ORDINAL ANGLAIS ET DESTRUCTION DES AUTELS
Book of Common prayer, d'interdire les messes latines célébrées dans les maisons privées et toutes les anciennes cérémonies.
Une de ces ordonnances disait * : « Comme quelquesuns emploient pour la Cène une table et d'autres, un autel, il en résulte des discussions parmi les ignorants. C'est pourquoi, désirant qu'une unité charitable règne dans tout notre diocèse, et parce que la forme d'une table peut plus facilement éloigner les simples des opinions superstitieuses de la messe papiste et les amener à une juste conception de la Cène, nous exhortons les curés, marguilliers, ici présents, à dresser la table du Seigneur sous la forme d'une table commune, décemment recouverte, dans l'endroit du chœur ou du sanctuaire qu'ils jugeront le plus convenable d'un commun accord, de sorte que les ministres et ceux qui communient soient séparés du reste du peuple. Nous les exhortons aussi à détruire et proscrire tous les autels latéraux. »
Cette initiative de Ridley détermina la destruction des autels. Un étudiant suisse écrivait d'Oxford dès le 25 mai 1548 2, que les riches avaient démoli les autels privilégiés pour en faire des poulaillers. Il s'agissait des autels des chapelles libres fondées afin d'y perpétuer, par des messes et des services, les prières pour les défunts. Ridley s'attaquait à tous les autels. Le 11 juin, il fit procéder, pendant la nuit, à la destruction de celui de la cathédrale de Saint-Paul ; une table fut placée au pied des marches conduisant au sanctuaire et, la semaine suivante, l'évêque distribua la communion selon le rite nouveau. En même temps,
1. Gairdker, Hùtory, p. -280. Wilklns, Concilia, t. iv, p. 60;Cakdwell, Docnmentary annals, t. I. p. 9i.
-2. Roiîinson, Original Le t ter s, t. r, pp. 337, 38. Lettre de John of Ulmis à Bulliiiffer.
les prédicateurs luthériens poussaient à l'abolition des fêtes catholiques par haine des doctrines romaines; ils étaient aidés en cela par les riches qui profitaient de l'occasion pour imposer aux ouvriers des journées de travail plus nombreuses. Somerset avait donné l'exemple ; les maçons avaient travaillé à son palais dimanches et fêtes. La Fête-Dieu avait été observée en beaucoup d'endroits en 1549; on travailla partout, ce jour-là, Tannée suivante.
Le gouvernement laissait aux évêques et aux prédicateurs le soin de prendre ces initiatives illégales : mais il faisait surveiller ceux qui assistaient à la messe à l'ambassade française \ En juillet, le conseil, prenant à son compte les ordonnances de Ridley, prescrivit au shériff d'Essex de les faire exécuter dans son comté. Enfin, le 24 novembre, des lettres royales enjoignirent à chaque évêque de détruire les autels qui restaient et de les remplacer par des tables.
A la même époque, les envoyés royaux, qui avaient suspendu leur enquête à Oxford depuis une année, se réunirent de nouveau, mirent au pillage les bibliothèques des collèges, détruisirent beaucoup de manuscrits précieux et toutes les œuvres de controverse théologique. Un grand nombre de manuscrits furent vendus à des boutiquiers ; il en arriva en France plusieurs bateaux qui furent utilisés par les relieurs parisiens. C'est le docteur Cox, chancelier de l'université, précepteur du jeune roi et visiteur influent, qui est responsable de ces actes de vandalisme.