et les vœux nationaux (les autres puissances, il n'y a qu'une jfuerre.

Ceci doit inspirer notre politique et, autant que possible, nous devons empêcher ou retarder la guerre. Dans la partie de cartes, nous devons nous arranger pour jouer les derniers; nous devons veiller à ce qu'aucun sentiment d'impatience, aucun sentiment de complaisance à l'égard du pays, aucune vanité, aucune suggestion amicale ne nous pousse à entrer trop tôt en lice ; car alors « plectuntur Achivi ».

Uaisonnablement, le but de notre attitude réservée ne doit pas èlre de vouloir tomber sur notre voisin ou sur notre adversaire, et de l'avoir laissé s'épuiser, tandis que ncus m('>nagions nos forces.

Nous devons nous ell'orcer au contraire d'apaiser les mécontentements causés par la prospérité (|ui a fait de nous une grande puissance européenne; nous devons user de notre prépondérance dans un but tout pacilique et pei'suader le monde que l'hégémonie allemande en Europe saura mieux sauvegarder et mieux comprendre les intérêts des autres Etats que l'hégémonie russe, française ou anglaise. Ce respect du droit d'autrui, la France, surtout quand elle fut toute puissante, ne l'a pas toujours eu ; l'Angleterre ne s'est pas fait faute d'y manquer quand ses intérêts le commandaient ; il est plus facile à l'Allemagne de l'observer, l'objectivité du caractère allemand s'y prête ; et puis, il faut bien le dire, nous n'avons pas besoin d'agrandir notre territoire en Europe et nous ne pourrions pas entrejirendre de conquêtes avant d'avoir consolidé chez nous l'unité nationale.

Mon idéal a toujours été, après avoir cimenté notre unité à l'intérieur des limites de territoire nécessaires, de gagner la confiance, non seulement des grandes puis-

IjH LES OIUGIXES DU PANGERMANISME

sances, mais des Etats de moindre importance, et de les convaincre que la politique allemande après avoir réparé les injustices qui lui ont été faites et après avoir travaillé à son unité, n'a que des intentions honnêtes et pacifiques.

Bismarck, Pensées et soiwenirs, II, p. 260-267 .

10. IL Y A UN DEGRE D HUMILIATION DE LA FRANCE QUE LA RUSSIE NE TOLÉRERA 1»AS.

A l'époque de la question luxembourgeoise, j'étais hostile en principe à la guerre préventive, je veux dire à la guerre ofTensive, que nous étions \)vèts à entrej)rendn> pour ne j>as avoir à lutter plus lanl avec un cnueini mieux préparé que nous. D'après les i)révisions de nos autorités militaires, nous aurions ])u attendis jusqu'en 18-5 pour battre la France, mais est-il bien sûr qu'à cette épo<jue les autres puissances fussent restées neutres? A Versailles, pendant les mois qui précédèrent les pourparlers «le paix, je craignais le danger d'une intervention européenne. Mais j)araitre avoir pris rollensive, [hhiv ainsi dire malgré nous et uniquement dans le but d'empécber la ])réparation de la France à une autre guerre, c'était fournir un prétexte aux tirades humanitaires de l'Angleterre, c'était p»;ruiettre aux Russes d'orienter la politique^ tout amicale, inaugurée \mv les deux Empereurs, vers nne |>oliti(|ue plus nationale et moins sentiuieniale et ipii lut <-clle di« la Hnssie en 1H14 et en 181."), quand il s'agit de délimiter les frontières rruiivaises. Mais la iluMsie n'admet pas, et cela est naturel, que soient déjiassées ccrtaint^s limites, au delà des(|uelles la place de la France dans le concert eu i'o|>éen ris(|uerail «l'être diminuée. Pur 1« traKé dt; Francl'ort nous avons atteint, il me semble, l'extrême limite ; c'est un l'ail dont à Saint-

Pétersbourg on ne s'est pas rendu compte en 1870 et en 1871 comme aujourd'hui. Et je doute que le cabinet russe se soit attendu à se retrouver après cette guen-e en l'ace d'une voisine aussi puissamment organisée que lAUemagne. En 187;), j'ai bien vu que l'on se demandait sur les bords d«^ la Nt'va s'il n'avait pas été imprudent d'avoir laissé aller les choses aussi loin et si l'on n'aurait pas du intervenir à temps. La sincère amitié et l'admiration d'Alexandre II pour son oncle i-achèrent le malaise qui se faisait sentir dans les milieux officiels. Si nous avions voulu entreprendre une seconde guerre, sans i^erinettre à la France, à bout de souffle, de reprendre haleine, après avoir eu raison de quelques tentatives de conciliation, nous nous serions trouvés dans une situation analogue à celle que j'avais retloutée, à Versailles, quand j'attendais la lin d'une résistance qui se prolongeait. Et ce n'est pas un ti'aité signé entre quatre yeux qui aurait mis fin à cette guerre, mais un congrès général où, comme en i8i5, la France vaincue aurait été admise et où, comme autrefois, la jalousie des autres puissances nous aurait opposé un nouveau Talleyrand.

