‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 151 sur 253 · Les débuts du règne · texte numérisé non relu

Les débuts du règne

La princesse Marie était à Ilunsdon, à quelques lieues de Londres, au moment de la mort de son frère. Warwick, duc de Northumberland, lui envoya l'ordre, au nom du roi, de se rendre sans délai dans la capitale. 11 espérait s'emparer d'elle et de sa sœur Elisabeth avant qu'elles n'eussent connaissance de la mort de leur frère. Marie, avertie de ce qui se tramait contre elle, monta à cheval et courut à Kenninghall, dans le comté de Sussex, où le comte de Bath et un certain nombre de seigneurs vinrent la rejoindre.

BIBLIOGRAPHIE. — Documents : Calendar of Hâte papers. Domestic, t. I; Foreign, t. I. — Calendar of State paper s, Ycnctian, t. V, n° 934, contient le long rapport de Giacomo Soranzo, celui de Pommy n° 813 et beaucoup de lettres de Pôle, ainsi que le tome VI. Pennixc, Papiers d'État du cardinal Granvelle, t. IV et V, dans les Document* inédits de V histoire de France. — Noailles, Ambassades. Leyde, 1763, r> vol., t. V. — Acts of the Privy ('<>uncil, t. IV, V, VI. — Rymer, Fœdera, t. VI, part. IV. — Statutes of the rcalm, t. IV, part. I. — Wilkins, Concilia, t. IV. — Joumals of the Ilouse of Lords, t. I; of the House of Commons, t. I. — Elus, Original letters,^- série, t. I et II. — Robinson, Original letters from the archives of Zurich. — SuiYrE, Ecclesiastical memorials, t. V et VI, et Memorials of Cranmcr. — Cox, Remains of Cr a amer. — Consulter les chroniques de Machyn, \Yriothesley, des Grey friars, of queen Jane and queen Mary.

Livres : Grose, Antiquarian kepertory, t. m, p. G5-io:;, narration,

Le conseil, installé à la Tour après la proclamation de lady Jane, apprit le 12 juillet la fuite de la princesse et délégua le duc de Suffolk pour ramener Marie à Londres. Lady Jane ne voulut pas se séparer de son père dont Warwick fut obligé de prendre la place. Il quitta la capitale le 14, mais ses affaires tournèrent mal dès le début. Six vaisseaux avaient été envoyés par lui à Yarmouth pour empêcher la princesse de s'échapper. La tempête les força à se réfugier dans le port. Un officier y commandait au nom de la reine légitime. Les équipages menacèrent de jeter leurs capitaines à la mer s'ils refusaient d'acclamer Marie. Ceux-ci obéirent. Il en fut de même partout; les fermiers ne voulurent pas se soulever contre l'héritière légitime du trône. Le 10, Marie arrivait au château de Franclinghamoù les gentilshommes du Suffolk lui amenèrent en quelques jours une armée de 30.000 hommes. Les comtés d'Oxford et de Buckingham l'avaient déjà acclamée; elle avait été proclamée reine àNorwich, le 13; tout le royaume suivit cet exemple.

Warwick, abandonné d'une partie de ses amis, se réfugia à Cambridge où il fut pris et dirigé, le 21, sur Londres. Le conseil, voyant la cause de Warwick perdue, avait, dès l'avant-veille, proclamé Marie. Elle fit son entrée dans la capitale le 3 août, suivie de sa sœur Elisabeth, au milieu de l'enthousiasme populaire. Aux portes de la Tour, elle rencontra le duc de Norfolk qui y était renfermé depuis sept ans, Edouard Courtenay, depuis quinze ans, Févêque Gardiner et la veuve de Somerset. Ces prisonniers, avec les quatre évêques déposés et d'autres détenus d'Etat, furent relâchés aussitôt.

par Proctor, île la révolte de W'yalt.— Tytleh, England undcr (lie reign of Edward VI a,vl queen Mary% Londres, 1839, I vol., 8°. — Sidney. jd/tc the (jurai, Londres, îooo, 8°. — Dixon, Hittory, t. îv.

LES DÉBUTS DU RÈGNE. 28ï)

Marie fit à son frère des funérailles doubles : comme il était mort hors de l'Eglise catholique, Cranmer conduisit le corps à Westminster après avoir célébré Tollice anglican • pendant que la reine assistait à une messe latine, dite à la Tour, par Gardiner. Celui-ci, rétabli dans son siège de Winchester, fut nommé chancelier. La reine conserva un petit nombre des conseillers de son frère. Norfolk, les comtes de Derby et de Shrewsbury entrèrent au conseil où la vieille noblesse devint prépondérante. Elle prit elle-même une grande part au gouvernement. Pendant les deux premières années, levée au petit jour, elle travaillait jusqu'à minuit, donnant audience à tous ceux qui désiraient la voir et veillant personnellement à l'expédition des affaires. L'envoyé vénitien, Giacomo Saranzo, qui fut témoin des débuts du règne, parle d'elle dans son long rapport de fin d'ambassade en termes élogieux2.

« La reine est petite de taille, très mince avec un teint rose et blanc; ses yeux sont blancs et grands, sa chevelure blonde. Son visage est rond avec un nez plutôt petit et large et, n'était son âge sur le déclin (38 ans), elle aurait pu être appelée belle plutôt que le contraire. Elle n'est pas d'une forte constitution : elle souffre depuis quelque temps de névralgies et d'une sérieuse maladie de cœur, si bien qu'elle est souvent obligée de prendre médecine et de se soigner. Elle suit un régime extrêmement frugal et ne mange jamais avant une ou deux heures, bien quelle se lève au point du jour. Après avoir dit ses prières et entendu la messe dans son particulier, elle s'occupe constamment des affaires jusqu'après minuit où elle va se reposer. Elle donne audience non seulement à tous les membres du

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