‹ Les origines du schisme anglican, 1509-1571Chapitre 156 sur 253 · LE COURONNEMENT DE LA REINE · texte numérisé non relu

LE COURONNEMENT DE LA REINE

I /assemblée du clergé fut inaugurée, le 7 octobre, par la messe latine, célébrée par Bonner, remplaçant le primat, enfermé à la Tour. Dans les lettres de convocation, la reine avait pris le titre de « chef suprême de l'Église d'Angleterre ». Weston, doyen de Westminster, fut élu président de la Chambre Basse. Le 18, il déposa sur le bureau de l'Assemblée le catéchisme de Ponet, les quarante-deux articles et le Book of common prayer, « très abominable » aux yeux des bons catholiques. Le 20, Weston présenta une déclaration en faveur de la présence réelle et de la transsubstantiation et une seconde contre le catéchisme de Ponet. Presque tous les délégués signèrent ces déclarations, sauf six ou sept dignitaires.

Le 23 octobre, une discussion publique sur ces points de doctrine eut lieu dans la chapelle de Saint- Paul en présence de gentilshommes de la cour. Il ne s'agissait pas, avait dit Weston, de discuter une vérité admise, mais de répondre aux cinq ou six adversaires qui avaient refusé leur signature. Philpot, archidiacre de Winchester, défendit énergiquement les opinions des réformés. Après trois jours de discussion, Weston demanda : At-on répondu à toutes les objections? Oui, dit le clergé. Non, s'écrièrent les laïques. Vous ne comptez pas, répliqua Weston.

La Chambre Haute du clergé adopta un article en faveur de la communion sous une seule espèce ; un autre acceptant la transsubstantiation, l'adoration et la réserve du saint sacrement ; un troisième, enfin, définissant l'Eucharistie. La Convocation futprorogée le 13. Comme au parlement, il n'avait pas été question du pape.

Une proclamation interdit le service en anglais, après le 20 décembre. Aucun prêtre marié n'était autorisé à officier; les autels devaient être restaurés partout et la messe latine célébrée dans toutes les égli-

ses. La défense de prêcher avait causé beaucoup d'effervescence parce qu'il avait fallu arrêter plusieurs de ces prédicateurs de la révolution, chers au gouvernement de Northumberland, qui passèrent outre à la défense: des curés avaient cessé de prêcher mais ils lisaient le service en anglais toléré jusqu'au 20 décembre. Souvent les fidèles leur imposaient silence. Des manifestations contraires se produisirent aussi ; ainsi on essaya d'introduire la messe latine avant la date légale ; plusieurs paroisses de Londres en firent la demande à leurs curés, mais, fin août, un vieux prêtre qui avait célébré le saint sacrifice le jour de la Saint-Barthélémy fut à moitié assommé par la foule * . Les incidents de ce genre furent très rares; la nation en masse acceptait le retour à la doctrine romaine.

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