‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 124 sur 253 · INFLUENCE DES LUTHÉRIENS ALLEMANDS ET SUISSES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES LUTHÉRIENS ALLEMANDS ET SUISSES

on voyait, dans les tavernes, parfois môme dans les t'élises, des bandes d'enfants payés pour chanter des couplets injurieux contre la sainte Eucharistie. Le 6 août 1549, le gouvernement interdit ces représentations, mais il n'est pas douteux qu'il encourageait sous main un genre de littérature qu'il proscrivait publiquement. Il couvrait surtout de sa protection les prédicateurs ambulants, chargés par les évêques dévoués au régime de propager les opinions hérétiques. Un de ces prédicateurs a laissé le récit très intéressant de ses tribulations 4 :

« J'eus de Cranmer la licence de prêcher, dit-il, la première année du règne d'Edouard et j'ai prêché à l'église du Christ à Tuynhan (diocèse de Gardiner, alors en prison), et après le sermon, quand le curé qui était présent disait la messe, j'ai expliqué au peuple qu'il pouvait voir ce que le prêtre élevait au-dessus de sa tête, mais que le Christ avait dit que nous ne le verrions plus; que, par conséquent, s'incliner, s'agenouiller devant le pain élevé par le prêtre, l'honorer comme Dieu, c'était en faire une idole et commettre une horrible idolâtrie. Et le curé était furieux : il me fit des reproches et sortit de l'église.

« J'ai prêché dans une église de Salisbury en présence de quelques membres du clergé, et quand j'ai parlé contre les cérémonies superstitieuses et répété que ce que le prêtre élevait au-dessus de sa tête était une idole, quelques membres du clergé ont quitté l'église. Je me suis écrié qu'ils ne voulaient pas entendre la parole de Dieu parce qu'ils n'étaient pas de Dieu. Enfin vint le maire de Salisbury ; il dit que j'avais enfreint une des proclamations du roi en appelant l'Eucharistie d'un surnom. Il me mit en

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