Bismark, Pensées et Souvenirs^ II, p. aSi.

II. LA POLITIQUE MIS^^IAllCKIENNE SUPPOSE LA PAIX AVEC I.A RUSSIE.

Une rupture de la paix entre l'Allemagne et la Russie, ne [)eut être provoquée que par une excitation systématique à la guerre ou par l'ambition de militaires russes ou allemands 11), du genre de Skobélew, qui souhaitent

I) Bismarck lait allusion an général de Waldersee, chef de l'état-major allemand en 1888, et qui travailla, par des articles inspirés par lui dans les journaux conservateurs de Herlin, à amener la guerre entre la Russie et r.\lleniagne.

l8o I-ES ORIGINES DU PANGEBMAMSiME

une guerre avant qu'ils ne soient mis à la retraite, à seule fin de se distinguer. Et en Russie il faut à la presse et à l'opinion publique une dose de bêtise et de mauvaise foi vraiment bien forte pour voir dans nos alliances défensives avec l'Italie et avec l'Autriche les tendances d'une politique agressive. Cette mauvaise foi trahit en Russie des influences françaises et polonaises. Quant à cette bêtise, qui ne reconnaîtrait là les Russes eux mêmes? Auprès de l'ignorance et de la crédulité russes la finesse di])lomatique des Français et des Polonais l'a facilement emporté sur la politique allemande à qui (est-ce un bien, est-ce un mal?) cette finesse fait défaut. Dans la plupart des cas, une politique franche et honnête a' plus de chances de réussir que toutes ces manigances qui ont fait leur temps; mais aussi pour que cette politique aboutisse, elle doit s'appuyer sur une confiance en soi qu'il est plus facile de perdre que d'acquérir,

Bismarck, Pennées et soiwenirs, t. II, p. a53.

l'J. nOU PEUT VRNIR LE PEIIIL DE «UERUE.

Messieurs, la gravité des temps où nous vivons n'é-chappcra à aucun de vous. Tous les grands Mtats européens font, en liAte, des préparatifs en prévision d'un avenii* incertain. Le monde entier so. demande si la guenc va éclater. Je crois, Messieurs, qu'aucun gouvernant ne voudra prendre à su charge l'immense responsabilité de déchaîner l'incendie (|ui couve (hins tous les pays. Des gouverncmeiilN puissants sont une garantie de paix. Mais les puKHÎonH populaires, l'ambition des chefs i\c. parti, l'opinion publique mal dirigée par des écrits ou des discour«, sont autant d't'b'nu'nts (|ui pcuv«Mil l'emporter sur

BISMARCK l8l

la volonté des gouvernants. N'avons-nous pas vu que des crises de Bourse elles-mêmes peuvent allumer la guerre? Si, dans cette tension politique, il est un État capable de travailler au maintien de la paix, c'est l'Allemagne. L'Allemagne, qui n'est pas intéressée directement aux questions qui agitent les autres puissances, l'Allemagne qui a prouvé que, depuis la constitution de l'Empire, elle ne veut attaquer aucun de ses voisins, à moins qu'on ne l'y oblige.

Mais, Messieurs, pour accomplir cette mission difficile et peut-être ingrate, il faut que l'Allemagne soit puissante et armée comme pour la guerre. Si, alors, nous sommes poussés à la guerre contre notre volonté, nous aurons au moins les moyens de nous défendre. Mais si vous repoussez cette demande de crédit, c'est, à mon avis, la guerre à brève échéance.

