‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 119 sur 253 · LE PREMIER LIVRE DE LA COMMUNE TRIERE · texte numérisé non relu

LE PREMIER LIVRE DE LA COMMUNE TRIERE

les doux dernières de ces cinq oraisons. Les grandes fêles amenaient de très légères modifications; les psaumes étaient distribués de telle sorte que le psautier était lu en entier, chaque mois, à l'office du matin ou à celui du soir.

Voici quel était Tordre fixé pour ce dernier :

Il commençait exactement comme l'office du matin par un ou plusieurs versets de la Bible, l'exhortation à la pénitence, la confession, l'absolution, la récitation du Pater et du Venite exullemus ; chant ou psalmodie de trois, deux ou même d'un seul psaume, s'il était long; chant ou psalmodie du Magnificat ou du psaume Cantate Domino canticum novum...

Lecture d'un passage du Nouveau Testament, suivie du Nunc dimittis ou du psaume Deus misereatur nos tri...

A partir de ce moment, l'office du soir copiait exactement celui du matin.

Ceux qui connaissent bien l'office canonial de l'Eglise catholique pourront aisément le comparer à celui qui a été établi par le Book of common prayer. Les contemporains de Cranmcr et d'Edouard VI trouvaient déjà l'office anglican, triste, vague, diffus, d'un ton moins élevé que le bréviaire romain. Tout l'office se disait en langue anglaise.

« La Cène communément appelée la messe » avait subi de profondes modifications. D'abord elle était entièrement en anglais. Les auteurs avaient supprimé le cérémonial de l'entrée du prêtre et le beau dialogue qui, dans la messe latine, s'échange entre lui et l'enfant de chœur, au pied de l'autel. Pendant que le chœur chantait un psaume entier, l'officiant récitait le Pater. L'essentiel de la messe latine avait été conservé jusqu'après le Credo qui était suivi des exhortations de Y Instruction sur la communion. L'offertoire était

remplacé par un verset. A ce moment, ceux qui ne communiaient pas devaient sortir du chœur et on mettait le pain et le vin sur l'autel. Le canon, la partie centrale de la messe latine, devait être récité à haute voix après la préface, restée intacte; il avait été tellement réduit que la formule de la consécration suivie immédiatement du Pater, subsistait presque seule.

Les gestes du célébrant qui rappellent le souvenir de la Passion, comme la fraction de l'hostie et son élévation à la consécration, le baiser de paix et les baisements de l'autel, étaient tous supprimés. La doctrine de la messe considérée comme renouvellement du sacrifice de la croix était altérée, puisque ce dernier était appelé un « sacrifice complet, parfait, suffisant, oblation et satisfaction pour les péchés du monde entier », tandis que la messe était simplement « une commémoration, un mémorial perpétuel de la mort du Sauveur ».

Au commencement de la formule de la consécration, les éléments appelés à être consacrés étaient nommés « créatures du pain et du vin », comme pour exclure leur changement physique, et le prêtre les offrait « afin qu'ils fussent « et non qu'ils fussent/a/te », comme dit la messe latine, le corps et le sang du Christ. Les auteurs avaient conservé le mémento des morts et celui des vivants, en supprimant tous les noms des saints et saintes, celui de la Vierge Marie excepté. Toute la fin de la messe latine depuis YAgnus Dei disparaissait pour être remplacée par 1 Instruction sur la communion.

La Cène anglicane, en prétendant se rapprocher de la messe de l'Eglise primitive, avait gardé la présence réelle, mais tout l'oflice avait quelque chose de tronqué; il n'était pas pieux et avait perdu toute la majesté que dix siècles de tradition avaient donnée aux splendides

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