‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 118 sur 253 · LE PREMIER LIVRE DE LA COMMUNE PRIERE · texte numérisé non relu

LE PREMIER LIVRE DE LA COMMUNE PRIERE

parut que Cranmer avait abandonné la transsubstantiation et l'opinion luthérienne sur l'Eucharistie, pour se ranger du côté des sacramentaires * suisses. Il fut soutenu par les évêques Ridley et Holbeach et aussi par Somerset, qui présidait, assisté de Warwick et de Smith, secrétaire d'État. Le vote final eut lieu le 15 janvier 1549. Le Book of common prayer fut accepté par la majorité des pairs et 13 évêques ; la minorité comprenait huit2 prélats et trois lords laïques. Ce livre est une œuvre essentiellement laïque, il ne fut jamais soumis à l'assemblée du clergé. Il est à la fois le bréviaire, le missel, le rituel et le pontifical de l'Eglise d'Angleterre, en un seul volume; l'Eglise Anglicane lui a fait subir dans la suite d'assez nombreuses modifications, mais il est encore la base de tout son culte public. Le Book of common prayer était divisé en quatre parties : 1° l'office du matin et celui du soir; 2° la Cène ; 3<> le Baptême, le Mariage, l'office des morts, la purification des femmes, l'office de la Confirmation; 4° la quatrième partie était formée de diverses prières et de notes sur les cérémonies. La préface était empruntée presque en entier au cardinal Quignonés, qui avait publié une édition du bréviaire romain 3,

1. Rappelons que les Luthériens ne niaient pas la présence réelle mais ils admettaient la coexistence du pain, du vin et du corps de Jésus-Christ qui vient se joindre à ces substances sans les détruire. Leur système, dans la langue des théologiens, s'appelle l'impanation ou la consubslantiation. Ils donnaient le nom de sacramentaires aux disciple de Carlostadt, de Zwingle et de Calvin qui soutenaient que l'Eucharistie est un symbole du corps de Jésus-Christ, une simple commémoraison de la Cène, etc.

w2. Ces huit évêques furent Donner, Tunstall,Thirlby, Heath, Day, Skipp, Rugg et Aldiich. Gardiner était en prison.

w. Breviarium romanum ex sacra potissimum scriptura et probatis tanctorum historiis nuper conjeelum, Rome, 1535. Ce bréviaire, autorisé pour la récitation privée et non pour l'office au chœur, fut en usage dans beaucoup de nations catholiques jusqu'en 1568. A cette date, saint Pie V en interdit la récitation par une bulle spéciale parce que les prêtres abandonnaient le bréviaire romain. Le Bréviaire Quignonés était très court.

en lui faisant subir des modifications si importantes que c'était, en réalité, un bréviaire nouveau.

Les innovations essentielles portaient sur deux points; le bréviaire et la messe. Les huit heures canoniales, matines, laudes, prime, tierce, sexte, none. vêpres et complies disparaissaient entièrement, après avoir fourni, dans une proportion plus ou moins importante, les éléments qui composaient l'office du matin et l'office du soir, destinés à les remplacer.

L'office du matin était composé de la façon suivante :

Lecture à haute voix par le prêtre d'un ou de plusieurs versets de la Bible ;

Lecture d'une courte exhortation à la pénitence, suivie d'une formule de confession générale récitée par les assistants et de l'absolution prononcée par l'officiant;

Récitation à genoux du Pater noster, suivie du psaume Venite exultemus, psalmodié ou chanté;

Psalmodie ou chant de cinq ou de trois psaumes, suivant les jours, et lecture d'un passage de l'Ancien Testament;

Psalmodie ou chant du Te Deutn ou du cantique Benedicite omnia opéra... et lecture d'un passage du Nouveau Testament ;

Psaume Benedieam dominum ou Jubilate Deo ;

Récitation par tous les assistants du Credo et au Pat a ;

Puis le prêtre disait l'oraison du jour, c'est-à-dire celle qui était indiquée pour la célébration de la Cène, une deuxième oraison, pour obtenir la paix et une troisième afin d'implorer le secours de la grâce.

Enfin, le célébrant récitait encore cinq oraisons : pour le souverain, la famille royale, le clergé, et le peuple, une prière de saint Chrysostome et une formule «le bénédiction tirée de saint Paul (II Cor., xm. 14).

Quand on récitait les litanies anglaises, les dimanches, mercredis et vendredis, le célébrant ne disait que

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