PERSÉCUTIONS CONTRE LES EVÊQUES HENRICIENS
roisses de la capitale la victoire de Pinkie, remportée sur les Ecossais, par le chant du Te Deum et des litanies anglaises. Donner, évèque de Londres, ne présida pas cet office : il était à Fleet street depuis l'avant-veille. Le 5 septembre, les visiteurs royaux s'étaient présentés à la cathédrale de Saint-Paul. Donner leur avait demandé de prendre note qu'il recevait les ordonnances et le Livre des Homélies, mais il faisait accompagner son acceptation d'une réserve importante : il promettait d'appliquer les ordonnances si elles n'étaient pas contraires à la loi de Dieu et aux canons de l'Église. Convoqué devant le conseil, il avoua franchement qu'après mûre réflexion sur le devoir de l'obéissance, sa protestation lui avait paru peu raisonnable et de mauvais exemple. Il la retira. Cette rétractation assez plate ne le sauva pas. Le gouvernement le renvoya en prison par mesure de prudence, et, pendant qu'il y était, toutes les églises de Londres furent dépouillées de leurs peintures et sculptures, leurs murs blanchis à la chaux et les dix commandements écrits en grosses lettres. Donner, délivré par l'amnistie votée par le parlement, accepta toutes les innovations prescrites à propos de la communion. Il supprima les Cendres, les cierges à la Chandeleur, les messes de la Vierge et des Apôtres, encore en usage dans sa cathédrale. Cependant le conseil se méfiait de lui. Au plus fort du soulèvement de l'ouest, le gouvernement lui ordonna de prêcher sur l'illégalité de la rébellion et lui fixa quatre points qu'il devait spécialement développer. Le sermon eut lieu à Saint-Paul, le 1er septembre 1549. L'évêque parla de la présence réelle, du devoir de soumission au roi, mais il oublia totalement de dire que l'autorité d'un prince n'était pas moindre pendant sa minorité. C'était précisément le quatrième point imdosé par le conseil.
Dénoncé par Hooper et W. Latimer, Bonner fut déféré à un tribunal composé exclusivement des hérétiques notoires» Cranmer, Ridley, créé évêque de Rochester, Petre et May, doyen de la cathédrale de Londres 1 . L'accusé prouva qu'il avait omis de parler du jeune roi parce qu'on avait interrompu son discours pour le prier de lire un long bulletin racontant les combats contre les révoltés des comtés de Norfolk et de Devon. Tout le procès fut une parodie de la justice; on voulait frapper le champion de la transsubstantiation. Le 10 octobre, il fut dépossédé de son siège et envoyé à la prison de Marshallsea2.