Cal. of State papers, Venetian, t. V, n° 33ï, p
conseil privé pour apprendre d'eux les détails des affaires publiques, mais à tous ceux qui le désirent. L'attitude de Sa Majesté indique une grande bonté et clémence, qualités qui ne sont pas démenties par sa conduite, car, bien qu'elle ait eu beaucoup d'ennemis et que beaucoup d'entre eux aient été condamnés à mort par la loi, cependant si ces exécutions avaient tenu à la seule volonté de Sa Majesté, aucune peut-être n'aurait été ordonnée, mais, acceptant l'avis de son conseil en toutes choses, elle a déféré en cette matière aux désirs des autres plutôt qu'aux siens. Elle est très instruite et sa culture dans la littérature latine dépasse la moyenne, particulièrement pour les Ecritures saintes. En plus de la langue de ses sujets, elle parle latin, français, espagnol et comprend l'italien, bien qu'elle ne le parle pas. »
Une des premières préoccupations de la nouvelle reine fut de marquer son intention d'inaugurer une politique de tolérance. Elle disait, le 12 août, aux membres du conseil réunis à la Tour * : bien que sa conscience fût fixée en matière de religion, « elle n'avait pas l'intention de comprimer ou de violenter la conscience des autres si ce n'est par persuasion, par exemple, en faisant prêcher la parole de Dieu par des prédicateurs pieux, vertueux et savants ». Charles-Quint lui faisait parvenir par son ambassadeur Renard des conseils de tolérance qui cadraient bien avec ses propres intentions2 : « Et oultre ce. lui direz que puisqu'il a plu à Dieu réduire toutes choses en si bons termes, que luy conseillons qu'elle tienne singulier regard de, pour le commencement, non se trop hâter avec zèle de réduire les choses qu'elle trouvera n'être