Nous n'avons pas l'instinct guerrier. Nous n'avons pas besoin d'une guerre, nous sommes de ces Etats que le prince de Metternich appelait « Etats saturés ». Nous ne désirons rien qu'il soit nécessaire d'acquérir par l'épée. Et si même il en était ainsi, regardez quelle politique pacifique, à l'extérieur comme à l'intérieur du pays, fut la politit[ue impériale pendant ces seize dernières années. Après la paix de Francfort, notre premier désir fut de maintenir une paix aussi longue que possible et de l'utiliser pour consolider l'empire allemand. Ce n'était pas une tâche facile. Nous avons obtenu entière satisfaction avec l'Autriche... Je ne sais pas si nous réussirons encore une fois à réaliser une ère de paix aussi longue, c'est-àdire née de plus de trente ans (i). Nos efforts en ce

(il Bismarck parle de la période de paix qui s'est écoulée entre 1816 et 1848, firràce à l'entente de la Russie, de l'Autriche et de la Confédération germanique. La période de guerre et de malentendus recommejiee avec l'expédition contre le Danemark

en 1848.

l8a LES ORIGINES DU PANGERMANISME

sens sont sincères, mais, avant tout, il nous faut une ^ forte armée, une armée qui soit assez puissante pour assurer notre indéi)endance en dehors de toute alliance.

Notre amitié avec la Russie n'a subi aucune interruption pendant toute l'époque de nos guerres, et aujourd'hui encore elle ne peut être mise en doute. Xous ne craignons aucune attaque, aucune politique hostile de la part de la Russie. Nous vivons avec elle dans des rapports très amicaux et ce n'est pas nous qui, sous aucun prétexte, troublerons ces rapports. Quel intérêt aurions-nous à chercher chicane à la Russie ? Est-ce notre humeur batailleuse qui nous pousserait à chercher querelle à un pays qui ne nous provoque pas ? De tels instincts barbares sont inaccessibles au gouvernement et aux conceptions politiques de l'Allemagne, et de notre côXr jamais nous ne troublerons la paix avec la Russie.

Que la Russie veuille nous attaquer, je ne le ci^ois pas. Je ne crois i>as non plus qu'elle cherche des alliances pour nous attaquer de concert avec une autre puissance ou jKjur utiliser les difficultés que nous pourrions avoir d'un autre côté et nous attaquer avec plus de facilité. Le tsar Alexandre 111 a toujours eu le couiag«' «le ses opinions, et s'ilavailquelque senliuient d'iniuiilié envers rAllemagne, il serait le premier àsle dire ou à le laisser entendre. Tous ceux qui ont eu Ihonneur <lc rap|)rochci' recdunattront que l'on i)eut avoir «mi lui toute contiance

La (juestion <le savoir <|U«'lles sci'ont nos relations avec la France dans l'avenir est plus difficile à résoudre.

Kntre nous et la l^'ranc«*, l'd'uvre de ])«ix est diflicilc |»ar<e qu'il subsiste toujours entre les (h'ux pays ce loni; procès historique à projxts du tracé de la frontière.

I..eN temps de lulle avec la nation française à cause de In fr<»nlière sont'ils di'finitivetneut passc's? Aucun de uou^ ne pt>ul le savoir. Je puis scuh^uenl vous e\|iriuier mon avis : cette lutte n'est pas terminée, il faudrait alors

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que le caractère français, que tous nos rapports de frontière se fussent complètement modifiés.

J'ai la confiance la plus absolue dans les intentions ]>acifiques du gouvernement actuel de la France. Et si je pouvais être assuré d'un tel gouvernement pour une longue période, je vous dirais : « Epargnez votre argent 1 » Mais prenez garde de l'épargner pour le cas où nous aurions à payer des contributions de guerre !

Si la guerre éclatait, ce serait une calamité épouvantable. Songez à ce que serait la guerre en elle-même, indépendamment de son issue. Notre commerce entier sur terre et sur mer, toutes nos entreprises industrielles, tout serait x>aralysé. Je n'ai pas besoin de vous décrire en détail une situation que vous connaissez par expérience. Cette calamité, celte guerre se déchaînera si la guerre apparaît sans gravité, elle sera écartée au contraire si la guerre apparaît comme épouvantable. Plus nous serons puissants, plus la guerre sera improbable.

La vraisemblance d'une attaque de la France, dont nous n'avons pas lieu de nous inquiéter aujouixl'hui, se réalisera aussitôt que, sous un autre gouvernement, la France aura quelque raison de se ciwre supérieure à nous. La guerre alors sera certaine.

La supériorité de la France pourra tenir aux alliances qu'elle aura. Je ne crois pas que de telles alliances puissent se produire. C'est la tâche de la diplomatie que d'éviter ces alliances ou de préparer des contre-alliances quand il y a lieu.

