‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 125 sur 253 · I.Nichols, Na7'ratives, p · texte numérisé non relu

I.Nichols, Na7'ratives, p

prison; je fus jugé aux assises et obligé de fournir une grosse caution. J'allai trouver le duc de Somerset, à sa maison de Sion ; il me libéra, me dispensa aussi de fournir une caution et m'envoya au secrétaire Cécil à Southampton. »

Hancock, triomphant, aurait voulu prêcher dans cette ville; le maire réussit à l'en dissuader. Son remplaçant attaqua publiquement le magistrat parce qu'il permettait qu'on suspendît l'idole, c'est-à-dire le saint sacrement au-dessus de l'autel. Hancock prêchant à Poole contre l'Eucharistie ameuta le peuple contre lui. Somerset et Cécil lui donnèrent cependant la permission d'annoncer la parole de Dieu dans cette localité, jusqu'à la fin du règne.

Le gouvernement, qui protégeait ainsi les prédicateurs de l'hérésie et encourageait les attaques de toute sorte contre le plus sacré des dogmes du christianisme, ne permettait pas aux partisans des doctrines traditionnelles de se défendre. Les plus redoutables étaient mis en prison et les autres étaient généralement obligés de faire imprimer à l'étranger les réponses aux libelles des hérétiques. C'est sans doute en songeant à cette attitude partiale du gouvernement, que les historiens protestants de nos jours qualifient cette époque de « tyrannie protestante ». Bucer ■ témoignait lui-même de cette tyrannie protestante dans une lettre écrite d'Angleterre, en juillet 1549, à un ami du continent. « Tout est fait, disait-il, par des ordonnances auxquelles la plus grande partie de la nation obéit très à contre-cœur; on lutte contre la superstition uniquement en détruisant les instruments de la superstition. L'asservissement spirituel est accompagné de la liberté charnelle. La puissante noblesse voudrait réduire le ministère sacré à des li-

i. Robmson, Original Ivttcrs, t. I, pp, 543-44.

mites très étroites et ne s'occupe pas du tout de la restauration de la discipline ecclésiastique. »

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