DÉPOSITION DES EVÊQUES HENRIC1ENS
procédés révolutionnaires. Los deux principaux,
Bonner et Gardincr, étaient en prison. Ileath alla les rejoindre le 4 mars 1550 pour avoir refusé d'accepter le nouvel Ordinal. Day, évoque de Chichester, fut appelé devant le conseil, le 8 novembre 1550, sur la dénonciation du docteur Cox chargé de surveiller ses actes. Mis en demeure de faire détruire tous les autels de son diocèse et de légitimer lui-même cet ordre dans un sermon prêché dans sa cathédrale, il refusa d'obéir et fit connaître ses raisons au conseil. Invité à conférer avec Ridley, Goodrich et Cranmer, Day refusa de nouveau de se conformer aux ordres du gouvernement, et fut envoyé, le 11, à Fleet street.
Le 15 du même mois, Gardiner, qui était en prison depuis deux ans et demi et n'avait cessé de demander des juges, fut amené devant le conseil. Depuis son emprisonnement, il avait été harcelé par les visites et les sollicitations de plusieurs membres du gouvernement qui avaient essayé de lui arracher une approbation explicite des récentes innovations religieuses. On avait fini par mettre sous séquestre les biens de son évêché.
La commission instituée pour le juger se composait de six laïques et de quatre évêques, Goodrich, Cranmer, Holbeach, Ridley. Le prisonnier récusa en vain ces trois derniers qui étaient les chefs des hérétiques et ses adversaires dans le débat sur la présence réelle. Les commissaires recueillirent de nombreux témoignages pour aboutir à une sentence que tout le monde savait décidée d'avance. Gardiner se défendit très habilement et le procès parut être une immense enquête sur les origines de la réforme en Angleterre. Un des principaux griefs contre l'évêque était le sermon qu'il avait prononcé, le 29 juin 1548, sur la présence réelle. Ses collègues, Ileath et Tunstall, vinrent affirmer qu'à cette date aucun savant en Angleterre
n'avait mis ce dogme en doute. Gardiner appela Cranmer hérétique et sacramentaire et lui reprocha d'être le premier archevêque anglais qui eût nié la transsubstantiation.
L'accusé en avait appelé au roi. Il n'en fut pas moins déposé, le 14 février 1551. La sentence lui reprochait surtout de s'être opposé aux réformes des abus religieux ordonnées par le roi et d'avoir désobéi à ses ordres. Le courageux prélat fut renvoyé à la Tour.
Le 20 mai 1551, le vieil évêque deDurham, Tunstall. fut consigné dans sa maison sur le rapport d'un espion qui avait cherché à l'impliquer dans un complot de haute trahison. Au mois d'août on lui accorda un peu de liberté; en décembre il fut envoyé à la Tour et le 3 octobre 1552 une commission composée de laïques prononça contre lui une sentence de déposition qui ne s'explique que par le caractère révolutionnaire qu'avait pris le gouvernement. En réalité, le conseil ne voulait plus lui confier la haute surveillance sur les comtés du nord qui appartenait de droit à l'évêque de Durham et il entendait se débarrasser d'un défenseur de la transsubstantiation.
Heath fut tiré de sa prison le 22 septembre 1551 et amené devant le conseil qui lui offrit la liberté s'il voulait signer le nouvel Ordinal. 11 refusa en ajoutant qu'il ne pouvait pas davantage approuver la destruction des autels. Le 8 octobre, il comparut devant une commission de six laïques, avec son collègue Day. Tous deux furent déposés le surlendemain pour avoir « méprisé » les ordres du roi.
Après la déposition illégale de ces cinq prélats. Les principaux évêchés de l'Angleterre allaient être occupés par des hommes décidés à imposer de concert leurs idées religieuses. Les quelques évoques de tendances moins avancées dont la conscience était in-