Pour moi, je ne veux que considérer le duel entre nous et la France.

Il peut s'ouvrir aussitôt que la France sera plus forte que nous.

Discours au Reichstag-, ii janvier iH8;.

i8j les origines du pangermanisme

l3. CE QUE SERAIT POUR l'aLI.EMAGNE UNE GUERRE MALHEUREUSE AVEC LA FRANCE.

La France est infiniment plus forte qu'elle n'a jamais été. Nous l'avons vaincue une fois, mais cela ne veut jias dire que nous la vaincrons de nouveau. Il nous faut augmenter nos garanties de victoire, tant que Içs autorités militaires les trouveront insuffisantes. Mais, si ces garanties restaient insuffisantes, si nous étions battus, si l'ennemi triomphant entrait à Berlin comme nous sommes entrés à Paris, si nous étions obligés d'accepter ses conditions, oui, messieurs, quelles seraient alors ces conditions?

Je ne parle pas de l'indemnité de guerre, bien que les Français ne soient pas gens à user envers nous de la modération dont nous avons usé envers eux. Un vainqueur aussi peu avide que rAUemand, un vainqueur animé de sentiments aussi chrétiens, vous n'en trouverez pas un autre dans le monde entier.

Nous sei'ions face à face avec les mêmes Français donl nous avons subi la domination de 1807 à i8i3 et qui nous ont, comme Hk disent eux-mêmes, « saigné à blanc ». Ils saignent, iircssurc^nt à tel point leui' ennemi abatln, ({ue celui-»i est incapabh; de se rehner, et incapahU», pcn«lanl les trente années suivantes, de penser seulement à résister au vaiiKiueiir.

N'oilà ce que, à rexeinjtie de Napoléon en 180; cl plus tard encor<^ nous eussions pu faire aussi en 1870, si nous n'avions écouté ([ue les intérêts de l'Klat cl non pas nos NentimentN chnticns.

Mais « l'argciil est la moindre des chos<>s ». li'cnncnii prendrait soin que IKnipirc aMemand ne garde pas la puisHuncü <|u'il a ac(itiiNe.

BISMARCK i85

Revenant à l'idée de prendre le Rhin comme frontière, on nous enlèverait la plus grande partie i)ossible du cours du Rhin. Je ne crois pas que l'on se contenterait de l'Alsace-Lorraine ; on exigerait un alteriim tantiim en aval du Rhin. Et cela même ne suClirait pas : on voudrait avant tout reconstituer le royaume de Hanovre.

C'est là le seul et unique moyen qui permette la reconstitution légale de l'état hanovrien. Car le traité de paix (juc nous signerions avec la France, avec le vainqueur si nous étions vaincus, serait inséré naturellement dans le recueil des lois, et de la sorte, le royaume de Hanovre serait légalement rétabli.

Nous serions obligés, sans aucun doute, de céder le Sleswig au Danemark.

Il sera bien difficile de nous imposer des conditions lâcheuses et dures au sujet de la Pologne, aussi longtemps qu'il n'y aura pas d'entente entre la France et la Russie — et cette entente me semble h)intaine pour la France. Mais on jwurrait toujours nous imposer la France comme garante des droits que le i-oi de Prusse doit accorder à ses sujets j^olonais. Et cette garantie [)Ourrait bien aller plus loin encore, — dans d'autres directions.

Mais je veux m'arrêter ici; je veux seulement vous montrer à quelle possibilité nous exposerait une guerre malheureuse. Vous croyez que j'exagère?

Messieurs, vous ne pouvez pas connaître l'avenir; vous ne pouvez pas savoir ce que seraient les exigences des Français, s'ils étaient vainqueurs.

Si aujourd'hui nous étions de nouveau attaqués par la France, si nous étions obligés de reconnaître qu'une guerre est inévitable, si nous entrions de nouveau en vainqueurs à Paris, nous procéderions de la même manière.

Nous nousellorcerions de mettre la France, pour trente

l86 LES ORIGINES DU PANGERMANISME

ans au moins, hors d'état de nous attaquer, et pour une génération hors d'état de nous vaincre.

La guerre de 1870 serait un jeu d'enfant auprès de celle qui éclaterait en 1890 — ou en je ne sais quelle année — par son influence sur la destinée de la France. De côté et d'autre la volonté serait la même : chacun voudi*ait « saigner son ennemi à blanc ».

Ihid. II janvier 188^.

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