‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 146 sur 253 · LE DEUXIÈME LFVRE DE LA COMMUNE PRIÈRE · texte numérisé non relu

LE DEUXIÈME LFVRE DE LA COMMUNE PRIÈRE

motifs, « qu'un grand nombre de gens dans les diverses parties du royaume refusaient volontairement de venir à leurs églises paroissiales ». Il ajoutait que le premier Livre avait besoin d'être amendé parce que des doutes s'étaient élevés plutôt « par la curiosité des ministres et de ceux qui se trompaient que pour aucune raison digne d'être notée ». « Ceux qui se trompaient » étaient les prêtres et les fidèles qui avaient accepté le premier Livre comme un compromis entre la messe latine et le service luthérien ou calviniste.

Dans le nouveau, les principales modifications portaient sur la Cène et elles avaient pour but d'éviter toute ressemblance entre la messe latine et le service anglican1. L'introït avait disparu; le Kyrie était remplacé par les dix commandements, le Gloria relégué à la fin. Le canon ne comprenait que les paroles de l'institution et la communion avait lieu immédiatement après. Le premier Livre avait conservé la prière qui précède la consécration où l'officiant demande à Dieu de « bénir et de sanctifier ses dons (du pain et du vin) et créatures ici présents, afin qu'ils deviennent pour nous le corps et le sang de son

1. Voici, en négligeant les détails, l'ordre suivi dans la Cène Anglicane du deuxième Book of common prayer. Le célébrant debout devant une table couverte d'une nappe blanche récite le Pater, puis les dix commandements. Après chacun d'eux, les assistants demandent pardon des fautes commises contre ce précepte;

Prière, à haute voix, pour le souverain ;

Lecture de l'épître; chant ou psalmodie du credo; sermon ;

Lecture d'un verset de la Bible;

Longue oraison pour le souverain, l'Église, le clergé et le peuple;

Lecture de l'exhortation avant la communion; confession et absolution;

Lecture de versets tirés de l'Évangile; préface ordinaire ou particulière ;

Oraison pour formuler les besoins des assistants :

Lecture de la formule de consécration par le célébrant, debout au nord de la table remplaçant l'autel: communion, sous les deux espèces, du clergé et des fidèles;

Lecture ou chant du Gloria et formule de bénédiction tirée de StPaul

très cher fils Jésus-Christ». Gardiner avait vu dans ces paroles la preuve que le missel de 1549 admettait encore la doctrine catholique de l'Eucharistie. Cranmer fit modifier ce texte de façon à enlever tout doute : la transsubstantiation cessait d'être la doctrine officielle . On avait également fait disparaître la prière de remerciement pour les vertus des vierges et des martyrs et les exemples des saints, le beau mémento des défunts « partis avec le signe de la foi ».

Les vêtements sacerdotaux delà messe latine avaient été abandonnés. L'évêque devait célébrer la Cène en rochet; le prêtre et le diacre, en simple surplis. La table qui remplaçait l'autel était placée dans le milieu de l'église ou dans le sanctuaire : le célébrant, au commencement du service, devait se tenir debout au nord de la table. L'Église anglicane a gardé jusqu'à nos jours, pour la célébration de la Cène, les prescriptions de 1552, définitivement imposées par Elisabeth, en 1559.

Les autres parties de la liturgie avaient subi moins de changements. L'office du matin et celui du soir restaient, à peu de choses près, comme en 1549; mais aucune forme n'était prescrite pour la Confirmation.

Le deuxième Book of common prayer entrait en vigueur le 1er novembre 1552. Le 27 septembre, l'imprimeur officiel reçut l'ordre d'arrêter la composition de l'ouvrage, et Cranmer fut invité par le conseil à s'entendre avecRidley et Pierre Martyr, afin de voir s'il n'était pas bon de supprimer une rubrique nouvelle prescrivant aux fidèles de recevoir à genoux la communion. La coutume avait jusque-là réglé ce point, mais Hooper protestait depuis longtemps, avec son ami John à Lasco, contre l'agenouillement; Knox avait violemment dénoncé cette pratique dans un sermon en présence du roi. lien était résulté de vives discussions parmi les évêques. Cranmer demanda au conseil de ne

Page 1